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Troquer l’aéronautique pour la stabilité du médical

Lev-Fab a réécrit son plan stratégique pour survivre à la crise

GEN -LUC LEVASSEUR DU GROUPE LEV-FAB
Photo Martin Alarie Luc Levasseur, président de Lev-Fab, une entreprise de Saint-Jérôme, est passé « en mode réactif » au lendemain du confinement.

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Il n’y a pas de quoi se réjouir quand son entreprise tire 40 % de ses revenus de l’aéronautique et qu’une pandémie fait vivre à cette industrie la pire crise de son histoire !

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Luc Levasseur, président du Groupe Lev-Fab, ne s’est toutefois pas laissé déstabiliser par la situation.

« Le lendemain qu’on a été en confinement, je suis tout de suite tombé en mode réactif », raconte M. Levasseur, 43 ans.

« On refait tout de A à Z »

« Je me suis remis devant mon plan stratégique et j’ai dit : on refait tout de A à Z. On a eu du temps de qualité à passer là-dedans en télétravail, sans se faire déranger. »

Lev-Fab fabrique des tubes en métal qui servent notamment à transporter de l’oxygène, du carburant et de l’eau dans les avions A220 et A320 d’Airbus.

Juste avant que la pandémie ne frappe, l’entreprise avait décroché un premier client dans le domaine médical. Luc Levasseur a donc décidé de miser sur ce secteur et sur celui des mines pour les années à venir.

« Avec notre certification aéronautique, ça rassure les gens, explique l’entrepreneur. Sinon, les clients dans le médical ne m’auraient sûrement pas répondu. Ils ne pouvaient pas nécessairement me donner des commandes rapidement parce qu’ils ont déjà leurs fournisseurs, mais ils m’ont dit qu’on n’avait pas de choses majeures à changer pour être capables de percer le marché. Je pense qu’on peut avoir un certain succès à court terme. »

Les tubes de Lev-Fab peuvent entrer dans la production de lits d’hôpital, d’équipement pour soutenir les patients et de divers appareils médicaux.

M. Levasseur admet qu’il ne sera pas facile de mettre de côté l’aéronautique.

« C’est un domaine qui me passionne énormément et je ne fermerai jamais la porte à ça, mais à un moment donné, il faut se rendre à l’évidence que l’entreprise ne peut pas arrêter ses activités pendant trois ou quatre ans en attendant que ça reprenne », dit-il.

Moins cyclique

La bonne nouvelle, c’est que le domaine médical est beaucoup moins cyclique que l’aéronautique.

« Je veux entrer dans les grandes chaînes d’approvisionnement pour essayer d’avoir une stabilité des ventes à long terme, et non pas des mois où on fait 1 million $ et d’autres, seulement 100 000 $. Je ne veux plus vivre ça. [...] En toute honnêteté, j’aimerais mieux avoir un chiffre d’affaires plus bas, mais rentable, plutôt que d’avoir plus de revenus avec des marges plus basses. »

Chose certaine, le repositionnement de Lev-Fab emballe Luc Levasseur.

« Avec le plan stratégique qu’on s’est fait, je vous dirais qu’à l’intérieur de 12 mois, on devrait être au stade où on était [avant la pandémie] et je vous dirais qu’après ça, on va être plus forts, s’enthousiasme-t-il. J’en suis convaincu. » 

Lev-Fab en bref  

  • Fondation : 2005 
  • Secteur d’activités : fabrication de tubes métalliques pour avions, véhicules routiers, remontées mécaniques, équipement médical et secteur minier 
  • Chiffre d’affaires : environ 15 M$ 
  • Nombre d’employés : une centaine 
  • Une usine à Saint-Jérôme