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Una Maison-Blanche pas si blanche

<strong><em>La Maison-Blanche face à des dictatures amies en péril</em><br>Victor A. Béliveau</strong><br>Les Presses de l’Université de Montréal
Photo courtoisie La Maison-Blanche face à des dictatures amies en péril
Victor A. Béliveau

Les Presses de l’Université de Montréal

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La Maison-Blanche, à Washington, l’Élysée, à Paris, le 10, Downing Street à Londres, le Kremlin, à Moscou, autant de lieux connus du pouvoir politique. Ce qui s’y passe à l’intérieur n’est pas nécessairement connu du public. S’y jouent les destinées de plusieurs nations, des alliances se tissent et se défont, des décisions s’y prennent qui peuvent changer la face du monde.  

Victor Béliveau a choisi de retenir, parmi les dictatures amies de Washington, six cas particuliers : Fulgencio Batista à La Havane en 1959, Mohammad Reza Pahlavi à Téhéran en 1979, Mobutu Sese Seko à Kinshasa en 1991, Suharto à Jakarta en 1998, Ilham Aliyev à Bakou en 2005 et Hosni Moubarak au Caire en 2011, correspondant à trois conjonctures historiques différentes : guerre froide 1948-1989, nouvel ordre mondial 1989-2001 et post-11 septembre 2001 jusqu’au lendemain du Printemps arabe de 2012.

Pourquoi un président des États-Unis, républicain ou démocrate, soutient un dictateur et décide d’abandonner l’autre, malgré les liens évidents d’amitié ? se questionne-t-il. « Notre hypothèse, répond-il, est que ces décisions sont avant tout fondées sur un calcul lié à la recherche constante de la conservation maximale de l’influence acquise (CMIA), permettant de décrypter cette apparente contradiction. » C’est-à-dire que même si cela peut paraître contradictoire, la Maison-Blanche base, avant tout, sa politique étrangère sur cette CMIA.

C’est une simple question de calcul politique. Si un dictateur ami perd le contrôle de son pays pour x raisons (à la suite de grèves massives, d’un soulèvement militaire, de manifestions violentes, etc.), Washington peut décider de le laisser tomber s’il lui trouve rapidement un remplaçant qui lui permettra de conserver son influence et de maintenir intacts les traités militaires et économiques. Ce n’est pas le régime dictatorial qui est remis en question, c’est le dictateur lui-même, précise l’auteur. Dans de telles conditions, les États-Unis peuvent abandonner le dictateur ami déchu à son sort et même lui refuser l’asile politique. Comme disait un politicien britannique du XIXe siècle, en politique, il n’y a pas d’alliés permanents ni d’ennemis permanents, il n’y a que des intérêts permanents.

Cette stratégie de la CMIA permet d’éviter aux États-Unis d’intervenir directement et militairement dans un pays sous influence, comme ils l’ont fait au Panama (1989) et dans l’île de la Grenade (1983). Béliveau a inventorié toutes les occasions, de 1948 à 2012, où « la Maison-Blanche a dû se prononcer sur l’arrêt ou la continuation de son appui à l’égard d’un dictateur ami confronté à un soulèvement interne », pas moins de 45 cas ! Un travail inusité et exemplaire.

Le cas de Cuba

L’auteur rappelle que les États-Unis se sont intéressés depuis longtemps à Cuba, qu’ils ont tenté d’acheter à l’Espagne à plusieurs reprises au XIXe siècle. Après avoir obtenu de longue lutte son indépendance, en 1898, Cuba est tombée sous l’emprise américaine. « Durant les vingt années qui suivirent, les États-Unis intervinrent quatre fois (en 1906, 1909, 1912 et de 1917 à 1922) sur le territoire de Cuba pour rétablir l’ordre et préserver leurs intérêts économiques. L’arrivée de Batista au pouvoir, à la suite d’un coup d’État, faisait l’affaire de Washington, car elle assurait la CMIA. Mais cette lune de miel fut de courte durée. La guérilla menée par Fidel Castro et ses barbudos progressait sans que l’armée batistienne ne puisse l’arrêter. Comme Fidel était des plus populaires, le 14 décembre 1958, Washington abandonna Batista puis chercha à amadouer Fidel, minimisant son discours anti-impérialiste. La Maison-Blanche reconnut rapidement le nouveau gouvernement provisoire. Mais le vin tourna au vinaigre : « À peine six mois après la visite du premier ministre cubain à la Maison-Blanche, Eisenhower approuva un plan proposé par le département d’État pour soutenir les groupes anticastristes à Cuba et aux États-Unis et favoriser le renversement éventuel de Castro. » Ce combat d’arrière-garde dure encore aujourd’hui.

Les chapitres sur l’Iran et la chute du shah, le Zaïre (ex-Congo belge) avec le corrompu Mobutu « le léopard de Kinshasa », l’Indonésie du sanguinaire Suharto, l’homme fort de Jakarta, l’Azerbaïdjan après l’implosion de l’URSS, et l’Égypte de Moubarak, l’homme à la main de fer, sont tout aussi captivants. Les nouveaux scénarios en cours au Venezuela, en Bolivie et au Honduras s’inscrivent tous dans cette recherche constante de la CMIA à laquelle Trump participe activement. 

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