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Difficile pour les boutiques en centres commerciaux

C’est loin d’être la folie pour les magasins qui ont rouvert depuis deux semaines

Commerces
Photo Erika Aubin Aux Galeries Saint-Hyacinthe, certaines boutiques, dont David’s Tea, étaient toujours fermées malgré l’autorisation de rouvrir.

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Des commerçants installés dans des centres d’achat avouent que la rentabilité est difficile, voire impossible à atteindre, en raison d’une baisse d’achalandage marquée malgré leur réouverture il y a deux semaines.

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« On ne fait plus aucun profit et on n’en fera pas avant deux, trois ans », pense le président de Stylo.ca, Guy Filion.

Dans sa boutique de Laurier Québec, il estime que l’achalandage a fondu de moitié par rapport à l’an dernier. Par contre, l’entreprise est présente sur internet où les ventes ont bondi de 60 %, ce qui lui fait dire que « si tu n’as pas de web, tu es mort ».

De son côté, Christian Hamelin, propriétaire des magasins Le Chapelier, parle de ventes qui se situent entre 50 et 60 % de ce qu’elles étaient il y a un an dans ses boutiques en centres commerciaux.

Selon lui, « ça va prendre encore de l’aide gouvernementale pour les loyers », au moins jusqu’à l’automne.

Olga Arevalo.
Gérante de la 
Bijouterie Cathy
Photo Erika Aubin
Olga Arevalo. Gérante de la Bijouterie Cathy

Depuis la réouverture des Galeries Saint-Hyacinthe, en Montérégie, Olga Arevalo, gérante à la Bijouterie Cathy, constate que les gens qui flânaient dans les centres commerciaux ont déserté, tout comme certains clients. 

« La situation est difficile. Notre clientèle habituelle n’est pas revenue. L’économie ne va pas bien et je crois que des gens coupent sur les achats tels que les bijoux, qui sont un luxe », souligne-t-elle.

Moins d’heures ou encore fermés

Elle a dû réduire les heures d’ouverture de sa boutique. 

« J’ouvre vers 11 h le matin. Les jeudis et vendredis, je ferme à 18 h. Ça ne vaut pas la peine de rester plus tard, il n’y a personne », se désole-t-elle. 

Par ailleurs, Le Journal a constaté que de nombreux magasins, appartenant parfois à des chaînes qui vivent des difficultés financières, comme Reitmans ou La Senza, sont toujours fermés.

Clients étrangers

La fermeture des frontières a également un impact sur l’achalandage de certains commerces.

« Je sers beaucoup de travailleurs agricoles mexicains. Ils achètent des bijoux pour offrir en cadeau à leur famille. Mais cet été, je ne les ai pas vus. J’imagine qu’ils n’ont pas pu venir travailler au Canada », raconte Olga Arevalo.

Même son de cloche pour ceux qui ne sont pas dans un centre d’achat, comme la friperie Raymond IV, à Montréal.

« Le quartier Hochelaga était en effervescence. Il y a beaucoup de touristes qui se louaient par exemple un Airbnb dans le coin », rapporte la copropriétaire Rose-Anne Dubé. 

Elle perdra donc cette clientèle pour la saison estivale.