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Coupable de sextorsion sur des préados de 9 à 12 ans

Le technicien informatique avait 4000 fichiers de porno juvénile

GEN - MARTIN BARBEAU ACCUSÉ DE LEURRE SUR DES MINEURS
Photo Martin Alarie Martin Barbeau est arrivé au palais de justice de Montréal vendredi en se couvrant le visage avec un masque chirurgical.

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Un Montréalais qui niait bec et ongles avoir forcé des filles de 9 à 12 ans à lui envoyer des photos explicites a été déclaré coupable vendredi d’une kyrielle d’accusations de crimes sexuels.

« Les explications données [par l’accusé] ne font aucun sens », a commenté le juge Pierre Labelle avant de sceller le sort de Martin Barbeau, vendredi au palais de justice de Montréal.

Barbeau, un technicien informatique âgé de 43 ans, s’était fait arrêter en 2016 avec environ 4000 photos et vidéos de pornographie juvénile. Et pendant l’enquête, les policiers avaient réalisé qu’en plus, il avait ciblé neuf préadolescentes tant au Canada qu’aux États-Unis et en Angleterre.

Le modus operandi de Barbeau était simple. Il allait sur des réseaux sociaux prisés par les jeunes, trouvait ses proies puis demandait des photos intimes. Et celles qui tombaient dans le piège devaient ensuite envoyer d’autres images, sous la menace que, sinon, il publierait ce qu’il avait déjà.

Il est passé de la parole aux actes en envoyant des photos à une amie de la victime dans un cas, et même aux parents d’une préado dans un autre cas.

« [Une mère] a reçu sept photos de sa fille nue », indique un document déposé en preuve au tribunal.

Il nie tout

Lors du procès, Barbeau a reconnu que les crimes avaient été commis. Sauf qu’il niait catégoriquement être le responsable.

Car même si les adresses IP utilisées reliaient le tout à son domicile, il habitait avec deux personnes.

« Ils étaient tous les trois propriétaires et se partageaient les dépenses. [Barbeau] disait que tous avaient accès au cellulaire, à la tablette et à l’ordinateur », a expliqué le juge.

Sauf que cette version n’était pas logique, a expliqué le magistrat, notant entre autres que ces appareils, parmi tous ceux retrouvés lors de la perquisition, étaient enregistrés avec des comptes au nom de l’accusé. Les colocataires avaient pour leur part nié avoir accédé à de la pornographie juvénile.

Après avoir analysé toute la preuve, le juge en est arrivé à la conclusion que seul Barbeau pouvait être responsable des crimes, si bien qu’il l’a déclaré coupable de multiples accusations reliées à la pornographie juvénile, mais aussi d’extorsion et de leurre.

« C’est un homme sans antécédents criminels, a commenté son avocat Yann Trignac. À la prochaine audience, nous aurons un rapport [faisant le portrait de l’accusé]. Ça nous permettra de décider de la peine à demander. »