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L’identité d’une comptable et de ses clients est volée

Elle dénonce l’inaction d’Ottawa pour prévenir des fraudes de la PCU

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits La comptable Catherine Charbonneau a vu son identité et celles du quart de ses clients être volées par un fraudeur de la PCU.

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Une comptable de la Rive-Sud dont l’identité et celles de bon nombre de ses clients ont été volées par un habile fraudeur dénonce l’inaction d’Ottawa lorsqu’elle a signalé la situation.

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« C’était l’enfer comme on ne peut pas imaginer, déplore Catherine Charbonneau. Mardi, c’était un client après un autre qui se faisait frauder. Combien d’argent de Prestation canadienne d’urgence [PCU] volé on aurait pu sauver si le gouvernement avait agi dès le départ ? »

Elle ignore si elle a été ciblée spécifiquement parce qu’elle est comptable. Elle précise toutefois qu’elle a été victime des fuites de données personnelles survenues dans la dernière année autant chez Desjardins, Revenu Québec que Capital One. 

Elle a remarqué que quelque chose ne tournait pas rond le 4 juin. Le fraudeur avait réussi à lui voler sa ligne téléphonique. Grâce à ça, il a pu recevoir tous les textos permettant de confirmer des changements de mots de passe dans ses comptes, dont ses courriels et son profil Equifax, et ainsi avoir accès à des informations sensibles.

Il a fallu plus de sept heures avant de retrouver le contrôle de sa ligne cellulaire, mais le mal était fait. 

Désintérêt

« Quand je l’ai signalé à l’Agence du revenu du Canada (ARC), la personne au bout du fil avait l’air de s’en foutre. Je disais de mettre tout de suite des mesures de protection pour mes clients avant que la fraude se fasse, et eux me répondaient : “ça ne fonctionne pas comme ça” », s’étonne-t-elle. 

Les préposés de l’ARC lui ont indiqué que c’était plutôt à chacun de ses clients d’appeler pour demander plus de protection.

« J’ai donc perdu un temps fou à appeler tout le monde et à leur expliquer ce qui se passait. Heureusement, tout le monde a été bien compréhensif, mais pendant ce temps-là, mes clients étaient à la merci du fraudeur », souligne la comptable. 

Le fraudeur a pu voler l’identité d’une quarantaine de ses 120 clients. Dans des cas, il a réussi à faire des demandes pour la PCU en leur nom et a changé les numéros de compte pour le dépôt direct. Il s’est donc enrichi de plusieurs milliers de dollars. 

« Pendant que j’expliquais tout ça, [...]je me sentais comme dans Les 12 travaux d’Astérix. Je devais me battre contre une grosse machine bureaucratique qui ne voulait rien faire », raconte Mme Charbonneau. 

« Mine d’or »

Après que Le Journal eut contacté l’ARC au sujet de la situation, la comptable a reçu vendredi des nouvelles encourageantes. 

« On m’a demandé d’envoyer la liste de tous mes clients afin qu’ils soient mieux protégés. [...] Je leur ai dit de faire des changements au plus vite, car c’est clair que dans les années à venir, d’autres professionnels comme moi seront visés par la fraude. On est une mine d’or pour eux », soutient Catherine Charbonneau.

L’ARC n’a pas été en mesure de réagir.