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Spencer Moore vide son sac sur le dos de la LCF

Le joueur des Alouettes dénonce le manque de respect envers les athlètes

SPO-Les Alouettes vide leur casier
Photo d’archives Le centre-arrière des Alouettes Spencer Moore au moment de récupérer ses effets en novembre dernier après le dernier match.

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C’est le calme plat dans les négociations pour une relance dans la Ligue canadienne de football (LCF). Le commissaire Randy Ambrosie mentionne sur toutes les tribunes qu’il est optimiste de présenter une saison 2020. Toutefois, les joueurs commencent à taper du pied. 

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Le centre-arrière des Alouettes, Spencer Moore, a vidé son sac sur son compte Twitter jeudi après avoir reçu une note de l’Association des joueurs au sujet des derniers développements. Une opinion qui reflète la frustration de plusieurs joueurs de la LCF par rapport à la situation actuelle. 

« Ça me surprend encore de voir qu’il y a un manque de communication et d’ouverture entre les dirigeants de la LCF et l’association des joueurs et ses membres », a mentionné le numéro 80 des Alouettes.  

« On doit s’asseoir sur nos mains et attendre même si on se fait dire qu’il y en a une [communication]. »

Il en a ajouté une couche. 

« C’est alarmant de voir à quel point le produit [les joueurs] n’est pas respecté dans ce dossier. C’est triste parce que les joueurs comprennent les embûches (liées à la pandémie de la COVID-19), mais on n’est pas considérés.

« Comment ça se fait que nous ne soyons pas les premiers informés de ce qui se passe ? Des gens me posent des questions tous les jours. Ma réponse est la même : notre association des joueurs est ignorée. On est informés en même temps que le public. C’est ridicule. »

Comptoir de viande ?

Moore se souvient bien des propos des vétérans lorsqu’il est arrivé dans la LCF. Et ce n’était pas très flatteur. 

« Les vétérans m’avaient dit “bienvenue au comptoir à viande [meat market]”, en insinuant à quel point les joueurs n’ont aucune valeur aux yeux de la ligue, a-t-il rappelé. Je me rends compte aujourd’hui à quel point c’était révélateur.

« On fait constamment des concessions par rapport à nos carrières et à notre qualité de vie. On est perçus comme des morceaux remplaçables d’une machine. Par contre, ce manque de communication pourrait mener à la perte de pièces irremplaçables, nous, les joueurs. »

Il a précisé que tous ses propos sont dirigés à l’endroit de la LCF en entier et pas en direction de ses entraîneurs, des employés de bureau ou des dirigeants qu’il côtoie sur une base quotidienne. 

« C’est dommage de dire cela d’un boulot que j’aime faire depuis longtemps. Je me sens comme un numéro. Je sais que je suis un centre-arrière canadien et que je ne mets pas de spectateurs dans les gradins.

« Mais je sais aussi que j’ai un impact positif sur plusieurs personnes et ce que nous faisons compte pour ceux-ci. Ça compte pour les communautés partout au Canada. »  

Contacté par le Journal de Montréal, Moore persiste et signe. Il assume ses propos jusqu’au bout. 

«Il ne faut pas se tromper. J’aime jouer dans la LCF et ça fait sept ans que je le fais, a-t-il mentionné. Je ne veux surtout pas que les gens croient que je sous-estime la pandémie de la COVID-19. C’est du sérieux.»

Sur le chantier

Tous les joueurs de la LCF devaient recevoir un premier chèque de paye en mai à l’occasion du camp d’entraînement. Les joueurs canadiens et américains doivent trouver des façons de boucler leur budget familial. Moore est dans le même bateau. 

« Je travaille 50 heures par semaine pour une compagnie de paysagement pour me changer les idées et faire vivre ma famille. Lorsque j’aurai une idée plus précise de la date de notre retour au jeu, je vais reprendre l’entraînement de façon plus intensive.

«J’espère que la LCF prendra une décision bientôt. Pour ça, il faudrait qu’ils aient un plan. Pour le moment, ça ne semble pas le cas.»