/finance/business
Navigation

De la gastronomie à la cantine

De la gastronomie à la cantine
Photo Agence QMI, Olivier Jobin

Coup d'oeil sur cet article

BROMONT | Pour survivre à la crise, les deux propriétaires du restaurant Chardo, à Bromont, troquent l’offre gastronomique pour la cantine de quartier avec un service au comptoir. 

«Oui, c’est stressant et c’est l’inconnu, mais pas plus que d’être complètement fermé», lance d’entrée de jeu l’une des propriétaires, Amélie Dubé-Ringuet.

Les propriétaires Amélie-Dubé-Ringuet et Anthony Mesko
Photo Agence QMI, Olivier Jobin
Les propriétaires Amélie-Dubé-Ringuet et Anthony Mesko

Depuis plusieurs semaines, l’équipe est lucide: le restaurant ne sera pas rentable avec une salle amputée de plusieurs tables, comme l’exigent les nouvelles mesures sanitaires édictées par le gouvernement Legault lundi.

Pour respecter les règles, près de 65% de leurs tables dans la salle à manger et sur leur terrasse auraient dû être retirées, en plus de l’annulation de tous les événements dans leur région.

La baisse d’achalandage était inévitable. «Si on avait gardé le Chardo ouvert avec un nombre de places [limitées par les mesures sanitaires], ce serait pire», poursuit Mme Dubé-Ringuet.

Les deux restaurateurs ont donc complètement changé leur fusil d’épaule. À partir du 18 juin, ils proposeront l’Outarde jaune, une cantine «sauvage».

Ils souhaitent ainsi attirer un plus grand volume de clients, tout en réduisant le nombre d’employés requis pour le service de la nourriture.

La gastronomie accessible

Les contre-filets de bison, les tartares de cerf et les plats d’esturgeon auparavant à la carte se transforment en fish and chips, en poutines et en guédilles. «Ça peut coûter facilement 200$ venir manger au Chardo, donc là, ça va être un moins gros engagement de venir au resto», ajoute la copropriétaire.

De la gastronomie à la cantine
Photo Agence QMI, Olivier Jobin

Les plats moins dispendieux – entre 5 et 20$ – seront servis au comptoir.

La touche gastronomique du Chardo aura malgré tout sa place sur les nouveaux plats, qui seront rehaussés à l’aide de produits locaux.

«Par exemple, la poutine va être faite à partir de fromage de Bromont, de notre sauce maison et on va ajouter des fois du flanc de porc frit», explique Amélie Dubé-Rinquet.

Avant la pandémie, le restaurant devait rouler à plein régime pour assurer sa rentabilité. Les deux services offerts durant la soirée devaient être remplis une bonne partie de la semaine, confirme Amélie Dubé-Ringuet.

Le chef Anthony Mesko et elle savaient qu’ils ne pourraient pas continuer à ce même rythme.

Pour l’instant, ils envisagent d’exploiter l’Outarde jaune jusqu’à l’automne et espèrent rouvrir le Chardo par la suite, si les mesures sanitaires permettent d’exploiter l’ensemble de la salle à manger.