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Ce qui se passe à Vegas...

Penguins c. Canadiens
Photo Martin Chevalier Max Domi et le Canadien affronteront les Penguins en ronde préliminaire des séries à Las Vegas.

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Ainsi donc, le Canadien et les Penguins de Pittsburgh s’affronteront dans une série 3 de 5 à Las Vegas.

Toutes les équipes de l’Est joueront à Vegas et les équipes de l’Ouest, y compris les Golden Knights, compétitionneront dans l’Est, possiblement à Toronto, si jamais Justin Trudeau cède aux pressions des décideurs de l’organisation des Maple Leafs, du gouvernement de l’Ontario et du maire de Toronto.

Mais attention, les Maple Leafs tenteront d’éliminer les Blue Jackets de Columbus... à Vegas.  

Donc, Carey Price ira « all-in », Sidney Crosby tentera le grand coup à la roulette. Tout ça en l’espace d’une semaine puisqu’on disputera les quatre premiers matchs de la série, si un quatrième match est nécessaire, donc, quatre matchs en cinq jours. Tout ce qui se passera à Vegas, sortira de Vegas.

Cependant, les télédiffuseurs, dont les marchés les plus attrayants sont dans l’est des États-Unis et du Canada, n’apprécieront sûrement pas l’horaire des matchs... par exemple la possibilité de voir le Canadien face aux Penguins à 19 h 30 heure de Vegas ou 22 h 30 à Montréal.

Imaginez un instant : si on dispute quatre matchs par jour pour respecter un horaire répondant aux attentes des télédiffuseurs, ceux qui paieront la facture, à quelle heure disputera-t-on le premier match de la journée et à quelle heure disputera-t-on le dernier match de la journée ?

Pression

Entre-temps, avec un calendrier aussi chargé, avec peu de temps pour retrouver la forme, comment réagiront les patineurs ? Comment s’adapteront-ils à une compétition disputée dans un amphithéâtre... vide ? Le spectacle sera-t-il aussi enlevant
que celui qu’on présente dans des conditions normales ?

Imaginez un instant : tu marques un but. Il n’y a aucune réaction provenant des amateurs qui, habituellement, pendant les séries éliminatoires, se font encore plus bruyants.

Comment réagiront les joueurs qui carburent à la pression exercée par les amateurs ?

L’intensité qui fait des séries éliminatoires le moment le plus captivant de la saison va-t-elle s’amenuiser ?

Au cours des dernières semaines, des spécialistes se sont prononcés sur le sujet. Des experts du comportement devant l’adversité et des spécialistes du monde du sport, sans dire qu’ils sont plongés dans l’inconnu, ont néanmoins du mal à porter des conclusions sans entretenir des doutes.

Par exemple, les joueurs qui éprouvent des difficultés à composer avec la pression, dans un amphithéâtre désert, seront-ils meilleurs ? Possible, dit-on.

Cependant, les joueurs qui excellent quand l’enjeu est grand n’y voient aucun problème. Ils soulignent que la compétition aura les mêmes conséquences en fin de compte. Tu dois gagner peu importe les circonstances, peu importe dans quelles conditions tu dois effectuer ton boulot.

Spectateurs ou pas, tu dois être meilleur que ton rival. Pour le reste, il n’y a que des ajustements à apporter.

Intensité

L’atmosphère des séries éliminatoires, l’engouement d’une ville impliquée dans la compétition, les partisans qui participent à l’événement de bien des façons, les joueurs ne vivront pas cette expérience unique.

Sauront-ils compenser en déployant une intensité à son plus haut niveau ?

Pour atteindre le sommet, disent les meilleurs patineurs, il faut être : 

  • disciplinés et bien concentrés; 
  • ne pas accepter les demi-mesures, mais accélérer le tempo en tout temps; 
  • gagner les batailles un contre un, démontrer de la créativité dans le déploiement des actions.  

Et, tout ça se produit sur la patinoire... que l’amphithéâtre soit rempli... ou vide.

Ce sont les joueurs qui créeront les scénarios chaque soir.  

Mais pour une rare fois, Vegas dérogera à son slogan. Ce qui se passe à Vegas reste à Vegas.