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La PGA reprend enfin!

Les meilleurs joueurs de la planète sont réunis en tournoi au Texas pour la première fois depuis mars

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Photo AFP Le no 1 mondial Rory McIlroy a rigolé avec ses collègues sur le vert d’exercice du Colonial Country Club, mercredi.

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Trois mois, 91 jours, 92 dodos ou trois pleines lunes, peu importe comment on le calcule, ce fut la durée de la pause forcée dans le monde du golf professionnel depuis le soir du 12 mars. C’est ce matin que le circuit de la PGA redémarre à Fort Worth, au Texas.

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Même s’il n’y a aucun jour de lancement sur le PGA Tour comme le fait le baseball majeur, la NFL ou la LNH pour lancer leur nouvelle saison, les joueurs se sont sentis comme lors d’une grande rentrée à l’école quand ils sont arrivés au Colonial Country Club. 

Ils ont retrouvé leurs compagnons de jeu, leurs amis, les officiels et une poignée de membres de la presse afin de respecter les restrictions sanitaires. Tous ont témoigné leur satisfaction de retrouver leur petit monde dans une atmosphère complètement différente. 

Peu importe, c’est le retour au jeu. Mieux vaut jouer, signer des cartes officielles et livrer un spectacle en direct que de rester un mois de plus à l’écart à la maison. Tous les joueurs ayant livré des entrevues l’ont assuré. 

« La compétition, l’opportunité de gagner un tournoi, voir des gens différents et revoir mes amis m’ont manqué. Je suis heureux de revenir, a commenté Justin Thomas à l’aube du Challenge Charles Schwab. J’ai toujours désiré jouer au golf. Ça fait du bien de renouer avec l’action. »

La crème

L’Américain, qui occupe le second échelon au classement de la Coupe FedEx, en aura pour son argent au

Colonial, un parcours intimidant, surtout quand le vent souffle. Pour ce retour au jeu, 16 des 20 meilleurs golfeurs du globe sont réunis. Le top 5 du palmarès mondial est au Texas. 

Ce sera différent que de jouer une ronde amicale avec des amis, où les sources de distraction sont nombreuses. La petite monnaie de poche à l’enjeu ne peut égaler les bourses. Cette fois, chaque coup compte. De la balle frappée égarée au roulé de quatre pieds raté. 

« J’ai tenté de jouer avec des golfeurs de haut calibre comme DJ (Dustin Johnson), Rickie (Fowler), JT (Justin Thomas) et Shane Lowry pour voir où en était mon jeu, a expliqué le meneur mondial, Rory McIlroy. Je devais rester à point. 

« Nous avons joué des rondes avec des paris, mais elles ne valent jamais une ronde officielle dans des conditions de tournoi professionnel », a-t-il enchaîné. 

« C’est difficile de rester assis à la maison sans goûter à la compétition, a renchéri Brooks Koepka. Tu peux bien aller sur le parcours et jouer sérieusement, ce n’est pas la réalité. Sur ce circuit, tu rivalises avec les 144 meilleurs joueurs au monde. C’est très différent. 

« L’atmosphère des tournois m’a manqué, a ajouté le quadruple champion majeur. La compétition et le travail à réaliser sur 72 trous aussi. »

Au naturel

Tel que l’ont mentionné les joueurs à leur arrivée au Colonial, ils entrent dans un univers inconnu et étrange. Aucun spectateur ne les a suivis en ronde d’entraînement ou ne les a observés au champ de pratique. 

Le Colonial est dénudé de gradins, de loges corporatives ou de tout autre pavillon destiné aux visiteurs. Il est naturel et silencieux. 

« Il n’y aura pas autant d’énergie dans l’air, spécialement pour ceux qui seront dans la course lors des derniers trous en ronde finale, a rappelé Dustin

Johnson. Malgré tout, c’est un gros tournoi. Nous avons tous le même objectif qu’auparavant et nous serons suivis à la télévision. 

« La nervosité sera présente et l’adrénaline aussi, surtout dimanche, a-t-il poursuivi. C’est vrai que ce sera étrange de n’entendre aucun son sur le parcours. »

Avertissement

Selon une information reçue par l’ancien cadet québécois Yohann Benson, les golfeurs sont bien avertis d’observer à la lettre les mesures de distanciation de six pieds. Le monde du sport épiera attentivement le déroulement du tournoi. 

« C’est une semaine très importante pour le golf. On sera le centre d’attention, a précisé McIlroy. Il faut respecter le protocole de sécurité mis en place. »

Ainsi, les joueurs pourront tôt ou tard saluer et remercier la foule après un bon coup.


Challenge Charles Schwab   

  • Terrain : Colonial Country Club   
  • Lieu : Fort Worth, Texas   
  • Architectes : John Bredemus et Perry Maxwell (1936)   
  • Champion en titre : Kevin Na   
  • Bourse totale : 7,5 M$    
  • 7209 verges  
  • Normale : 70       

Plus bas score cumulatif de la saison 2019-2020 : -21 par Joaquin Niemann au Greenbrier (6 coups d’avance)

► Nombre de fois où la prolongation a été nécessaire cette saison : 7 fois sur 22 tournois

► Nombre de vainqueurs dans la vingtaine cette saison : 9 qui ont compilé 10 victoires

► Meneur d’un tournoi d’un bout à l’autre : Nick Taylor au Pro-Am AT&T à Pebble Beach

► Meneur au classement de la Coupe FedEx : Sungjae Im avec 1458 points, 55 points devant Justin Thomas

► 7 h 45 *   

  • Dustin Johnson, Justin Rose, Bryson DeChambeau      

13 h 06 *   

  • Rory McIlroy, Jon Rahm, Brooks Koepka      

1946  

  • Le Colonial Country Club est le plus vieil hôte du circuit de la PGA. Jamais un parcours n’a accueilli un tournoi aussi longtemps. Depuis 1946, le PGA Tour fait escale au réputé club de Fort Worth.      

91   

  • Durée, en jours, de la pause forcée en raison de la pandémie. La 4e plus longue dans l’histoire du circuit.      

* Heure locale du Texas (une heure plus tard au Québec)

Ce qu’ils ont fait durant la pause    

Une pause de trois mois à l’aube des premiers championnats majeurs de la saison n’est pas facile à gérer pour les athlètes professionnels. Habitués à un horaire chargé de mars à septembre, les golfeurs ont goûté à la vie ordinaire. Les tâches quotidiennes qu’ils ne peuvent exécuter en temps normal en raison des entraînements, des déplacements et des tournois en Amérique du Nord et en Europe, ils ont réussi à les accomplir, pour la plupart. Voici ce que les golfeurs ont raconté de leur pause de trois mois à leur retour à la compétition au Texas. 

Harold Varner III

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« J’ai installé une fosse septique, construit un cabanon, installé du gazon et réalisé toutes sortes de travaux ménagers que je voulais faire. J’ai aussi aidé mes parents à déménager. Ce sont toutes de petites choses qu’on n’a pas le temps de faire dans une saison de golf. J’ai vraiment pris cette pause comme une occasion d’accomplir ce qui devait être fait. C’est une expérience enrichissante qui ouvre les yeux. Mais j’espère qu’on ne revivra plus jamais cela. » 


Kevin Na

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« J’ai appris l’alphabet et les chiffres à ma fille de 3 ans. Je m’installais avec elle pour des classes d’une heure par vidéo en ligne. Ma femme et moi croyions que ce n’était pas suffisant quand les enfants sont habitués à apprendre toute la journée. Nous avons donc essayé d’en faire plus. J’ai constaté que les professeurs font vraiment un métier difficile et qu’ils ont beaucoup de patience avec les enfants ! Ce n’était pas facile même si nous avons eu du plaisir. Ma fille, dont la première langue est le coréen, a amélioré son alphabet. Ce fut une pause plaisante. »


Justin Thomas

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« J’ai créé ma routine et utilisé ma cour comme un gymnase chaque jour. Le club Medalist est resté ouvert par chance. Je pouvais donc jouer avec une personne en respectant les règles. En voiturette, on jouait en

deux heures et demie. Depuis un mois, c’était de la préparation. Et depuis deux semaines, mon père peut m’accompagner. Comme il est mon entraîneur, il a pu venir me rendre visite. »


Brooks Koepka

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« Ç’a été une pause bénéfique, car mon genou est maintenant plus fort. C’est beaucoup mieux que lors du Championnat des joueurs à Sawgrass, où je voyais que la situation s’était déjà améliorée. Mon élan est à point. Je contrôle mes trajectoires, les révolutions et les distances. Mon jeu court est bon. Je me sens honnêtement comme une nouvelle personne. » 


Dustin Johnson

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« Les six premières semaines, je n’ai pas touché à un bâton. J’ai passé du temps en famille et j’ai souvent pêché. Ces dernières semaines, j’ai travaillé très dur pour préparer mon jeu à ce retour. »

COVID-19 : Mesures de contrôle serrées   

► Premier test envoyé au domicile de chaque joueur et cadet. Permission de voyager s’il est négatif.

►Second test de dépistage réalisé à l’arrivée au parcours du tournoi. Permission d’entrée s’il est négatif. 

► Température prise chaque jour. Si des joueurs voyagent ensemble en jet privé, ils sont testés après chacune des rondes du week-end afin de recevoir le feu vert pour la prochaine destination.

► Chaque joueur peut être accompagné de son cadet et d’une seule personne (entraîneur, agent, membre de la famille, etc.). 

►Respecter la distance sociale de 6 pieds en tout temps et lieu, même avec les cadets.

► Le cadet transporte le sac, mais ne touche à aucune pièce d’équipement.

► Une seule personne par groupe peut toucher le fanion. Celle qui le retire de la coupe doit le remettre et le désinfecter.

►Dans les fosses, les cadets sont chargés de racler le sable et de désinfecter le râteau.

►Les joueurs sont priés de respecter la liste d’hôtels s’ils ne louent pas une maison. 

►Les joueurs doivent conduire leur véhicule de courtoisie pour se rendre au parcours.

► Accès contrôlés au vestiaire et aires communes dans le pavillon.

►En cas de test positif à la COVID-19, la personne est automatiquement mise en isolement. 

►Si un joueur est déclaré positif à la COVID-19 durant le tournoi, il se verra automatiquement octroyer la dernière position s’il a évité le couperet.

Dans le calepin...      

  • C’est le Texan Ryan Palmer qui aura l’honneur de frapper la première balle de ce retour sur le coup de 6 h 50 (7 h 50 au Québec) au jeu ce matin. Le golfeur de 43 ans habite la région de Fort Worth et il est membre du Colonial Country Club. Palmer a également collaboré au retour au jeu, lui qui siège au conseil des joueurs de l’Association de la PGA. « Ce retour sera un grand succès pour le circuit, nos partisans et le monde du sport. Nous avons besoin de sports en direct. C’est une semaine spéciale et importante pour le sport. »   
  • S’il parvient à défendre son titre avec succès au Colonial, ce que seul Ben Hogan a réussi depuis 1946, Kevin Na aurait gardé les clés de la voiture à l’enjeu. Mais il n’y en a pas cette année... L’an dernier, en empochant son chèque de 1,3 M$, il avait offert la rutilante Dodge Challenger 1973 bleutée à son fidèle cadet, Kenny Harms, en guise de cadeau pour leurs 10 années de complicité. « Je n’ai même pas eu l’occasion de la conduire ou d’avoir droit à une balade. Je suis très déçu, mais je sais que j’aurai un jour ma chance », a blagué Na, pince-sans-rire.    
  • Selon le quotidien Columbus Dispatch en Ohio, les spectateurs seraient admis au tournoi Memorial à Muirfield Village qui aura lieu à la mi-juillet en banlieue de Columbus. La foule serait limitée à 8000 personnes. Le gouverneur Mike DeWine, un républicain, a accepté la requête des organisateurs du tournoi afin d’accueillir 20 % de la foule habituelle. Il n’y aurait aucun gradin et des espaces d’observation seraient désignés. Les spectateurs devront porter des masques et on prendra leur température à l’entrée.    
  • Il n’y a pas que l’expérience des golfeurs qui changera dès jeudi matin sur le parcours. Celle des diffuseurs sera également différente. Le réseau CBS utilisera 23 caméras alors qu’il a coupé de moitié l’équipe de télédiffusion sur place. Ils seront neuf à travailler depuis Fort Worth. À l’antenne, le descripteur Jim Nantz sera seul dans sa tour au Colonial. Son collègue Nick Faldo fera l’analyse depuis Orlando, tout comme Ian Baker-Finch et Frank Nobilo. Dottie Pepper et Mark Immelman seront les seuls reporters sur le parcours à suivre l’action des groupes en vedette.   
  • Si la Coupe Ryder est disputée sur le splendide Straits de Whistling Straits au Wisconsin en septembre, le capitaine américain Steve Stricker pourra choisir six joueurs dans sa formation. Une mesure annoncée mercredi en raison de l’impact des tournois annulés sur le système de pointage.