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Des quincailleries souhaitent rester fermées le dimanche

GEN-PENURIES-CLIMATISEURS
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

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Des voix s’élèvent pour demander au gouvernement de poursuivre la fermeture des commerces non essentiels le dimanche comme ce fut le cas au plus fort du confinement. 

Pour l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), il s’agit d’une demande de longue date redevenue prioritaire après que ses membres aient goûté aux joies d’être fermés au public le dimanche pendant le confinement.

Dans les derniers jours, des discussions ont d’ailleurs été menées entre les différentes bannières en vue d’une potentielle fermeture au public ce jour-là, indique son président, Richard Darveau.

«Si tu es le seul à fermer, tu perds de l’argent, mais si tout le monde dans ta région ferme, quelqu’un ne va pas partir de Sherbrooke pour aller à Montréal pour ses achats», explique-t-il.

Selon lui, il serait beaucoup plus facile pour les propriétaires de quincailleries de retenir leur personnel s’ils peuvent fermer une journée dans la semaine. Sans parler des propriétaires qui doivent travailler «une 8e journée» pour faire la comptabilité, l’administration, le ménage et maintenant la désinfection de leur commerce.

L’hypothèse de Richard Darveau: à long terme, les profits nets d’une quincaillerie seraient plus élevés si elle est fermée le dimanche.

L’AQMAT espère d’ailleurs se qualifier à un programme du ministère de l’Économie et de l’Innovation afin d'obtenir des fonds pour mener une étude sur les avantages d’une fermeture prolongée pendant le jour du Seigneur.

L’Église s’est également jointe au débat. Le diocèse de Montréal s’est payé de pleines pages de publicité dans les quatre grands quotidiens de Montréal la fin de semaine dernière pour lancer sa campagne «Retrouvons nos dimanches».

En entrevue, l’archevêque de Montréal, Christian Lépine, explique avoir voulu profiter du contexte où la population est «encore suspendue entre déconfinement et retour à la normale» pour lancer cette idée.

Selon lui, plutôt que d’aller à l’encontre de la croissance économique, la fermeture des commerces permet aux entreprises familiales de prospérer puisque ses propriétaires n’auraient alors plus besoin d’engager des employés pour les remplacer durant la fin de semaine.

«L’économie peut bien penser que ce qui l’aide, c’est qu’elle n’arrête jamais, mais lorsqu’on pense aux êtres humains, c’est important d’avoir un jour de repos», ajoute-t-il.

Puis, une pétition réclamant la fermeture des commerces non essentiels a été déposée sur le site internet de l’Assemblée nationale avait récoltée plus de 475 signatures samedi après-midi.

Ses deux instigateurs font valoir les bienfaits «physiques, psychologiques, familiaux, communautaires, environnementaux et sociaux d’un jour de repos par semaine».

Les commerces non essentiels restent fermés le dimanche dans de nombreux pays européens sans que leur économie n’en soit plus affectée, fait valoir l’une des deux personnes à l’origine de la pétition, Louise Royer.