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Fraudés à l’aide de faux chalets

Un arnaqueur prétend faire de la location, mais s’en met plein les poches avec les acomptes des vacanciers

Joseph Mouyal
Photo Pierre-Paul Poulin Le dentiste Joseph Mouyal dénonce que son nom et son numéro d’entreprise soient utilisés par un fraudeur qui prétend louer des chalets.

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Un fraudeur qui sévit sur les réseaux sociaux profite du désir de plusieurs Québécois de s’évader cet été dans des chalets en raison de la pandémie, et déguerpit avec leur acompte de location.

Dans certains cas, l’arnaqueur a utilisé des adresses et des photos de propriétés qui existent, mais qui ne lui appartiennent pas. Mais dans d’autres, il a inventé de toutes pièces un chalet à Saint-Faustin–Lac-Carré, en utilisant une adresse bidon et des images tirées d’internet.

« Je suis arrivé à l’adresse qu’il m’avait donnée et il n’y avait rien du tout. Aucun chalet. Je me suis tellement fait avoir. En y repensant, c’est vrai que ça semblait être trop beau pour être vrai. Mais je voulais sauter sur l’occasion », relate Frédéric Blanchard, qui a perdu 300 $.

Le Journal a recueilli les témoignages d’une demi-douzaine de personnes qui sont tombées dans le panneau entre février et début juin. 

La plupart des victimes ont demandé à taire leur nom par peur de représailles, car le voleur possède leurs informations personnelles, dont leur adresse.

Virements Interac

Le stratagème du fraudeur est élaboré. Il comprend notamment un contrat qui a l’air tout à fait crédible, expliquent-elles. 

Les pertes des victimes à qui nous avons pu parler vont de 300 $ à 850 $. Dans un cas, l’une d’elles a bien failli se faire soulager de 1500 $, mais l’institution bancaire a empêché le virement Interac de se conclure. 

Nos recherches ont permis de déterminer que l’escroc utilise plusieurs noms pour perpétrer ses fraudes : Lux Tremblant, Mikaël Mouyal et Maxim Reed. 

De nombreuses publications sur différents groupes Facebook servent à attirer des victimes potentielles avec des annonces de chalets dans les Laurentides. 

Toutefois, deux victimes nous affirment que leurs institutions bancaires ont glissé que l’argent avait été déposé dans le compte d’un certain Kevin Goulet. 

Sans pouvoir établir qu’il s’agit du même individu, une personne du même nom a été arrêtée et accusée de fraude en 2017, avec un stratagème de location très semblable. 

Un dentiste montréalais est victime par la bande des tactiques frauduleuses employées par l’individu qui se présente sous les noms de Mikaël Mouyal et Maxim Reed, car son numéro d’entreprise du Québec est utilisé à son insu, selon des contrats contrefaits obtenus par Le Journal

Situation fâchante

« Je trouve ça vraiment fâchant que mon nom soit mêlé à ça, je n’ai rien à voir là-dedans. Je ne fais même pas dans la location de chalets. C’est triste pour les gens qui perdent de l’argent par contre, déplore Joseph Mouyal. Il a dit à une victime que j’étais son frère... je suis fils unique. »

Un chalet situé à La Conception, qui est en vente, mais dont l’escroc utilise les images.
Photo tirée de Facebook
Un chalet situé à La Conception, qui est en vente, mais dont l’escroc utilise les images.

Un courtier immobilier qui vend un chalet à La Conception a reçu plus d’une vingtaine d’appels depuis le début du mois à cause des « annonces frauduleuses ». 

« Mon client me dit que deux femmes se sont présentées, disant être de futures locataires. Je n’ose pas imaginer le cauchemar de petites familles qui se présenteraient là pour rien », se désole Yanick Laporte.

« Ils doivent prendre des vraies annonces pour faire leurs fausses », souligne une autre courtière, Christiane Perreault, dont une maison à Saint-Adolphe-d’Howard avait aussi été ciblée.

Non loin de l’adresse fictive à Saint-Faustin–Lac-Carré, un voisin a vu plusieurs victimes se buter à un cul-de-sac, signe que plusieurs tombent dans le panneau.

« Depuis une semaine, ça fait cinq personnes qui viennent pour rien. Un père de famille est venu, la yeule lui est tombée lorsqu’il a réalisé ce qui s’est passé », rapporte l’homme, qui a demandé à demeurer anonyme.

  • Nos tentatives pour joindre le fraudeur ont été vaines. 

Précautions à prendre

  • Toujours donner le plus petit acompte possible.
  • Ne jamais payer la totalité de la location avant de prendre possession des lieux.
  •  Mieux vaut privilégier le paiement d’un acompte par carte de crédit, qui offre plus de protection aux consommateurs en cas de fraude.
  • Éviter les sites internet et les agences de location qui déclinent toute responsabilité.
  • Vérifier l’adresse, par exemple sur le rôle foncier de la municipalité, pour voir à qui appartient l’endroit.
  • Vérifier auprès de Tourisme Québec si l’entreprise y est enregistrée. 

*Source: Office de la protection du consommateur