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Deux noms indissociables

Des couvre-visages aux couleurs de Ferrari ont été conçus par la veuve de Gilles Villeneuve

GEN - JOANN VILLENEUVE MASQUE ET FERRARI
Photo Martin Alarie Joanna Villeneuve a conçu des couvre-visages à l’effigie du Club Ferrari.

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En l’espace de quelques minutes, le stationnement désert d’un restaurant de Boucherville a repris vie dimanche quand près de 40 rutilantes Ferrari s’y sont garées.

Le chapitre québécois du Club Ferrari des Amériques a profité de l’occasion pour réunir ses membres en ce dimanche où le Grand Prix du Canada, n’eût été la pandémie, aurait été disputé au circuit Gilles-Villeneuve.

« C’est notre clin d’œil à la F1, a dit le président du regroupement, Joe Renda. Et quand on pense à Ferrari, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour Gilles Villeneuve. Nous, on aime Villeneuve, les Ferrari et évidemment la sauce aux tomates.

« Gilles est toujours dans nos cœurs. Et moi, je suis privilégié d’avoir toujours en ma possession un modèle 308 semblable à celui qui a servi à une publicité où le pilote québécois vantait la carte American Express. »

Les plus vieux se souviendront de cet extrait de son message : « Vous me reconnaissez... La carte American Express ne me laisse jamais tomber en panne. »

Joanna Villeneuve, Luc Poirier (deuxième à gauche), propriétaire d’une Ferrari baptisée LaFerrari 2014, dont la valeur est estimée à 4,5 millions de dollars, Joe Renda, président du chapitre québécois du Club Ferrari des Amériques, et James Upton (dernier à droite), qui a récemment pris possession de la plus récente des Ferrari, la 488 Pista 2020, se sont donnés rendez-vous hier à Boucherville.
Photo Martin Alarie
Joanna Villeneuve, Luc Poirier (deuxième à gauche), propriétaire d’une Ferrari baptisée LaFerrari 2014, dont la valeur est estimée à 4,5 millions de dollars, Joe Renda, président du chapitre québécois du Club Ferrari des Amériques, et James Upton (dernier à droite), qui a récemment pris possession de la plus récente des Ferrari, la 488 Pista 2020, se sont donnés rendez-vous hier à Boucherville.

Joanna, l’ambassadrice

Le Club Ferrari a le privilège de compter sur la contribution de Joanna, la veuve de Gilles, qui a accepté un rôle d’ambassadrice.

« Ferrari est ma maison a-t-elle raconté en entrevue au Journal de Montréal. Les membres de cette organisation sont tellement passionnés, comme l’était Gilles. Ce sont deux noms indissociables. »

Or, elle a choisi de faire sa part pour contrer la COVID-19 en fabriquant des couvre-visages aux couleurs du Club Ferrari, elle qui a une école de stylisme et modélisme.

« J’ai commencé la production il y a quelques semaines à peine, a-t-elle indiqué. Je suis très disciplinée en cette période de crise pour respecter les consignes sanitaires. »

Joanna a quand même accepté, le temps de quelques secondes et en maintenant la distanciation physique, de retirer son masque pour la photo d’usage.

« Tous les profits de la vente des masques seront versés à une œuvre de charité, a-t-elle précisé. Je sais que le Club Ferrari organise des activités au profit des enfants malades. C’est pour une bonne cause. »

La mémoire de Gilles

Alors que Montréal aurait vibré cette semaine au rythme du Grand Prix du Canada, Joanna avoue ne pas être surprise que le nom de son défunt époux alimente toujours les conservations un peu plus de 38 ans après son décès tragique à Zolder, en Belgique.

« Gilles est resté une mémoire vivante, a-t-elle dit. Les gens qui me reconnaissent dans la rue me parlent encore de lui. »

Et sa relation avec Enzo Ferrari ?

« Gilles représentait pour lui le pilote par excellence. Ils étaient complices à plusieurs niveaux. »

Sa décision de recruter un petit gars de Berthierville plutôt inconnu avait été décriée à l’époque, particulièrement par les journalistes spécialisés en Italie, mais les exploits sur la piste du « Petit Prince » lui ont donné raison. Encore aujourd’hui, ces mêmes personnes n’hésitent pas à le décrire comme l’un des pilotes les plus spectaculaires de l’histoire de la Formule 1.

« À Monaco ou à Jarama en 1981 [ces deux dernières victoires en F1], a souligné Joanna, ce n’est pas la voiture qui a gagné, mais le pilote. C’est lui qui faisait la différence. »

Joanna se souvient que la voiture de route prêtée à Gilles pour ses déplacements ne parvenait pas toujours à résister à ses coups de volant mémorables.

« Il réclamait à Enzo de remplacer les pièces parce qu’elles n’étaient suffisamment solides à son goût, de rapporter Joanna. Et il l’écoutait. »