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«Outré» des frasques d’André Boisclair

Le gouvernement a entrepris certaines vérifications

André Boisclair à sa sortie d’un centre opérationnel de la police de Montréal, le 29 mai.
Photo Maxime Deland André Boisclair à sa sortie d’un centre opérationnel de la police de Montréal, le 29 mai.

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«Outré» par le comportement d’André Boisclair alors qu’il occupait le poste de délégué général du Québec à New York, le gouvernement Legault entend faire toute la lumière sur cette histoire de drogue et de fréquentations douteuses.  

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L'ex-chef du Parti québécois a dû conclure une entente confidentielle avec Québec après une plainte relative à l’utilisation de drogue et la présence de jeunes dans son entourage à cette époque, a rapporté notre Bureau d’enquête, jeudi. Ces faits se sont déroulés pendant son court mandat, de 2012 à 2013.

La ministre des Relations internationales, Nadine Giraud, a demandé à ses fonctionnaires de procéder à des vérifications à ce sujet. 

«J’ai été plus que profondément troublée, j’ai été vraiment outrée, offusquée par ce que j’ai lu, si ça se confirme, évidemment», a-t-elle réagi, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.    

Mme Giraud insiste: la fonction de délégué du Québec à l’étranger commande un comportement exemplaire.   

  • Écoutez l'analyse de Jonathan Trudeau à QUB radio:   

«Vous êtes l’image, le représentant du Québec à l’étranger, le représentant de tous les Québécois et Québécoises à l’étranger, donc vous devez être digne, et j’irais même plus loin, vous devez être un modèle dans cette fonction-là!»

Le gouvernement est tenu de respecter certaines règles de confidentialité. N’empêche, François Legault assure tout de même que son gouvernement sera le plus transparent possible dans ce dossier. «On va faire les vérifications, on va regarder ce qu'il est possible de rendre public», a-t-il dit. 

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Une plainte, dit Lisée

Jean-François Lisée, ex-chef du Parti québécois et ex-patron d’André Boisclair, affirme avoir été informé d’une plainte «d’une employée mécontente», mais soutient ne pas avoir été mis au courant d’actes illégaux concernant l'ancien délégué du Québec à New York.

«Je n'ai jamais reçu, à aucun moment, d'informations concernant des actes illégaux ou potentiellement illégaux commis par M. Boisclair», a écrit Jean-François Lisée sur Twitter jeudi matin.

«Ministre, on m'a informé d'une plainte d'une employée mécontente, mais aucun comportement illégal ne m'a été signalé. Voilà», ajoute celui qui a occupé le poste de ministre des Relations internationales sous la gouverne de Pauline Marois.

«Choquant»

L’actuel chef du Parti québécois, Pascal Bérubé, juge que les informations rapportées jeudi ont un caractère «troublant, choquant [et] fort inquiétant».

«Je n’étais pas au courant d’une telle entente, bien que j’étais au gouvernement à l’époque, et je me limiterai à dire que la justice suivra son cours et monsieur Boisclair devra faire face à ses responsabilités», a-t-il dit en point de presse à l’Assemblée nationale.

«Il n’y a pas d’exception, pour personne», a-t-il lancé en ajoutant ne pas être opposé à la publication de l’entente de confidentialité, «si c’est ce que souhaite le gouvernement».

Omerta en politique

L’ex-péquiste et actuelle députée indépendante Catherine Fournier s’est remémorée ses premières années militantes au sein de la formation souverainiste. «J'avais à peine commencé à m'impliquer pour le PQ il y a une dizaine d'années que déjà, j'avais entendu des histoires tordues au sujet d'André Boisclair et de ses liens avec de jeunes militants, apparemment datées de l'époque de sa course à la chefferie», a-t-elle écrit sur sa page Facebook. 

Selon elle, c’est surprenant que ces rumeurs de comportements problématiques ne se soient jamais rendues dans les hautes officines du parti. Mais «l’omerta» règne au sein des partis politiques, si on en croit la députée Fournier. 

«Je ne blâme personne en particulier : le terme «systémique» serait approprié, dans ce cas aussi. On ne veut pas parler parce qu'on ne veut pas nuire à son parti. On ne veut pas parler parce qu'on ne veut pas nuire à ses chances d'avancer. Si l'un des nôtres est blâmé, c'est souvent toute l'équipe, au sens large, qui en subit les répercussions», écrit-elle.  

André Boisclair a quitté ses fonctions en septembre 2013 à la suite d’allégations de l’ex-député caquiste Jacques Duchesneau, qui avait établi un lien entre la consommation de cocaïne de M. Boisclair et l’octroi d’un contrat.

M. Boisclair a été arrêté et accusé d’agression sexuelle armée le 28 mai dernier. Les faits, qui n'ont pas de lien avec son séjour à New York, où il a représenté le Québec comme délégué général pendant moins d'un an, se seraient produits à Montréal en janvier 2012.


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