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Discrimination: des élus montréalais reçoivent une lettre anonyme

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MONTRÉAL | Plusieurs élus municipaux de Montréal ont reçu une lettre anonyme dénonçant le traitement des minorités visibles au sein même de l’administration municipale. 

La lettre est signée par «Le Collectif des employés dit [sic] "racisés"», mais il n’a pas été possible de confirmer l’identité de la personne ou du groupe de personnes qui a écrit la lettre.

La missive critique le fait que peu de minorités occupent des postes de direction à la Ville, et suggère que le profilage racial contribue au plafond de verre. L’auteur de la lettre affirme aussi qu’il existe un privilège blanc.

«Faire partie de la "clic", du "boys club", "être le chum de" sont d’abord les principaux requis qualifiant la compétence d’un candidat moins expérimenté qu’un autre ayant un CV blindé!», peut-on lire dans la lettre datée du 7 juin.

Selon un rapport de la Table sur la diversité, l’inclusion et la lutte contre les discriminations, la promotion de minorités visibles aux postes de haute direction est «pratiquement stagnante à la Ville de Montréal».

Dénoncer

«Manifester pour dénoncer le racisme et exiger que les choses changent est noble et nécessaire», avait dit la mairesse Valérie Plante, via Twitter, le 1er juin dernier, au lendemain de la manifestation contre le racisme et la brutalité policière en soutien à George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc au Minnesota.

Les auteurs de la lettre disent répondre à l’appel de la mairesse en réclamant des actions concrètes contre le racisme, incluant des mécanismes pour dénoncer les injustices sans crainte de représailles.

«À titre d’employés issus des communautés culturelles, nous souhaitons dénoncer les situations dont nous sommes victimes à la Ville. Au nombre des difficultés vécus [sic] à travers les années au sein de l’administration citons notamment la marginalisation des minorités visibles, le profilage racial et les micro-agressions», est-il mentionné.

Préoccupée

Invité à réagir à la lettre, le cabinet de la mairesse Plante assure que la Ville est «préoccupée par les situations rapportées». Une personne s’estimant être victime ou témoin d’une situation peut porter plainte ou la signaler à la Division du respect de la personne, rappelle le cabinet.

Un programme pour augmenter l’embauche et l’avancement des personnes issues de la diversité existe déjà, et la Ville souhaite prendre des mesures additionnelles pour augmenter la diversité parmi les cadres et les gestionnaires.

Reconnaître le problème

«Il y a beaucoup de douleur dans cette lettre et il faut en prendre acte», selon Myrna Lashley, présidente de la Table sur la diversité et professeure au département de psychiatrie de l’Université McGill.

Le texte permet toutefois d’attirer l’attention sur le vécu et les perceptions des minorités visibles, d’après Mme Lashley.

«Un environnement de travail non inclusif est très toxique», insiste-t-elle.

La discrimination peut découler de biais parfois inconscients, d’où l’importance de faire un travail d’introspection, explique la professeure. Elle suggère d'utiliser le mentorat pour faciliter l’avancement professionnel des minorités et de diversifier les bassins de recrutement.