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Le Québec à l'origine de près de 80 % de la croissance de l'emploi

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MONTRÉAL | Le taux de chômage s’est établi en mai à 13,7 % au Canada ainsi qu’au Québec et l'emploi dans la province a progressé plus que partout ailleurs au pays, a fait savoir vendredi Statistique Canada.

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Ainsi, après s’être fixé à 8,1 % en mars, le taux de chômage a atteint 17 % en avril, soit le plus élevé enregistré dans la Belle Province, avant de reculer en mai à 13,7 %.

Cette embellie est due à la diminution du nombre de personnes mises à pied temporairement, mais aussi au recul de la proportion de gens ayant travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles pour des raisons liées à la COVID-19.

D'avril à mai, il s’est créé 231 000 postes (+6,5 %) après des pertes de 820 500 emplois en mars et en avril. Cette croissance de l’emploi observée au Québec est «la plus forte parmi les provinces et elle représente une reprise d'environ 30 % des baisses cumulatives enregistrées en mars et en avril», a précisé l’agence fédérale.

Les hausses d'emploi les plus marquées sont dans la construction (+58 000), la fabrication (+56 000) et le commerce de gros et de détail (+54 000), des secteurs «qui peuvent difficilement être exercés à domicile».

À noter que dans la région métropolitaine de Montréal, l'emploi a crû de 5,3 % (97 000).

«De toute évidence, le déconfinement progressif a eu des effets sur le marché du travail au Québec», a commenté l’économiste Joëlle Noreau du Mouvement Desjardins, soulignant que les données de juin seront «selon toute vraisemblance, positives».

L’Institut du Québec note aussi que l’emploi a pris du mieux en mai, même si «la crise de la COVID-19 a modifié en profondeur le marché de l’emploi au Québec avec un mois d’avril 2020 catastrophique».

«Encore élevé», dit Legault

De son côté, le premier ministre François Legault, de passage à Orford, en Estrie, a soutenu que le taux de chômage reste «encore très élevé», mais il espère qu’il continuera de descendre au cours des prochains mois. Il s’est toutefois réjoui que l’écart avec l’Ontario et le reste du Canada se soit réduit.

Il faut souligner que son gouvernement a assoupli les restrictions avant la semaine de référence de l'enquête de Statistique Canada contrairement à l’Ontario, ce qui fait d’elle la seule province où l'emploi a continué de reculer en mai. Le taux de chômage est ainsi passé de 11,3 % en avril à 13,6 % en mai.

«Lente récupération»

Au Canada, le taux de chômage s'est établi à 13,7 % en mai, soit le taux le plus élevé depuis 1976, année où des données comparables ont commencé à être publiées.

«En février, avant la crise économique liée à la COVID-19, le taux de chômage était de 5,6 %. Il a ensuite augmenté pour passer à 7,8 % en mars et à 13,0 % en avril», a-t-on indiqué.

Cette progression s’explique par une hausse du taux d’activité alors que plusieurs travailleurs sont redevenus actifs au sein du marché du travail, a mentionné l’économiste Benoit P. Durocher de Desjardins.

Il estime que la récupération du marché du travail pourrait être lente et graduelle. «La création de 289 600 emplois en mai ne compense qu’une faible proportion des 3 004 500 postes perdus en mars et en avril», a-t-il indiqué dans une note.

M. Durocher croit que «les résultats sont évidemment une bonne nouvelle pour l’économie canadienne».

Statistique Canada a précisé que «si l'on inclut les personnes qui voulaient travailler, mais qui n'ont pas cherché d'emploi, sans distinguer quand ces personnes ont travaillé pour la dernière fois, on obtient un taux de chômage ajusté de 19,6 % en mai, ce qui est inchangé par rapport à avril».

Pour sa part, le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) a soutenu que plusieurs données demeurent inquiétantes, et confirment la nécessité des programmes de soutien de revenu, comme la Prestation canadienne d’urgence (PCU), et de sa prolongation pour ceux et celles qui ne pourront pas avoir accès à l’assurance-emploi, et sans occasion de travailler».