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La pandémie assombrit l’avenir économique des jeunes

La pandémie assombrit l’avenir économique des jeunes
AFP

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LONDRES | Pertes d’emploi, de pouvoir d’achat, de confiance en l’avenir: les jeunes payent chèrement la pandémie de COVID-19, qui pourrait donner naissance à une nouvelle «génération sacrifiée» économiquement, comme après la dernière crise financière. 

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La moitié des millénariaux (25-34 ans) et de la génération Z (18-24 ans) dans le monde ont déjà subi l’impact de la crise de la COVID-19 sur leur portefeuille, selon une étude du cabinet de conseil Kantar publiée en mai.

C’est le cas de Pierre, 26 ans, que la jeune entreprise londonienne spécialisée dans le recrutement qui l’employait depuis près d’un an a remercié le 23 mars, premier jour du confinement outre-Manche.

Lors d’un premier appel téléphonique le matin, la direction «explique la nouvelle organisation en confinement et précise qu’il ne faut pas s’inquiéter pour les licenciements, que les +choix+ éventuels interviendraient plus tard, après un mois ou un mois et demi», raconte-t-il à l’AFP.

«À 16 h, le président de la société m’écrit: “Faut qu’on s’appelle.” Je comprends tout de suite, ça a été assez brutal», poursuit-il. Environ 15% de l’effectif sera licencié ce jour-là.

Pierre est loin d’être un cas isolé au Royaume-Uni: 640 000 jeunes de 18 à 24 ans pourraient grossir les rangs du chômage cette année dans le pays, s’ajoutant aux 408 000 qui y sont déjà, d’après une évaluation du centre de réflexion Resolution Foundation.

Des chiffres corroborés par une enquête de l’Institute of Student Employers (ISE), qui montrent que plus d’un quart des entreprises réduisent le nombre de jeunes diplômés qu’elles recrutent cette année. Les stages sont également réduits de près d’un tiers, selon l’étude réalisée auprès de 124 sociétés.

«Partout, le confinement a renforcé les inégalités entre les travailleurs» et les jeunes et les moins qualifiés sont «souvent en première ligne» dans la lutte contre la pandémie, a constaté mercredi Laurence Boone, chef économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Quelques jours plus tôt, c’est l’Organisation internationale du Travail qui était venue souligner la précarité des jeunes à cause de la pandémie: selon une étude réalisée auprès des moins de 29 ans, un jeune sur six a arrêté de travailler depuis l’apparition de la COVID-19 et ceux qui ont conservé leur emploi ont vu leur temps de travail diminuer de 23%.

Coup au moral

S’ajoute un coup sévère au moral: selon l’étude Kantar, trois jeunes sur quatre s’attendent à subir à l’avenir les conséquences de la crise, plus que toute autre génération.

Les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables. Selon une étude de l’association britannique Young Women's Trust, 36% des jeunes femmes travaillent dans des secteurs touchés durement par les mesures de confinement comme la restauration, le commerce de détail, ou les industries du loisir et du tourisme, contre seulement 25% pour les jeunes hommes.

Ces secteurs sont également de grands pourvoyeurs d’emplois à temps partiel privilégiés par les étudiants.

«Tu te retrouves sans économies, sans argent, c’est assez angoissant», explique David, 35 ans, secouriste dans un club de natation à Madrid, mis au chômage partiel le 13 mars.

«Ce sont mes parents qui me donnent de l’argent jusqu’à ce que je touche les indemnités de chômage, car sinon je ne peux pas payer les factures, la nourriture, le loyer de ma place de garage», raconte-t-il à l’AFP. 

En Espagne, «pratiquement 50% de la destruction d’emploi qui s’est produite depuis le début de la crise s’est concentrée sur des personnes qui ont moins de 35 ans», a indiqué le ministre de la Sécurité sociale, José Luis Escriva.

Le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans atteignait 33% au premier trimestre 2020 dans le pays.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.