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Encore un peu de PCU?

Justin Trudeau a avancé la possibilité que certains Canadiens puissent bénéficier de la prestation, et d’autres non. Comment va-t-on décider qui 
a besoin de cet argent et qui peut, légitimement et en toute sécurité, retourner sur le marché du travail ?
Photo AFP Justin Trudeau a avancé la possibilité que certains Canadiens puissent bénéficier de la prestation, et d’autres non. Comment va-t-on décider qui a besoin de cet argent et qui peut, légitimement et en toute sécurité, retourner sur le marché du travail ?

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Justin Trudeau n’écarte pas la possibilité de prolonger la Prestation canadienne d’urgence (PCU) au-delà des 16 semaines cumulatives. Est-ce une bonne idée ?

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Le directeur parlementaire du budget estime qu’il en coûterait 64 milliards $ supplémentaires pour ajouter des semaines de PCU (avec ou sans fraude ?). On se rappelle la panique autour du déficit record de Stephen Harper lors de la crise financière.

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Il ne fait aucun doute que c’était de la petite bière comparativement à ce que 2020 nous réserve : on est déjà à environ 260 milliards $. 

Mais hey, c’est pas grave, on traversera le pont quand on sera rendu à la rivière. Pour se noyer dedans.

Rien n’est gratuit

Rappelons-nous ce qu’était la PCU au départ : une mesure d’URGENCE pour éviter le débordement des hôpitaux. Fallait aplatir la courbe. Sauf que là, elle est aplatie.

Soyons bons joueurs. Si le gouvernement reconduit la PCU, c’est forcément qu’il a un objectif précis. 

Qui veut-on ramener sur le marché du travail ? 

À quel moment ? La coupure ne peut pas se faire d’un coup. Ça prend un plan de transition. La PCU doit être dégressive pour encourager le travail.

Si on continue à donner 2000 $ par mois aux contribuables en plus de leur donner le droit de gagner 1000 $ à côté, ceux-ci vont être « pris » entre deux chaises, celle du bureau et celle, beaucoup plus confortable et logique financièrement, de la salle à manger.

Il faut bien aider le monde, vous dites-vous. Vrai. Il faut aider le monde. 

Mon feed Facebook est rempli d’humains remarquables et travaillants qui ont perdu leur emploi ou sont dans l’impossibilité de l’exercer sans être admissibles à l’assurance-emploi. 

De toute façon, cette assurance équivaut à 55 % de la rémunération hebdomadaire moyenne assurable pour la plupart des contribuables. Des peanuts.

Qu’est-ce qu’on fait des laissés-pour-compte ? On leur dit de s’arranger avec leurs troubles ou d’aller cueillir des fraises ?

Ce qui m’amène à poser une question pas plaisante : est-ce que travailler dans son domaine est un droit immuable en ce moment ? Peut-on mettre notre profession de côté pour un temps ?

Question subsidiaire (pas plus plaisante) : on a eu quatre mois de PCU, qu’est-ce qu’on a fait pendant ce temps ? A-t-on envisagé un plan b ? 

Si ce plan, c’était d’attendre la fin de la pandémie, c’était pas très réaliste.

À la carte

Justin Trudeau a avancé la possibilité que certains Canadiens puissent bénéficier de la prestation, et d’autres non. Comment va-t-on décider qui a besoin de cet argent et qui peut, légitimement et en toute sécurité, retourner sur le marché du travail ? 

Il y aura certainement une hiérarchisation des professions très subjective qui pourrait s’opérer.

Très difficile de tracer une ligne. Et il y aura forcément des cas d’exception. La PCU à la carte semble une solution difficile à appliquer.

On ne pourra pas s’accrocher aux mamelles du gouvernement éternellement. 

Et on commence à manquer de lait.