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Des gens sont « affamés » en Corée du Nord, avertit un expert de l’ONU

Des gens sont « affamés » en Corée du Nord, avertit un expert de l’ONU
AFP

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L’insécurité alimentaire s’accroît en Corée du Nord, où certains sont « affamés » depuis la fermeture de la frontière avec la Chine et les autres mesures prises contre la pandémie de coronavirus, a averti mardi un expert de l’ONU. 

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Pyongyang, qui n’a confirmé aucun cas de COVID-19, a fermé sa frontière avec la Chine le 21 janvier et mis en place une série de mesures contre l’épidémie.

Tomas Ojea Quintana, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits humains en Corée du Nord, a appelé la communauté internationale à une action urgente.

« Le manque de nourriture avait eu un impact dévastateur sur la RPDC (République populaire démocratique de Corée) dans les année 1990, et la perspective d’une aggravation des pénuries de nourriture et de l’insécurité alimentaire déjà courante est inquiétante », a estimé cet expert indépendant, qui ne s’exprime pas au nom de l’Onu mais lui communique le résultat de ses enquêtes.

Selon lui, « de plus en plus de familles ne mangent que deux fois par jour, ou ne mangent que du maïs, et certains sont affamés ».

« Dans ce contexte où la pandémie inflige des difficultés économiques dramatiques à la RPDC, j’encourage le Conseil de sécurité de l’Onu à reconsidérer les sanctions » internationales contre la Corée du Nord, « au vu de de l’impact sur la vie de la population », a-t-il dit.

Les experts estiment que la famine de la deuxième moitié des années 1990 a tué des centaines de milliers de personnes dans le pays.

Plus de 40% de la population était déjà considérée en insécurité alimentaire avant la crise du coronavirus, avec de nombreux cas de malnutrition.

Un enfant de moins de cinq ans sur cinq souffre d’un retard de croissance, a expliqué mardi lors d’une conférence de presse en ligne une porte-parole du Programme alimentaire mondial, Elisabeth Byrs. « La malnutrition à cette échelle signifie que des dommages irréversibles sont infligés à des centaines de milliers d’enfants ».

Selon M. Quintana, les mesures strictes prises contre le coronavirus - confinements et fermetures de frontières - aggravent la situation.

En mars et avril, les échanges commerciaux nord-coréens avec la Chine ont chuté de plus de 90% et beaucoup des frontaliers se sont retrouvés sans revenu, a-t-il souligné, évoquant « une augmentation des sans-abri dans les grandes villes, y compris des kotjebi (enfants des rues), et une flambée des prix des médicaments ».

Selon l’expert, des soldats souffrent également de pénuries alimentaires. Il s’est dit inquiet de la situation dans les prisons, en particulier les camps de détention secrets, et a appelé Pyongyang libérer les prisonniers vulnérables.