/opinion/columnists
Navigation

Brève lettre à François Legault

Coup d'oeil sur cet article

Monsieur le premier ministre,

On vous a beaucoup parlé, ces jours-ci, de l’agrandissement du cégep Dawson, auquel vous refusez de vous opposer. Plus encore, vous y êtes favorable. Pourtant, les données sont incontestables.

L’élargissement de Dawson est à la fois une cause et un symptôme de l’effondrement du système collégial francophone sur l’île de Montréal, comme l’a démontré à maintes reprises le chercheur indépendant Frédéric Lacroix.

Nationaliste

Vous vous dites nationaliste et je vous crois. Ce n’est pas qu’une posture, chez vous. J’irais jusqu’à dire qu’au fond de vous-même, vous demeurez attaché à l’indépendance. Vous n’êtes pas un souverainiste caché, certes, mais un souverainiste refoulé.

Il y a eu une mue lors de votre prise du pouvoir. Vous avez traduit avec la loi 21 une aspiration profonde des Québécois. C’était un geste important. Ça ne saurait être le seul.

La question linguistique est au cœur de notre histoire. Aujourd’hui, Montréal s’anglicise à une vitesse folle. La jeune génération, surtout celle qu’on dit de la « loi 101 » a beau passer par les écoles françaises, le français s’impose de moins en moins comme sa langue commune.

Un nationaliste québécois, aujourd’hui, doit prendre au sérieux l’anglicisation de Montréal, de Laval et des deux rives. Car viendra un jour où la tendance sera tellement forte qu’elle deviendra irrésistible. Montréal, notre métropole, est déjà engagée, d’ailleurs, dans ce processus de partition fondé sur le rejet du fait français et de l’identité québécoise.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Montréal

Un nationaliste québécois ne peut tolérer cela, quitte à rompre pour un temps avec ses amis de la bourgeoisie qui considèrent que l’État québécois doit financer à même les fonds publics notre assimilation et qui croient la promotion du français contradictoire avec les exigences de la prospérité.

Il est temps, Monsieur le premier ministre, de nous rappeler que vous ne vous contentez pas d’un nationalisme de façade.