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[PHOTOS] Voici un survol de la grande histoire des vaccins

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Dans la crise sanitaire que nous vivons actuellement, tout le monde attend la planche de salut que représente la découverte d'un vaccin qui nous protégerait de la COVID-19. On pense généralement qu'il sera disponible d'ici 24 mois.

De nos jours, on se met à l'abri de plusieurs maladies grâce à la vaccination. Certaines ont même disparu de la surface du globe grâce à elle. 

Par contre, certains maux attendent toujours le leur, comme le VIH/sida. Qu'est-ce qu'un vaccin et d'où vient-il? 

La variole a été une maladie qui a fait des ravages tout au long de l'histoire. Elle se retrouve donc au centre de la recherche sur la vaccination. 

Voici un petit survol de la grande histoire des vaccins.

1) La variolisation  

La Franceschina, vers 1474, Saint François d'Assise soignant des personnes atteintes de variole.
Photo Wikimedia Commons
La Franceschina, vers 1474, Saint François d'Assise soignant des personnes atteintes de variole.

Dès l'Antiquité, on avait remarqué que certaines personnes atteintes d'une maladie infectieuse ne l'attrapaient plus une fois guéries. 

Au Moyen Âge, les Chinois exploitent cette observation en inoculant* du pus provenant de pustules causées par la variole à des enfants.

Ce traitement semblait fonctionner, tout en demeurant dangereux. En effet, 2% des enfants inoculés en mouraient. 

C'est ce qu'on a appelé la variolisation, l'ancêtre de la vaccination.

* L'inoculation est l'introduction volontaire d'un virus dans le corps humain.

2. La vaccination  

Le Dr Edward Jenner, par James Northcote
Photo Wikimedia Commons
Le Dr Edward Jenner, par James Northcote

À la fin du XVIIIe siècle, le médecin britannique Edward Jenner observe que des vaches sont atteintes de la vaccine, une maladie qui ressemblait beaucoup à la variole chez les humains, mais moins grave. 

Il constate également que les «trayeuses» de ces vaches qui contractaient la vaccine semblaient être protégées contre la variole lorsque des épidémies surgissaient. 

En 1796, il transmet donc la vaccine à un jeune enfant et, par la suite, il l'inocule avec le virus de la variole.

Comme il s'y attendait, l'enfant ne développe pas la maladie. Il nomme sa découverte la vaccination.

3. Pasteur  

Le professeur Louis Pasteur, avant 1895, Paul Nadar, Dibner Library of the History of Science and Technology.
Photo Wikimedia Commons
Le professeur Louis Pasteur, avant 1895, Paul Nadar, Dibner Library of the History of Science and Technology.

À la fin des années 1870, Louis Pasteur comprend que les maladies contagieuses se propagent entre les individus par l'intermédiaire de microbes. Par ailleurs, il suppose que la vaccine de la vache était une forme atténuée de la variole. 

Il teste donc sa théorie en inoculant des variétés atténuées de maladies à des animaux, notamment avec le choléra de la poule. L'expérience fonctionne. Il élargit ainsi la technique du docteur Jenner. 

En 1885, il teste sa théorie sur les humains en inoculant la rage à un enfant qui avait été mordu par un chien enragé. L'enfant ne développe pas la maladie. Il étend l'expérience à des centaines d'adultes et c'est un succès. 

La vaccination débordait alors la variole et s'appliquait désormais à plusieurs maladies.

4. Les anti-vaccins  

Article tiré du journal L'Électeur du 29 septembre 1885, p. 1.
Article tiré du journal L'Électeur du 29 septembre 1885, p. 1.

De nos jours, bien des gens s'opposent à la vaccination, lui attribuant plusieurs maladies, dont l'autisme. Cette crainte n'est pas nouvelle. 

Au XIXe siècle, malgré les avancées techniques, la vaccination n'en est qu'à ses débuts et elle n'a pas encore fait ses preuves indéniables. Plusieurs s'y opposent, croyant qu'elle sèmera la mort au lieu de la prévenir. 

Curieusement, ce mouvement anti-vaccin est véhiculé surtout par le monde médical, certains médecins dénonçant les dangers de la vaccination. 

En 1885, une épidémie de variole s'abat sur le Québec et elle est particulièrement virulente à Montréal. On impose alors la vaccination. Les réfractaires sont passibles d'amendes et même d'emprisonnement. 

C'est dans ce contexte que le 28 septembre 1885, une émeute anti-vaccin éclate à Montréal. Des émeutiers vont jusqu'à mettre le feu à l'édifice du Bureau de santé. Rien n'était encore gagné.

5. La vaccination à Grosse-Île  

Le Dr Frederick Montizambert à bord du Challenger, son embarcation d'inspection, 1888, Livernois.
Photo Bibliothèque et Archives Canada
Le Dr Frederick Montizambert à bord du Challenger, son embarcation d'inspection, 1888, Livernois.

Le docteur Frederick Montizambert est né à Québec en 1843. 

À partir de 1859, il étudie la médecine à l'Université Laval, puis à la prestigieuse faculté de médecine de l'université d'Édimbourg. En 1891, il fréquente l’université Johns-Hopkins de Baltimore où il étudie les germes du choléra et d'autres maladies contagieuses. 

C'est donc sans surprise qu'en 1869, il est nommé directeur médical de la station de quarantaine de Grosse-Île. À cette époque, le gouvernement mettait annuellement à jour la Loi de la quarantaine. Cette Loi obligeait les bateaux à s'arrêter à Grosse-Île pour être inspectés et, en cas de contagion, à être mis en quarantaine. 

En 1886, à la suite de l'épidémie de variole qui s'était abattue sur Montréal l'année précédente, le Dr Montizambert obtient que la Loi de la quarantaine inclue l'obligation d'une vaccination des passagers si ces derniers n'avaient jamais eu la variole ou s'ils ne pouvaient prouver qu'ils avaient déjà reçu ce vaccin. 

En cas de refus de vaccination, le passager récalcitrant était contraint de faire une quarantaine à Grosse-Île. 

Il faut comprendre qu'à cette époque, la variole était endémique en Europe et que tous les passagers des navires qui entraient au pays en étaient potentiellement porteurs.

6. Des souvenirs indélébiles  

Vaccinostyle, Wellcome Collection
Vaccinostyle, Wellcome Collection

Dans les années 1950, les écoliers du Québec étaient vaccinés contre la tuberculose grâce au vaccin BCG. Ils ne recevaient pas d'injection, mais plutôt des égratignures faites à l'aide d'un vaccinostyle. 

Il s'agissait d'un stylet métallique pointu à l'aide duquel on égratignait le dos. On y déposait ensuite des gouttes du vaccin. Cette pratique a cessé au cours des années 1960, mais plusieurs se souviennent sûrement de ce petit supplice.

Par ailleurs, beaucoup de jeunes se questionnent sur le fait que leurs parents ont une cicatrice ronde comme une pièce de 10 sous sur le bras gauche. Il s'agit d'une marque laissée par un vaccin antivariolique. 

L'injection provoquait de petites enflures comme des piqûres de moustiques et, en séchant, elles formaient une croûte; en tombant, cette dernière laissait cette marque indélébile. 

Les gens de moins de 40 ans n'ont pas cette cicatrice puisqu'en 1980, grâce à ce vaccin, la variole a été officiellement déclarée comme éradiquée de la surface de la Terre. Elle n'existe plus aujourd'hui qu'en laboratoire. Une preuve que la vaccination est efficace. 

Il reste à espérer qu'elle parviendra à éliminer également la rougeole, la varicelle et... la COVID-19.

Un texte de Jean-François Caron, historien  

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