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Plombé par la pandémie, le commerce de la Chine fait grise mine en mai

Plombé par la pandémie, le commerce de la Chine fait grise mine en mai
Photo AFP

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Pékin | Exportations en repli et importations au plus bas depuis 4 ans: la Chine a dévoilé dimanche des chiffres moroses pour son commerce en mai, au moment où la pandémie de coronavirus paralyse l'économie mondiale. 

La Chine, premier pays touché par la maladie Covid-19, a vu ses exportations dans le rouge le mois dernier (-3,3 % sur an), selon des chiffres publiés par les Douanes.

En avril, les exportations avaient connu un rebond surprise (+3,5 %), après trois mois de recul.

Cette hausse avait largement été attribuée à un phénomène de rattrapage, après les difficultés rencontrées par les exportateurs au premier trimestre. Les mesures de confinement liées à l'épidémie avaient alors fortement perturbé le transport.

L'activité a depuis largement repris mais les entreprises peinent à remplir leurs carnets de commandes au moment où leurs principaux clients, en Europe et en Amérique du Nord, sont paralysés à leur tour par le virus.

«Cela continuera à peser sur les exportations en juin et juillet», prévient l'analyste Rajiv Biswas, du cabinet IHS Markit.

«Mais elles devraient se redresser au cours du second semestre» à l'heure du déconfinement en Europe «et de la période de Noël», habituellement propice aux commandes, relève à l'AFP M. Biswas.

Les produits médicaux, dont la Chine reste le principal fournisseur, restent très demandés à l'étranger. 

Le géant asiatique a exporté dans le monde 70,6 milliards de masques entre mars et mai, selon un chiffre annoncé dimanche par Pékin lors d'une conférence de presse consacrée à l'épidémie.

Les analystes s'attendent toutefois à ce que la demande s'estompe à mesure que la situation sanitaire s'améliore dans le monde.

Incertitudes et reprise lente

Pour leur part, les importations du géant asiatique ont de nouveau plongé en mai (-16,7 % sur un an après -14,2 % en avril).

Il s'agit de la plus mauvaise performance depuis janvier 2016. 

Cette chute des importations, pour le cinquième mois consécutif, est d'ailleurs plus prononcée que les estimations d'analystes consultés par l'agence financière Bloomberg (-7,8 %).

«Cela reflète la lenteur de la reprise» en Chine, estime M. Biswas, alors que la deuxième économie mondiale a quasiment été mise à l'arrêt à partir de fin janvier à cause de l'épidémie.

Les entreprises ont sans doute aussi réduit leurs importations face aux incertitudes qui pèsent sur la demande, juge l'économiste Iris Pang, de la banque ING.

Pour soutenir une économie à la peine et encourager la consommation, plusieurs provinces ou communes ont lancé des opérations commerciales à coup de bons d'achat ou de réduction.

La ville de Pékin a débuté samedi la distribution de coupons d'une valeur totale de 12,2 milliards de yuans (1,5 milliard d'euros) pour stimuler le pouvoir d'achat de ses habitants.

Conséquence logique de la chute des importations, l'excédent commercial de la Chine s'est accru en mai à 62,9 milliards $ (contre 45,3 milliards le mois précédent).

Fait inédit, le pays a renoncé le mois dernier à fixer un objectif de croissance pour cette année.

«Notre pays sera confronté à certains facteurs qui sont difficiles à prévoir» en raison de la pandémie de nouveau coronavirus et de la conjoncture mondiale, s'était justifié le premier ministre chinois Li Keqiang en ouverture de la session annuelle du Parlement.

M. Li a annoncé pour 2000 milliards de yuans (256 milliards d'euros) de mesures (augmentation du déficit budgétaire, emprunt d'État) afin notamment de soutenir l'emploi.

Pour la première fois de son histoire, l'économie chinoise a décroché au premier trimestre (-6,8 %), sous l'effet du virus.