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Quand l’asphalte passe avant les cerveaux

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Si on se fie aux dernières annonces du gouvernement Legault, les investissements en infrastructures seront au cœur de la relance économique.

Plusieurs projets déjà prévus seront accélérés. On parle ici d’écoles, d’hôpitaux, de CHSLD ou encore d’autoroutes. 

Cette approche est politiquement avantageuse. Les infrastructures sont comme une hypothèque. Les dépenses d’infrastructures pompent de l’argent dans l’économie. Mais sur le budget du gouvernement, on peut les amortir sur 30, 40 ou même 50 ans. Ce qui permet de dépenser sans nuire à l’effort de retour à l’équilibre budgétaire... du moins sur papier. 

Investir en formation

Il y a un petit problème avec ce plan. Avant la crise, nous avions une pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction. De ce que je sache, ce problème ne s’est pas réglé de lui-même en trois mois. 

Vous comprendrez donc ma surprise de constater que Québec réinvestisse si peu dans la formation. Ça devrait pourtant être prioritaire !

Une première somme de 100 millions de dollars a été débloquée d’urgence il y a quelques semaines pour former les travailleurs en entreprise. De nouveaux montants sont dédiés à la formation de préposés aux bénéficiaires. 

Mais de façon plus générale, c’est le néant. L’asphalte passe avant les cerveaux. 

Le fédéral doit aussi être sollicité. Nous recevons un transfert d’environ 921 millions $ annuellement pour le financement de la main d’œuvre. L’entente a été négociée avant la crise et il faut la revoir. Ce montant ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan.  

Un grand chantier national

Le Québec doit lancer un grand chantier national de formation de la main-d’œuvre. Voici pourquoi. D’abord parce que la récession que l’on vit présentement sera plus longue que plusieurs pensent. 

On ne sait pas combien de temps elle durera, mais on doit oublier la perspective d’une pleine reprise d’ici la fin de l’année. 

Avec notre taux de chômage astronomique, de nombreux Québécois chômeront sur une longue période. Les qualifications des travailleurs se déprécient avec le temps. Surtout lorsqu’on ne les a pas utilisées sur une longue période. 

Ajoutons que le secteur des services a été mis complètement à terre par la récession. C’est une première, puisque lors des récessions plus « normales », c’est le secteur manufacturier qui prend le gros du coup. 

Le secteur des services ne va pas repartir en trombe avec le déconfinement. Oui, on ira se faire couper les cheveux. Mais les gens sont endettés et hésiteront à dépenser, spécialement dans les restaurants. Nous devrons aider beaucoup de travailleurs à se recycler. 

Dépendants des États-Unis

Beaucoup ont parlé de notre indépendance alimentaire ces derniers temps. D’autres se sont inquiétés de notre dépendance à la Chine. Mais on a trop peu parlé de notre dépendance aux États-Unis. 

Cette dépendance nous a beaucoup irrités dans le dossier des masques 3M. Même lorsque ces masques étaient fabriqués en Chine ou ailleurs, la plateforme logistique de 3M est aux États-Unis. Ce qui donnait le droit au président Trump de couper notre approvisionnement.

Après la crise, certaines de nos entreprises voudront rapatrier certaines activités de production. Ces nouvelles activités seront automatisées. La robotique et l’intelligence artificielle seront des réalités de plus en plus tangibles. Nos travailleurs doivent être prêts !