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La peine minimale trop «cruelle» pour le violeur d’une ado

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Un jeune homme qui a violé une ado de 14 ans avant qu’un ami abuse d’elle à son tour ne méritait pas d’écoper de la peine minimum de cinq ans de détention, a confirmé la Cour d’appel en maintenant sa condamnation de trois ans à l’ombre.

Le plus haut tribunal de la province a rejeté l’appel de la Couronne il y a quelques jours dans le dossier de l’agresseur sexuel Karl-Anthony Trottier.

Le résident de l’Abitibi-Témiscamingue maintenant âgé de 26 ans, a commis son crime en octobre 2013. À l’époque, il avait invité la victime à se joindre à lui et à un autre individu pour se rendre à Amos.

En route, il lui a demandé d’avoir une relation sexuelle à trois, ce qu’elle a refusé.

Agressée deux fois

Au retour à son appartement, Trottier a saisi la victime par le poignet et l’a entraînée dans une chambre pour la déshabiller et l’agresser sexuellement.

« Lorsque la victime sort de la chambre [de Trottier], elle espère trouver du réconfort auprès [du colocataire], mais celui-ci ne lui offre aucune sympathie, note la Cour d’appel. Au contraire, il la force à avoir une relation sexuelle avec lui. »

De retour chez elle, l’ado a constaté qu’elle avait plusieurs blessures, des pertes sanguines et des ecchymoses.

Coupable d’agression sexuelle causant des lésions à une jeune de moins de 16 ans, Trottier aurait dû écoper de la peine minimale de cinq ans, prévue au Code criminel.

Sauf que le juge Jean-Pierre Gervais, de la Cour du Québec, a estimé qu’il s’agissait là d’un châtiment « cruel et inusité ».

Expliquant que Trottier sortait alors à peine de l’adolescence, qu’il ne « saisissait pas la gravité des gestes », qu’il souffrait d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité et que d’aller au pénitencier était déjà sévère en soi, le magistrat a estimé que le public ne comprendrait pas la sévérité d’une sentence de cinq ans.

Piquée au vif, la Couronne a décidé de faire appel. Mais elle n’a pas réussi à convaincre le tribunal de hausser la peine.

La poursuite a encore quelques semaines si elle veut porter la cause en Cour suprême.