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[EN IMAGES] Réforme du PEQ: des étudiants étrangers encore en colère

[EN IMAGES] Réforme du PEQ: des étudiants étrangers encore en colère
Joël Lemay / Agence QMI

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MONTRÉAL – Opposés à la réforme du fameux Programme de l’expérience québécoise (PEQ), plus de 200 étudiants étrangers ont participé samedi après-midi à un «sit-in» au centre-ville de Montréal. 

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La nouvelle réforme du ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, a beau être moins radicale que ce qui avait été annoncé en novembre dernier, elle n'en demeure pas moins impopulaire auprès des étudiants étrangers.

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Joël Lemay / Agence QMI

Avec les nouveaux changements au programme, ces derniers devront travailler au moins 12 mois dans leur domaine avant d'être admissibles au Certificat de sélection du Québec (CSQ). Jusqu’ici, ils pouvaient obtenir ce papier, essentiel pour la résidence permanente, immédiatement après la fin de leurs études.

«En novembre (quand ils ont annulé la première réforme), ils ont dit que la nouvelle réforme ne s'appliquerait qu'aux étudiants qui ne sont encore ici, mais finalement, ce n'est pas le cas», a dénoncé Nacim Chait, un Algérien qui étudie en dessin de bâtiment, un domaine où l'on demande deux ans de travail dans le champ d'études.

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C'est donc dire que de la fin de ses études, Nacim Chait devra trouver un employeur qui acceptera de lui octroyer un permis de travail pour rester au Québec pendant deux ans.

Or, pour l'instant, tous les employeurs qui ont exprimé de l'intérêt pour l’embaucher sont en région.

«C’est quelque chose qui ne m’arrange pas. J’ai tout abandonné en Algérie pour venir vivre à Montréal», a-t-il confié.

Ils sont nombreux comme lui à devoir refaire leurs plans de vie à cause de cette réforme.

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Joël Lemay / Agence QMI

Nathan Lecompte, un Français d’origine, prévoit déjà devoir faire une année sabbatique, comme un permis de travail est extrêmement difficile à trouver dans son domaine, le droit. En effet, bien peu de cabinets d’avocats acceptent de prendre à leur charge un travailleur étranger, a-t-il témoigné.

«Comme j’ai fait toute ma scolarité ici, je ne pourrai même pas travailler comme avocat en France. Ma vie est vraiment ici», a poursuivi le jeune homme de 24 ans.

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Quitter le Québec

Avec la réforme, certains risquent toutefois fort bien de retourner d’où ils viennent après leurs études. D’autres pourraient décider d’aller vivre dans une autre province, où les règles sont beaucoup moins compliquées, a ajouté Fanny Lemaire, porte-parole du collectif «Le Québec, c’est nous aussi», à l’origine du «sit-in» de samedi.

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«Il faut savoir qu’une fois qu’on a le CSQ, ça prend encore deux ans avant d’avoir la résidence permanente. Pendant qu’on attend la résidence, dans certaines autres provinces, on pourrait déjà avoir la citoyenneté», a-t-elle illustré.

Selon Mme Lemaire, il n’y a pas que les étudiants étrangers qui se trouvent pénalisés par la réforme du PEQ: les Québécois pourraient aussi en payer le prix.

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«Il y aura fort possiblement moins d’étudiants étrangers au Québec. En région, il y a certaines écoles, certains programmes qui vivent à cause des étudiants étrangers. Faute de moyens, ils pourraient ne plus être offerts et ce seraient les Québécois qui seraient désavantagés», a-t-elle laissé entendre.

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Un objectif caché?

Observant la grogne de loin, l’avocat spécialisé en immigration Stéphane Handfield analyse de manière nuancée cette nouvelle réforme.

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Il se réjouit d’abord que le ministre Jolin-Barrette ait laissé tomber la liste des domaines admissibles au programme. Cette liste avait été à l’origine de la controverse l’automne dernier qui avait entraîné la suspension de la première réforme.

Cependant, Me Handfield déplore que la nouvelle mouture cache son principal objectif.

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«Si l’objectif, c’est de réduire encore les seuils d’immigration, alors qu’on le dise. Là, c’est passer par la porte d’en arrière en rendant le processus plus compliqué et c’est assez odieux», a critiqué l’avocat.

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