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Fin de la prime COVID chez Olymel

D’ici la fin du mois, l’ajout de 2 $ de l’heure au salaire sera déjà chose du passé

Olymel - Prime
Photo Francis Halin Stéphane Bélenski, Robert Lapointe et Denis Boulager travaillent à l’usine d’Olymel de Sainte-Rosalie, en Montérégie. Ils sont en colère contre leur employeur, qui va leur enlever leur prime de deux dollars l’heure d’ici un peu plus de deux semaines.

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Les 10 000 travailleurs d’Olymel du porc, du poulet et du dindon digèrent mal qu’on vienne enlever leur prime COVID-19 de deux dollars l’heure avant la Fête nationale.

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« C’est un manque de respect. On travaille fort. On veut rester en santé et en sécurité. À 450, si quelqu’un attrape le virus ici, ça va se propager vite », a déploré Denis Boulanger, président syndical de l’usine Sainte-Rosalie.

Depuis le 23 mars, Olymel octroyait une prime de deux dollars l’heure à la majorité de ses travailleurs, dont le salaire avoisine les 20 dollars l’heure. 

Or, même si elle insiste pour maintenir ses mesures sanitaires pour éviter la propagation du coronavirus, Olymel coupera le robinet des primes fin juin.

« Les gars sont en furie. Ils sont parmi les plus à risque, et on s’en va leur enlever ça », a déploré le président de la Fédération du commerce (FC–CSN), David Bergeron-Cyr, qui représente 4500 salariés, dont sept syndicats d’usines et de l’entrepôt d’Olymel en colère contre cette décision.

Selon lui, les travailleurs doivent vivre avec des mesures sanitaires et de l’équipement de protection qui alourdissent leur travail. 

« Pendant ce temps, Olymel continue de s’en mettre plein les poches », ajoute M. Bergeron-Cyr.

Centaines de dollars

Mardi, à l’usine de Sainte-Rosalie, l’abolition passait de travers chez les employés choqués de voir leur chèque de paye baisser avant la Saint-Jean. 

« Ça va faire un bon 80 $ de moins par semaine dans nos poches », a soupiré Robert Lapointe, qui brasse de la viande pour faire des croquettes de poulet Flamingo depuis plus de 27 ans.

À deux pas de lui, son collègue opérateur-mélangeur Stéphane Bélenski s’inquiétait du message envoyé aux employés en pleine pandémie.

« S’ils l’enlèvent, le monde va ôter leur masque et leur visière. Il n’y aura plus de protection. Ça va planter solide », a-t-il lancé, en évoquant l’usine de Yamachiche, où certains travailleurs ont été aux soins intensifs.

Selon lui, Olymel a un double discours en coupant la prime tout en gardant les mesures sanitaires. Il refuse que son usine devienne une passoire après celle d’Unidindon, à Saint-Jean-Baptiste, ou de Cargill, à Chambly.

Olymel se défend

Jointe par Le Journal, Olymel a défendu sa décision par la bouche de son porte-parole Richard Vigneault. 

« Cette prime n’a jamais été annoncée comme permanente, mais temporaire pour la très grande majorité de nos employés », a-t-il martelé.

M. Vigneault a indiqué que les mesures sanitaires en place vont rester tant et aussi longtemps que les autorités de santé publique le recommanderont.

« Nous avons été heureux de la verser pendant une période de trois mois, un effort financier important », a-t-il conclu, en rappelant que l’entreprise dont le chiffre d’affaires dépasse les 3,7 milliards $ est dans un « marché compétitif ».


Olymel emploie plus de 14 000 travailleurs, dont 10 000 au Québec. Ses produits sont exportés dans une soixantaine de pays. Elle possède plus de 35 usines et centres de distribution.