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Fruitier nie avoir eu des intentions sexuelles

Le procès de l’homme de théâtre pour des gestes posés dans les années 1970 a eu lieu lundi à Longueuil

palais2020/06/08
Photo Chantal Poirier Avec son masque sous le menton, le comédien et animateur Edgar Fruitier, 90 ans, avait de la difficulté à se déplacer lundi au palais de justice de Longueuil.

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Le comédien et animateur Edgar Fruitier s’est défendu lundi d’avoir commis des gestes sexuels sur un adolescent dans les années 1970, affirmant plutôt qu’il s’agissait de voies de fait. 

Le procès de l’homme de 90 ans pour des accusations d’attentat à la pudeur s’est déroulé lundi avant-midi au palais de justice de Longueuil. Avec son masque au menton, le nonagénaire avait bien de la difficulté à se déplacer.

Si Fruitier n’a pas témoigné pour sa défense, c’est par la voix de son avocat, Robert Polnicky, qu’il a fait connaître sa version de l’histoire. 

De son côté, la preuve de la Couronne reposait sur le témoignage de la victime alléguée, qu’on ne peut identifier en raison d’un interdit de publication effectué lors de l’enquête préliminaire, il y a un an. 

Les premiers gestes qui sont reprochés à Fruitier remontent à l’été 1974, alors que le plaignant avait 15 ans. L’adolescent considérait le mélomane comme son « grand frère ». 

Soulevé dans les airs

Celui qui a prêté sa voix à Mr. Burns dans Les Simpson lui avait alors dégoté un emploi dans un théâtre en Estrie et lui avait proposé de l’héberger dans son chalet, à Eastman. 

Un soir, Fruitier l’aurait agrippé de dos au point de le soulever de terre, lorsqu’ils étaient dans la cuisine, selon la victime. 

« J’ai rien entendu, il est arrivé en arrière de moi pour m’agresser, pour me prendre, relate-t-il. J’étais tout petit, j’avais comme l’impression que je flottais dans le vide. Il m’a peut-être levé cinq pieds dans les airs. »

L’acteur chevronné lui aurait alors attouché les parties génitales et aurait tenté de défaire son pantalon. La victime présumée a réussi à se défaire de l’étreinte puis est partie en courant au théâtre. 

Tout le reste de l’été, le jeune homme est demeuré craintif à l’idée de se refaire « coincer » par Edgar Fruitier. 

Aussi en 1976

Or, des gestes similaires se seraient produits à deux autres reprises, soit en 1976, au domicile de l’accusé, à Brossard, où il était embauché pour faire du ménage. 

« Je me sentais obligé d’y aller. J’étais pas capable de dire non, a-t-il confié. C’était moins rough qu’à Eastman, mais sa main a fait la même chose. Elle est descendue encore sur mon sexe. »

La défense a nié que Fruitier avait des intentions sexuelles à l’endroit du plaignant, reconnaissant toutefois qu’il s’agissait de voies de fait. 

« Ce n’est pas tant l’intention que le geste. Est-ce que le geste, objectivement parlant, est de nature à atteindre à la pudeur de la victime ? Aujourd’hui, on appelle ça une agression sexuelle », a de son côté commenté la procureure Erin Kavanagh.


Le juge doit rendre sa décision le 22 juillet.