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Manifestation contre le racisme: le patron du SPVM ouvert à y participer

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MONTRÉAL | S’il est invité, le chef de police de Montréal participera à la manifestation contre le racisme ce dimanche au centre-ville, et il se dit même ouvert à poser le genou au sol en guise de support à la communauté noire.

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«Si on me demande de faire un geste quelconque, je le ferai au moment opportun avec les gens concernés, si les gens veulent bien m’inviter», a indiqué le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron.

Entouré de sa garde rapprochée, le grand patron du SPVM a annoncé vendredi matin en point de presse le devancement de sa politique sur les interpellations pour «éviter, éliminer le racisme et la discrimination» à Montréal.

«Le changement s’opère. On est à la croisée des chemins», a dit M. Caron.

Tous les détails contenus dans cette nouvelle politique seront rendus publics le 8 juillet, soit un mois plus tôt que prévu. Le chef de police a jugé bon de devancer le dévoilement en raison du «contexte actuel».

Rappelons qu’une récente étude menée par des chercheurs avait révélé qu’à Montréal, les Noirs ont 4,2 fois plus de chances d’être interpellés que les Blancs. Ce chiffre grimpe à 4,6 fois pour une personne autochtone, tandis qu’une personne d’origine arabe a deux fois plus de chances d’être interpellée qu’un Blanc.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Une consultation publique aura d’ailleurs lieu en marge du dévoilement de la nouvelle politique du SPVM sur les interpellations, a fait savoir vendredi après-midi le président de la Commission de la sécurité publique de Montréal, Alex Norris.

«ll nous apparaît essentiel d’entendre les experts ainsi que les personnes susceptibles d’être affectées par cette politique afin que nous puissions faire des recommandations concernant son contenu», a indiqué M. Norris dans un communiqué.

L’échéancier précis de la consultation sera déterminé sous peu.

Intervention «choquante»

En tant que directeur de service de police, Sylvain Caron a évidemment été questionné sur l’intervention policière lors de laquelle George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, a été tué par un policier le 25 mai dernier, à Minneapolis, aux États-Unis.

«Comme tout policier, comme tout citoyen, on est vraiment choqués de ce qui s’est passé aux États-Unis. Je comprends le désarroi des gens», a-t-il commenté.

La mort horrible de George Floyd a soulevé un énorme mouvement de protestation dans de nombreuses villes de l’Amérique du Nord, principalement aux États-Unis.

Une grande manifestation pacifique rassemblant plus de 10 000 personnes pour dénoncer la discrimination et le racisme s’est également tenue à Montréal dimanche dernier. L’événement s’est toutefois terminé de façon disgracieuse, alors que plusieurs commerces ont été saccagés et pillés par des vandales.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Le directeur du SPVM a tendu la main aux organisateurs de la marche en offrant d’y participer ce dimanche.

«Je lance l’invitation aux organisateurs de m’inviter pour les entendre, les écouter et m’exprimer avec eux», a dit M. Caron, qui se dit prêt à marcher dans les rues avec le groupe.

Sylvain Caron a toutefois admis qu’il est difficile pour ses troupes d’empêcher les casseurs de s’en donner à cœur joie.

«On ne peut pas empêcher personne de manifester (...). On ne peut pas faire grand-chose d’autre à part leur demander d’être pacifiques», a-t-il laissé tomber.

Réaction de l’opposition

En après-midi, le chef de l’opposition officielle à la Ville de Montréal, Lionel Perez, s’est dit «heureux de la décision du SPVM» de devancer le dévoilement de sa politique d’interpellation.

«À la suite des déclarations de l’administration Plante au cours de la semaine, on croyait que cette politique d’interpellation ne serait dévoilée qu’à l’automne. Pour nous, il est évident que cette décision du SPVM repose en grande partie sur la motion présentée par les élus d’Ensemble Montréal et adoptée en début de semaine dans cinq arrondissements, et qui demandait au SPVM de publier rapidement sa politique d’interpellation et d’implanter les caméras portatives auprès de ses agents», a réagi M. Perez dans un courriel acheminé à l’Agence QMI.