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[EN IMAGES] Encore plus de monde réuni contre le racisme

Des milliers de personnes ont manifesté pacifiquement à Montréal dimanche

Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.
Photo courtoisie Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.

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Policiers à genou à Montréal, villes qui se joignent à l’élan, foule qui grossit. Le mouvement de protestation contre le racisme et la brutalité policière a pris de l’ampleur au Québec et à travers le monde dimanche.

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« C’est vraiment touchant », lance Ritchy Cesar, 21 ans, un jeune homme noir qui dit avoir peur au quotidien en raison de la couleur de sa peau. « On est tous là pour la cause. »

La marche dans les rues de Montréal a réuni des milliers de personnes.
Photo Chantal Poirier
La marche dans les rues de Montréal a réuni des milliers de personnes.

Il faisait partie des milliers de personnes qui ont marché au centre-ville de Montréal dimanche dans la foulée de la mort de George Floyd, au Minnesota. L’homme, un Afro-Américain, a été tué par un policier blanc qui a maintenu son genou contre sa gorge. 

Des policiers de Montréal et de la Sûreté du Québec ont mis un genou au sol au même moment que des manifestants se recueillaient en hommage à George Floyd.
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits
Des policiers de Montréal et de la Sûreté du Québec ont mis un genou au sol au même moment que des manifestants se recueillaient en hommage à George Floyd.

Les manifestants ont d’ailleurs stoppé à plusieurs reprises pour mettre un genou au sol, incluant quelques policiers de la Sûreté du Québec et du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).  

  • ÉCOUTEZ la chronique judiciaire du journaliste Félix Séguin à QUB Radio:  

Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.
Photo Chantal Poirier

Croissance

À travers le monde, des dizaines de milliers d’Européens ont marché dans le même but dimanche, de Bristol à Budapest en passant par Madrid et Rome. 

Dans la province, des rassemblements importants ont eu lieu à Sherbrooke et à Québec. 

Ils étaient quelque 15 000 personnes à Montréal, selon certaines observations. Un chiffre encore plus élevé que les 10 000 estimés pour la marche de la semaine précédente. 

  • Mario Dumont et Benoît Dutrizac en discutent à l'émission Dutrizac, sur QUB Radio:

Et contrairement à la semaine dernière, l’événement de dimanche s’est terminé dans le calme, les manifestants dansant au son des tam-tam, obtempérant ainsi aux nombreux appels à la paix et au respect des organisateurs. 

Quelques agitateurs ont été dispersés vers 19 h sonnant la fin des protestations. Un seul individu a été arrêté pour des menaces de mort.

Une foule plutôt jeune, réunissant des personnes noires comme blanches, et pour la plupart masquées.

« Je trouve ça fantastique qu’on s’unisse ensemble : blancs, noirs, hommes, femmes, vieux, jeunes... Le racisme est une pandémie insupportable. Il faut que ça s’arrête », a déclaré Alexandre Lamontagne, dont l’arrestation avait soulevé la controverse en 2017, et qui participe à un recours collectif contre le SPVM. 

« Écœurés et fatigués »

Anastasia Marcelin de la Ligue des noirs nouvelle génération tente de calmer des protestataires devant des policiers.
Photo Chantal Poirier
Anastasia Marcelin de la Ligue des noirs nouvelle génération tente de calmer des protestataires devant des policiers.

« On salue le travail de tous les policiers qui ne sont pas racistes », a dit au micro une des organisatrices, Anastasia Marcelin de la Ligue des noirs nouvelle génération. 

« Respectez les policiers », a-t-elle également lancé à la communauté noire. S’il y a de l’injustice, vous savez quoi faire », a-t-elle déclaré en référence au « petit machin » technologique qui permet de tout filmer. 

« On veut une seule chose, que les policiers portent des caméras. » 

Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.
Photo courtoisie

Les manifestants ont également scandé des slogans à l’attention de François Legault. Le premier ministre a réitéré cette semaine ne pas considérer qu’il y a de racisme systémique au Québec. L’absence de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a aussi été décriée.

–Avec Camille Lalancette, Agence QMI

Slogans et discours entendus :     

«Nous ne pouvons pas respirer. Nous devons apprendre à vivre ensemble.»

Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.
Photo Agence QMI, Camille Lalancette

«Je suis ici pour crier mon désarroi. J’ai dû fuir au Québec pour rester en vie. Mon message s'adresse aux premiers ministres des provinces et du Canada. Cette foule colorée est l'expression de l'amour. Plus jamais de silence blanc. Je suis un professionnel de la santé. Je suis noir, je suis homme, j'ai été discriminé pour cela. Combattez quand vous êtes en vie, pas quand vous êtes morts. Inscrivez-vous à angesgardiens. I can't breath.» - Un homme au mégaphone 

Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.
Photo Agence QMI, Camille Lalancette

«400 ans d'esclavage les choses doivent changer. On est plus capable. Quelle différence il y a entre moi et un blanc. Quelle différence? Le combat c'est pour toi femme blanche, pour toi femme noire. On n’en peut plus. ON N’EN PEUT PLUS. Ce sont les riches qui nous étouffent. Les riches c'est qui? C'est le gouvernement. Qui donne le pouvoir aux gouvernements? C'est nous. Il faut que ça change. Le Québec appartient aussi aux Autochtones. Le Québec appartient aussi aux immigrants, les noirs, les latinos. La dernière marche ce n'était qu'un avertissement. Aujourd'hui ça casse.» - Anastasia Marcelin au micro 

Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.
Photo Agence QMI, Camille Lalancette

«Les organisateurs ont pris beaucoup de temps, si on veut que notre message traverse les frontières il faut que ce se passe dans la paix. C'est une manifestation de paix. Pas de casse.» - Un homme 

Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.
Photo Agence QMI, Camille Lalancette

«Ce ne sont pas les policiers nos ennemis, c'est le système.» - Anastasia Marcelin, organisatrice, au micro.

Une camionnette se promène dans la foule en invitant la foule à répondre à des slogans comme «Power to the ... people!» ou encore «L'union fait la ... force!»

«Salut François. Regarde autour de moi. La diversité. C’est tout le monde. Qui est tanné.» 

Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.
Photo Agence QMI, Camille Lalancette

«Québec c'est ma mère. Je suis fière d'être Québécoise. Tous mes frères noirs que vous voyez autour de vous, sont Québécois.» - Anastasia Marcelin, dans un discours à la Place du Canada

«On veut que les policiers portent des caméras», a-t-elle ajouté.

La culture noire a été très forte en cette journée de revendication. Des artistes ont joué du djembé à la fin du rassemblement encouragés par une foule claquant des mains au rythme de leur musique. Encerclant les danseurs et en scandant entre autres «No Justice No Peace», la foule avait encore un message revendicateur très fort à faire passer. 

Une foule monstre, probablement plus nombreuse que celle de la semaine dernière, a envahi le Quartier latin et le centre-ville de Montréal dimanche comme ici à l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.
Photo Agence QMI, Camille Lalancette

Vus comme des agresseurs, les policiers ne sont pas les bienvenus au rassemblement contre le racisme                        

La Ligue des Noirs Nouvelle Génération en a surpris plusieurs en retirant l’invitation qu’elle avait faite au directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Sylvain Caron, à participer au rassemblement contre le racisme prévu aujourd’hui à Montréal.

Pour la criminaliste Marie-Livia Beaugé qui prend part au mouvement, le rassemblement se veut un «safe space» où «les agresseurs» [policiers] ne sont pas les bienvenus.

«Imaginez-vous une victime d’agression sexuelle, à qui l’on dit : ''ton agresseur veut te dire quelque chose''. Cette victime, ainsi que d’autres victimes sont dans un ''safe space'', [un espace sécuritaire], puis on lui impose d’être à côté de son agresseur», a expliqué Me Beaugé en entrevue sur les ondes de LCN, en matinée, avant le début de la manifestation.

«Hier, avant-hier, il y a encore des jeunes, des personnes qui se font attaquer par des policiers. La Ligue des Noirs Nouvelle Génération a pris cela en compte dans son message», a ajouté la criminaliste. À Montréal, les Noirs ont quatre fois plus de risques de se faire arrêter que les Blancs, alors qu’ils représentent moins de 3 % de la population canadienne. Par ailleurs, les Noirs représentent 9 % de la population carcérale, une surreprésentation due notamment au profilage racial, a expliqué Me Marie-Livia Beaugé. 

«C’est sûr que de venir et de tendre la main c’est un très, très beau geste, mais on préfèrerait qu’ils participent à changer leurs procédures dans leurs interpellations. Le jour où tout sera réglé, c’est notre rêve de voir les policiers et la population un à côté de l’autre», a-t-elle détaillé. 

Elle souhaite par ailleurs que les Noirs puissent prendre part à la nouvelle politique concernant les interpellations policières qui doit être déposée en juillet. S’ils ne sont pas invités, consultés, malgré la bonne volonté, les risques de se tromper sont réels. 

«Si les procédures sont écrites par des personnes privilégiées qui ne vivent pas dans la réalité des personnes de nos communautés, c’est sûr qu’il y aura des erreurs, même si ce n’est pas intentionnel. La police a tendu la main, on est très content, maintenant on veut voir cette collaboration dans des actions concrètes», a-t-elle dit.