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Brésil: déforestation record en Amazonie en mai

Brésil: déforestation record en Amazonie en mai
AFP

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La déforestation continue de battre des records au Brésil, les dernières données officielles rendues publiques vendredi montrant les pires chiffres des annales pour un mois de mai et pour les cinq premiers mois de l’année. 

Les défenseurs de l’environnement avertissent que l’année 2020 est partie pour être la plus dévastatrice de tous les temps pour la forêt amazonienne, pire que 2019, quand la recrudescence des incendies avait choqué le monde entier.

« Nous sommes face à un scénario de catastrophe totale pour l’Amazonie », a déploré Mariana Napolitano, directrice scientifique de l’antenne brésilienne du Fonds mondial pour la nature (WWF).

D’après les données recueillies par satellite par l’Institut national de recherches spatiales (INPE), 829 km2 de forêt amazonienne ont été déboisés en mai, 12 % de plus que l’an dernier, la plus grande surface depuis le lancement de cette série statistique, en 2015.

Depuis le début de l’année, la déforestation a atteint plus de 2000 km2, 34 % de plus que sur la même période de 2019.

Ces données sont d’autant plus inquiétantes qu’elles ne prennent pas encore en compte la saison sèche, plus propice aux incendies, qui débute en juin.

L’Institut de recherches environnementales de l’Amazonie (Ipam) estime que 9000 km2 de forêt déjà déboisés pourraient partir en fumée d’ici le mois d’août.

Les incendies de forêt sont pour la plupart criminels, causés par des agriculteurs pratiquant le brûlis sur les zones déboisées pour pouvoir cultiver ou faire paître le bétail.

Les écologistes accusent le gouvernement du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, un climatosceptique notoire, de favoriser la déforestation en appelant à légaliser l’agriculture ou les activités minières dans des zones protégées.

« Le gouvernement a déjà montré son mépris total de l’environnement et de la vie des Brésiliens », a affirmé Cristiane Mazzetti, de Greenpeace, dans un communiqué.

Lors d’une réunion ministérielle fin avril, le ministre de l’Environnement Ricardo Salles avait affirmé vouloir profiter du « fait que la presse soit focalisée sur le coronavirus » pour « passer des réformes et assouplir les règles », notamment celles liées à la protection de l’Amazonie.

En raison de la crise sanitaire, les pouvoirs publics disposent de moins de moyens humains et financiers pour protéger l’environnement à cause de la pandémie, qui a déjà fait plus de 40 000 morts au Brésil.

Par ailleurs, une augmentation des feux de forêt pourrait causer davantage de troubles respiratoires et surcharger encore plus le système de santé.