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Voie rapide ou chèque en blanc

Le gouvernement Legault est prêt à jeter du lest pour que le projet de loi sur la relance soit amélioré. L’opposition doit mettre de côté la démonisation et mettre
l’épaule à la roue.
Photo Didier Debusschère Le gouvernement Legault est prêt à jeter du lest pour que le projet de loi sur la relance soit amélioré. L’opposition doit mettre de côté la démonisation et mettre l’épaule à la roue.

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Le gouvernement Legault a raison de vouloir accélérer des travaux d’infrastructures pour relancer l’économie du Québec, dont au moins 40 % des activités se sont effondrées avec la COVID. Mais il reste que le projet de loi qu’il a déposé pour y arriver a l’air d’un immense chèque en blanc.

L’image est de Gabriel Nadeau-Dubois, qui mimait devant la presse la taille d’un chèque hors norme, digne de ceux qu’on remet dans les téléthons pour en amplifier la valeur.

Le Québec est passé du plein emploi à un taux de chômage de 13,7 %. Il n’y a presque personne sur les routes et la main-d’œuvre est disponible. La fenêtre d’opportunité est là et on comprend le gouvernement d’appuyer sur l’accélérateur pour prendre le relais des projets de construction privés mis sur la touche.

Toutefois, dans ses points de presse, Christian Dubé (photo) a toujours plus ou moins l’air d’un charmeur de serpent, qui joue habilement de la flûte pour faire sortir le reptile du panier d’osier.

À l’entendre, son projet de loi lève les verrous de législations devant normalement protéger les intérêts des Québécois, sans diminuer la protection environnementale, ni travestir l’esprit des recommandations de la commission Charbonneau, ni entraîner une hausse des coûts de construction.

Disons que ça soulève des doutes !

La paralysie ou le bar ouvert

On ne peut pas nier, comme le dit François Legault, que les projets sont très longs à mettre en branle au Québec. Les preuves de zèle et d’imbécillités bureaucratiques se sont accumulées au fil des ans au point d’en devenir une malheureuse marque de commerce maculant le fleurdelysé.

Alors oui, allons-y !

Mais personne n’a envie de choisir entre une administration sclérosée, paralysée par la machine, et un train qui s’emballe, devenu un bar ouvert prêtant flanc aux abus.

On ose croire qu’il y a moyen pour le gouvernement d’obtenir plus rapidement les autorisations pour construire des écoles, rénover des hôpitaux, des CHSLD et implanter des maisons des aînés sans sacrifier trop de contrepoids.

Rien contre les projets

Le libéral Gaétan Barrette a eu l’honnêteté d’admettre que les 202 projets ciblés par le gouvernement Legault, « tous les partis les auraient mis dans leur programme électoral ».

Ils étaient inscrits pour la plupart dans le Programme québécois des infrastructures (PQI), donc, déjà en planification. On ne peut prétendre qu’ils sortent d’une boîte de Cracker Jack. Mais le gouvernement aurait dû présenter ce projet de loi dès le retour en chambre il y a deux semaines, vu l’urgence de la situation, pour éviter un sprint effréné d’ici vendredi prochain.

Qu’il ait déjà une trentaine d’amendements à apporter à sa propre loi, avant même que les partis d’opposition n’en commencent l’examen, renforce la perception de précipitation.

Faut-il vraiment maintenir l’état d’urgence sanitaire pendant deux ans ? Pourquoi accorder une immunité de poursuite judiciaire pour le gouvernement et les ministres ? 

Plutôt qu’évoquer Duplessis comme l’a fait le leader libéral Marc Tanguay, il faudra que les élus travaillent vite et bien, de bonne foi, pour parfaire la législation et assurer une relance la plus efficace, mais la mieux encadrée possible. 

Ainsi, le chèque en blanc pourrait être transformé en voie rapide intelligente. 

Les bulletins  

François Legault, CAQ 

Le gouvernement Legault est prêt à jeter du lest pour que le projet de loi sur la relance soit amélioré. L’opposition doit mettre de côté la démonisation et mettre
l’épaule à la roue.
Photo Agence QMI, Simon Clark

On souhaite que l’opposition ajuste le ton en période de crise, or, le premier ministre a fait preuve de partisanerie injustifiée, en répondant à une question légitime de Pascal Bérubé sur la levée des barrages en région. « Il aurait voulu continuer de bloquer le Bas-Saint-Laurent, tuer le tourisme dans ce coin-là », a-t-il asséné. « Scuse-toi », a tonné le chef péquiste intérimaire, touché au cœur, avant d’enchaîner « c’est minable » et de quitter le Salon bleu. 

Sonia LeBel, CAQ 

Le gouvernement Legault est prêt à jeter du lest pour que le projet de loi sur la relance soit amélioré. L’opposition doit mettre de côté la démonisation et mettre
l’épaule à la roue.
Photo Agence QMI, Simon Clark

Le précédent gouvernement avait refusé d’abolir le délai de prescription empêchant des victimes de poursuivre au civil leur agresseur. La ministre de la Justice a déposé le projet de loi en ce sens, après une belle collaboration avec les députées d’opposition impliquées. Elle concrétise un engagement de la CAQ et apporte de l’espoir à bon nombre de victimes. 

Benoit Charette, CAQ 

Le gouvernement Legault est prêt à jeter du lest pour que le projet de loi sur la relance soit amélioré. L’opposition doit mettre de côté la démonisation et mettre
l’épaule à la roue.
Photo Agence QMI, Simon Clark

Le ministre a fait une prise de judo à ses vis-à-vis de l’opposition, qui l’accusent de ne pas être le chien de garde de l’environnement dans le cadre de l’accélération des travaux d’infrastructures. Il a révélé que certains d’entre eux lui demandent pourtant avec insistance, en privé, de lever les obstacles pour les projets de construction dans leur circonscription... 

Isabelle Charest, CAQ 

Le gouvernement Legault est prêt à jeter du lest pour que le projet de loi sur la relance soit amélioré. L’opposition doit mettre de côté la démonisation et mettre
l’épaule à la roue.
Photo Agence QMI, Simon Clark

Difficile d’imaginer de quoi auront l’air des matchs de certains sports, éventuellement, dans le respect des consignes sanitaires, mais la ministre s’en est bien sortie dans une annonce de déconfinement qui aurait pu être casse-gueule, et qui a été bien accueillie par les fédérations. 

En vrac 

La citation de la semaine

Le gouvernement Legault est prêt à jeter du lest pour que le projet de loi sur la relance soit amélioré. L’opposition doit mettre de côté la démonisation et mettre
l’épaule à la roue.
Photo Agence QMI, Simon Clark

« J’ai l’impression qu’on a acheté Bombardier trois fois, là, dans les dernières décennies »

– Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois 

J’existe, moi aussi !

La ministre Sylvie D’Amours en a marre des allusions à son manque de visibilité dans les enjeux autochtones, dont elle est responsable. « Ce n’est pas parce qu’on ne me voit pas dans les médias que je n’y suis pas. Je suis présente, n’en déplaise à bien des gens. » 

Du mordant !

Le gouvernement Legault est prêt à jeter du lest pour que le projet de loi sur la relance soit amélioré. L’opposition doit mettre de côté la démonisation et mettre
l’épaule à la roue.
Photo Agence QMI, Simon Clark

Le leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, n’a pas aimé que Ruba Ghazal compare Benoit Charrette à un chien de garde qui a « arrêté d’aboyer depuis longtemps ». « C’est inacceptable de traiter le ministre de l’Environnement de chien comme elle vient de le faire. »