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Bombardier en mode coupes

Ce n’est que lundi que les travailleurs sauront lesquels d’entre eux devront partir

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On le craignait depuis un moment ; le couperet est tombé vendredi matin. Bombardier a annoncé la suppression définitive de 2500 emplois, dont pas moins de 1500 au Québec.

« Ça n’a pas de sens, s’indignait leur représentant syndical, David Chartrand lorsque joint par Le Journal. Rendez-vous compte, c’est encore par les médias que nos gars l’ont appris. Imaginez leur fin de semaine ; ce n’est que lundi qu’on saura qui conserve ou perd son emploi. »

Comme le reste de l’industrie aéronautique, la division aviation de Bombardier a été terrassée par la COVID-19. Le secteur des avions d’affaires — le seul marché qui compte à présent pour Bombardier — prévoit une baisse de 30 % des livraisons sur 12 mois.

  • ÉCOUTEZ la chronique économique d'Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal et du Journal de Québec, à QUB radio:   

Devant l’ampleur de la catastrophe, l’avionneur s’est résigné à réduire les effectifs de 11 % dans le monde, et d’un peu plus de 15 % au Québec. 

« Bombardier doit ajuster ses activités et ses effectifs pour s’assurer d’émerger de la crise actuelle sur de solides bases », explique l’entreprise.

Bombardier Aviation a annoncé des renvois massifs afin, dit-on, de faire face aux « défis extraordinaires causés par la COVID-19 ».
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Bombardier Aviation a annoncé des renvois massifs afin, dit-on, de faire face aux « défis extraordinaires causés par la COVID-19 ».

Des coupes partout

À peu près toutes les unités de production de Bombardier à Dorval, Dollard-des-Ormeaux et dans l’arrondissement de Saint-Laurent seront frappées par les 1500 suppressions de postes annoncées au Québec. 

La moitié des employés perdront leur emploi lundi (8 juin), tandis que les autres seront relevés de leur fonction de manière progressive, d’ici la fin de l’année, a précisé le porte-parole Mark Masluch.  

  • ÉCOUTEZ Alain Therrien, député du Bloc Québécois, qui discute de ce sujet avec Mario Dumont à QUB radio:    

Hors Québec, un millier d’autres travailleurs perdront aussi leur emploi. C’est le cas en outre de 400 ouvriers de l’Ontario, 500 de Querétaro au Mexique, et d’une quarantaine de travailleurs de Wichita aux États-Unis. Pour le moment, le sort des travailleurs d’Irlande du Nord (3500 employés) et du Maroc (400 employés) demeure en suspens.

D’ordinaire d’un optimisme à tout crin, la PDG d’Aéro Montréal, Suzanne Benoît, cachait mal son inquiétude devant le tsunami qui frappe Bombardier, et avec elle, la première industrie exportatrice du Québec. 

Quoi faire après ?

Avec 240 entreprises, et un peu plus de 43 000 employés, cette grappe a engrangé des ventes de 17,8 milliards en 2019, soit 57 % de la production du pays. 

« Elle est aussi la plus importante industrie manufacturière au Québec, insiste le spécialiste en aéronautique à ESG UQAM, Mehran Ebrahimi. Les gens ne s’en rendent pas compte. » 

Il s’inquiète particulièrement de ce qui arrivera, dans quelques années, lorsque tous ces travailleurs licenciés aujourd’hui se seront replacés dans d’autres industries. Sans eux, sans leur expertise reconnue partout, pourquoi au sortir de la crise une entreprise s’installerait ici plutôt qu’ailleurs ? »

EMPLOIS CHEZ BOMBARDIER AVIATION (AVANT LES MISES À PIED)

Canada : 12 500 emplois 

  • Québec 10 000 
  • Ontario 2500

Ailleurs 9500 (hors Canada)

Total mondial 22 000 emplois (incluant Canada)

Source : Bombardier Aviation

Répartition des 2500 mises à pied annoncées par Bombardier Aviation vendredi

Au pays

  • Québec  1500
  • Ontario 400

Hors Canada :

  • Mexique  500
  • États-Unis 40
  • Ailleurs 60

Source : Bombardier Aviation