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Des organismes vidés de leurs bénévoles

Pendant ce temps, les besoins sont grandissants

GEN-Portrait de Jean-Sébastien Patrice directeur de Multcaf qui subit un manque de bénévoles
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Jean-Sébastien Patrice, directeur général de l’organisme MultiCaf, qui œuvre en sécurité alimentaire dans Côte-des-Neiges. Le centre se voit saigné de ses bénévoles.

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Des organismes qui avaient fait le plein de bénévoles pendant le confinement voient leurs rangs se vider, même si les besoins d’aide restent tout aussi grands.

« La situation est assez critique [...] C’est pire de jour en jour », témoigne Ando Andrianady du Centre d’action bénévole du Bas-Richelieu, à Sorel-Tracy.

Il ne lui reste que trois chauffeurs volontaires pour conduire les personnes qui ont besoin d’un transport médical sur la vingtaine qu’il a habituellement dans sa liste.

Le centre s’est donc tourné vers la publicité dans le journal local, à la radio, sur les réseaux sociaux. « Ça n’a pas porté ses fruits jusqu’à présent », avoue M. Andrianady.  

Avec le confinement, les organismes à but non lucratif ont vu leur demande exploser, mais ont aussi fait le plein de nouveaux bénévoles pour qui le travail était sur pause.

Retour au boulot

Puis, dans les dernières semaines, les commerces et entreprises ont rouvert leurs portes. Des profs sont retournés en classe. Les organismes se retrouvent donc saignés de leurs volontaires des derniers mois.

Et ce, même à Montréal, où le déconfinement est moins avancé. « Certains nous disent : “je ne vais pas avoir de vacances cet été. Je vais prendre quelques semaines de repos’’ [avant le retour au boulot] », rapporte Jean-Sébastien Patrice, directeur général de l’organisme MultiCaf, dans Côte-des-Neiges, à Montréal.  

  • Écoutez l'entrevue de Jean-Sébastien Patrice, directeur général de l’organisme MultiCaf, avec Vanessa Destiné à QUB Radio:   

« Chaque semaine, on doit se revirer de bord. On a un bon support financier, mais ce sont les ressources humaines qui commencent à manquer », s’inquiète-t-il. 

Le manque de bénévoles, « c’est la réalité de tous nos organismes », constate Wazna Azem du Centre de bénévolat et moisson Laval.

Et ce, même si le site Jebénévole avait apporté une manne de volontaires à la fin mars. « On a dû en refuser [des candidatures], se souvient-elle. Maintenant, beaucoup ne sont plus disponibles », explique Mme Azem.

Besoins qui perdurent

Pendant ce temps, les besoins des usagers, eux, n’ont pas diminué. Par exemple, des aînés craignent toujours de sortir de chez eux et demandent donc des livraisons de nourriture, même si le déconfinement va bon train, illustre M. Andrianady.

« Je n’ai jamais manqué de bénévoles dans ma vie, j’ai été chanceuse. Là, c’est plus difficile », dit Ann Soucy, directrice du Centre d’action bénévole Émilie-Gamelin, à Joliette.