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La ligne Québec-Maine d’Hydro-Québec attaquée par les environnementalistes

Bloc Hydro-Québec, pylônes, pylone
Photo d'archives

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Attaqué sur un front par le lobby américain du gaz naturel, le projet de ligne Québec-Maine d’Hydro-Québec est maintenant assailli sur un autre, cette fois par des groupes environnementalistes.

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Le Natural Resources Council of Maine, l’une des plus importantes organisations écologistes de l’État, porte en appel l’approbation gouvernementale du projet piloté par la Central Maine Power (CMP) et Hydro-Québec.

À en croire Benn Bennett, un scientifique de l’organisme, cette ligne hydroélectrique de 233 kilomètres et de 1200 mégawatts, appelée New England Clean Energy Connect (NECEC), serait «l’un des projets les plus destructeurs de l’histoire du Maine».

«Pire, le Département de la protection environnementale de l’État a refusé d’analyser la question la plus importante, soit la validité des affirmations concernant l’impact du corridor sur les changements climatiques, dit-il. Le Département a aveuglément accepté les allégations trompeuses de CMP et a incorrectement déclaré qu’elles justifiaient les dommages massifs que le projet infligerait à l’ouest du Maine.»

Le projet est évalué à plus de 1 milliard $US (1,4 milliard $CA). Hydro-Québec et son partenaire CMP font valoir que le projet permettra d’alimenter une partie de la Nouvelle-Angleterre en énergie propre, et qu’il créera des milliers d’emplois dans le cadre de sa construction. 

Dommages permanents

L’organisme environnemental voit les choses autrement. Il craint la «fragmentation permanente de la plus grande forêt tempérée contiguë d’Amérique du Nord» et l’affaiblissement d’écosystèmes cruciaux pour la truite et les amphibiens. 

La majeure partie du projet suit des couloirs hydroélectriques existants, mais on devra tout de même percer un nouveau corridor à travers 85 kilomètres de nature sauvage.

«Au lieu de détruire les boisés boréaux du Maine pour que CMP et Hydro-Québec fassent des milliards de profits, le Maine devrait investir dans des projets locaux d’énergie propre qui réduiront la pollution et fourniront des emplois durables et bien rémunérés aux mains-d’œuvre», a déclaré l’avocate du groupe, Sue Ely.

Ces affirmations laissent «perplexe» Serge Abergel, qui dirige les efforts d’Hydro-Québec dans le Maine. «On est étonnés de voir un soi-disant groupe environnemental qui prend le partie de l’industrie gazière», a-t-il dit au Journal

Il rappelle que le NECEC a reçu tous les feux verts nécessaires de la part de l’État du Maine. Il reste deux autorisations fédérales, qui devraient survenir d’ici la fin de l’été. 

«On continue d’expliquer le projet aux gens du Maine. Ça reste un défi pour nous, il y a beaucoup d’efforts de nos compétiteurs pour faire circuler de fausses nouvelles sur l’électricité québécoise. Ils prétendent que notre électricité n’est pas propre», dit-il. 

Campagne référendaire

Le NECEC devait représenter le contrat le plus important d’Hydro à ce jour. Ses opposants ont toutefois suffisamment de signatures pour forcer la tenue d’un référendum sur la question lors des élections de novembre prochain. Ces groupes sont notamment financés par Calpine et Vistra, deux entreprises texanes qui détiennent des centrales au gaz naturel au Maine.

En date d’hier, la société d’État avait consacré un peu plus de 3 millions de dollars américains en publicités dans les médias locaux. 

Un comité financé par son partenaire Central Maine Power a, quant à lui, dépensé plus de 7 M$ US, après avoir injecté 2,3 M$ US (un peu moins de 3,2 M$ CA) au cours des derniers mois de 2019.