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Annie Guglia «skate» sans pression

Annie Guglia «skate» sans pression
PHOTO COURTOISIE / ARIANNE BERGERON

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(Sportcom) – Il y a quelque temps, on pouvait espérer voir Annie Guglia faire partie des premiers athlètes de planche à roulettes à prendre part aux Jeux olympiques, à Tokyo cet été. En juillet, c’est plutôt dans un «skatepark» de Montréal que vous pourriez la suivre en action, où elle roulera pour le plaisir. 

«Ça faisait presque deux ans que je faisais juste m’entraîner pour des compétitions. Je me suis dit que j’allais apprendre de nouveaux trucs, mais au "skatepark", je n’ai pas une liste de choses ou de manœuvres à pratiquer. Je vais finir par y revenir et à skater de plus gros obstacles, mais pour l’instant, je prends ça quand même mollo», dit-elle.

Lorsque la COVID-19 a forcé l’annulation de compétitions, d’abord en Asie, puis en Amérique, elle était sur une lancée. Avec moins d’une dizaine de rendez-vous avant les JO, elle était la Canadienne la mieux classée et en bonne position pour obtenir sa place, occupant le 33e rang du classement de qualification olympique de l’épreuve de «street». Aux Championnats du monde en septembre dernier au Brésil, Guglia a atteint les quarts de finale.

«Au début (du confinement), c’était super stressant! Le processus de qualification n’était pas fini», se souvient-elle, en indiquant qu’elle avait ressenti autant de désespoir que de soulagement quand le Comité olympique canadien avait annoncé ne pas envoyer de délégation au Japon si les Jeux avaient lieu aux dates prévues.

Annie Guglia «skate» sans pression
Photo d'archives, Agence QMI

«J’étais en forme, ça allait super bien. J’avais de bonnes chances, mais ça n’avait pas de bon sens d’essayer de s’entraîner à un niveau international dans notre salon.»

Le début du déconfinement a certainement réjoui les adeptes de la planche, qui sont souvent nombreux à s’attaquer aux rampes des parcs de la métropole. Le sport a même fait de nouveaux adeptes en ces temps de pandémie.

«Même avant que les "skateparks" rouvrent, beaucoup de gens sont allés s’acheter des "skates" parce que c’est un sport que tu peux pratiquer devant chez toi. Il y a bien des parents qui ont commencé à faire du "skate" avec leurs enfants en quarantaine», dit Annie Guglia, qui essaie tout de même d’éviter les endroits où se rassemblent des dizaines de personnes.

La Montréalaise privilégie les sorties matinales, ou à l'extérieur de la métropole, afin de pratiquer ses manœuvres en respectant la distanciation sociale. Et avant d’avoir le droit d’aller dans les «skateparks», elle s’était même construit des obstacles de «skate» dans un stationnement abandonné pour rester à l’écart.

Depuis le début du confinement, elle s’est assurée de ne pas prendre de risques et d’éviter de se retrouver à l’urgence.

«Je ne voulais pas me blesser en pleine crise alors qu’ils avaient peur de ne pas avoir assez de personnel dans les hôpitaux. La dernière chose que je voulais dire c’est: je me suis cassé le bras parce que je suis allée faire du "skate".»

En temps de pandémie et durant cette année de compétition bouleversée, Annie Guglia peut toujours compter sur sa planche. Elle ajoute aussi que bien que ce soit une discipline individuelle, il existe une communauté «tissée serrée» dans ce sport.

«Dans ma vie, quand je vais très bien, j’ai le goût d’aller "skater". Quand ça ne va pas bien, je m’en vais "skater" pour me changer les idées. Pour moi, c’est une échappatoire, tant pour le positif que pour le négatif», dit-elle.