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Condamnés à s’entendre

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Photo AFP Dans l’attente d’une saison de baseball, ces deux partisans des Mets se lancent la balle devant une entrée du Citi Field à New York.

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Le commissionnaire du baseball, Rob Manfred, et le président de l’Association des joueurs du baseball majeur, Tony Clark, doivent à tout prix trouver une solution pour ramener le baseball majeur en 2020. 

Pourquoi ? Parce que ça risque de crier fort. Les amateurs et surtout les partenaires publicitaires se fichent carrément de l’écart financier entre les deux parties. Dorénavant, s’ils ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente, les commanditaires majeurs analyseront sérieusement l’impact de leur image corporative lorsqu’ils s’associent au baseball.

Ils craindront la réaction de leurs consommateurs, qui pourraient leur reprocher d’appuyer des propriétaires milliardaires et des joueurs millionnaires qui ne sont pas aptes, dans un moment de crise sanitaire mondial, à trouver une solution à leurs problèmes. 

Division

Sans aucun doute, les deux groupes sont divisés même à l’intérieur de leur clan. Si jamais il n’y a pas de saison de baseball, chaque équipe subira en moyenne une perte financière d’au moins 60 millions $. Les équipes les plus riches pourraient perdre 150 M$ et plus.

Pourquoi autant d’argent ?

Le manque à gagner de la vente des billets, l’absence de revenus publicitaires, la perte des ventes dans les concessions alimentaires et les produits dérivés seront considérables.

Je crois que les Marlins de Miami, les Pirates de Pittsburgh et les Rays de Tampa Bay seraient prêts à sacrifier la prochaine saison. C’est l’inverse chez les Yankees de New York et les Dodgers de Los Angeles, qui ont des contrats de télévision fabuleux.

Le calendrier comporterait entre 50 et 82 matchs. Cette clause n’est pas la condition principale au retour du baseball. Les propriétaires tiennent mordicus à la présentation des séries d’après-saison et de la Série mondiale. 

Cette année, les droits de télévision pour les séries et pour la Série mondiale sont la source principale des revenus pour toutes les équipes. Les joueurs croient que la saison pourrait se terminer à la fin de novembre ou au début de décembre. Impossible d’y penser. Les grands réseaux diffuseront des matchs de football et de basketball. Cela signifie qu’il reste peu de temps d’antenne pour le baseball majeur. 

Optimiste pour une signature

Je suis optimiste pour une entente syndicale. Sauf que ma seule crainte est déchirante. Elle a déjà percé le cœur des partisans des Expos. En 1994, je croyais bien que la grève était pour durer à peine quelques jours. La saison ne s’est jamais terminée. Espérons que cette fois, l’état d’esprit des deux parties est de négocier, et non de se crêper le chignon.

La convention collective se termine après la saison 2021. S’il n’y a pas d’entente entourant le retour du baseball cette année, je ne peux envisager la possibilité de voir le commissionnaire du baseball, Rob Manfred et le président de l’Association des joueurs du baseball majeur, Tony Clark, à la même table de négociation pour la nouvelle convention collective.

Est-ce possible de même s’imaginer les voir amorcer des discussions après avoir failli lamentablement à la tâche quelques mois auparavant ?

Leur crédibilité serait démolie aux yeux des partisans, des joueurs et des propriétaires. Messieurs Manfred et Clark doivent trouver un terrain d’entente sinon... bonsoir, ils seront partis !

Équipes de réserve

Pendant une saison, on retrouve toujours des joueurs sur la liste des blessés. Quel moyen trouveront les propriétaires pour les remplacer lorsque la saison s’amorcera ?

La solution est simple. On discute présentement de la possibilité d’ajouter à chaque formation une vingtaine des meilleurs joueurs de leur réseau de filiales, dans le contexte d’une équipe de réserve. Ces joueurs pourraient remplacer un régulier blessé. Les joueurs en question s’entraîneront sur le site du camp d’entraînement de leurs équipes respectives. 

Il y aura aussi un autre regroupement de joueurs qui ne pourra pas se joindre à la formation majeure. Une trentaine des meilleurs espoirs de chacune des équipes participeront à un camp de perfectionnement tout au long de l’été afin de peaufiner leur jeu.  

Québec et Trois-Rivières

Les ligues de baseball mineur fondent aussi rapidement que les glaciers en Alaska. En 2021, le baseball majeur à l’intention d’abolir 42 équipes affiliées. Vingt-huit de ces équipes composent les ligues d’été : des recrues et du niveau inférieur de la classe A. Les autres formations qui disparaîtront sont issues des catégories AA et AAA. Le raisonnement derrière cette décision, c’est que les dirigeants croient qu’en regroupant les meilleurs espoirs, leur développement sera meilleur. Plus de 400 joueurs des ligues mineures seront congédiés d’ici la fin de juin. D’ailleurs, les Yankees viennent de mettre un terme à leur association avec 45 joueurs. Il n’y aura pas de baseball mineur en 2020, sauf pour les ligues indépendantes. Bonne nouvelle pour Trois-Rivières et Québec, car il y aura beaucoup de joueurs disponibles pour compléter leurs effectifs.