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François Legault se confie sur sa gestion de crise

Le premier ministre confie avoir pris un risque lorsqu’il a décidé de rouvrir les écoles à l’extérieur du grand Montréal, malgré les avis contraires

entrevue Legault
Photo Simon Clark Le premier ministre François Legault a accordé sa première entrevue à notre Bureau parlementaire sur sa gestion de la crise de la COVID-19 dans son bureau de Québec.

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François Legault a senti qu’il jouait sa carrière politique lorsqu’il a décidé de rouvrir les écoles à l’extérieur du grand Montréal, presque envers et contre tous. Ce fut l’une des décisions les plus difficiles à prendre durant ces trois mois de pandémie. 

• À lire aussi: Legault n’est pas en faveur du masque obligatoire

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«Quand j’ai pris cette décision-là, j’ai pris un risque. Si ça n’avait pas marché, pas sûr que ma carrière politique aurait eu beaucoup d’avenir. Mais je me suis dit, en mon âme et conscience, dans la balance des inconvénients, c’est plus important pour les enfants d’ouvrir les écoles que le risque politique que ça dérape et que je me fasse blâmer», confie-t-il, au cours d’une première entrevue sur sa gestion de crise accordée à notre Bureau parlementaire.

entrevue Legault
Photo Simon Clark

À ce moment-là, il avait le vent de face. Les Québécois suivaient religieusement les consignes de confinement dictées tous les jours à 13 h par le premier ministre et le Dr Horacio Arruda. Les citoyens avaient même tellement bien suivi les règles que le déconfinement s’annonçait délicat.

«Il y a beaucoup de monde qui ne voulait pas (que j’ouvre les écoles). Moi, j’ai 76 députés, et il y a les chefs de l’opposition et les gens autour. Il y a des gens qui disaient : “On ne peut pas faire ça, on ne peut pas prendre ce risque-là”», se remémore-t-il avec émotion, assis dans son bureau de l’édifice Honoré-Mercier, adjacent au Parlement.

entrevue Legault
Photo Simon Clark

Selon François Legault, la décision facile aurait été de ne rouvrir aucune école. Il a tout de même retardé le retour en classe en région. Mais le sort des 20 à 25 % d’élèves en difficulté, privés d’école pendant six mois, le turlupinait sans cesse.

Il s’est senti «seul»

Une autre décision difficile fut celle de mettre le Québec sur pause et d’ordonner la fermeture de tous les commerces et entreprises lorsque la crise a frappé la province. À ce moment-là, il s’est senti «un peu seul», reconnaît-il.

entrevue Legault
Photo Simon Clark

Son équipe et «la machine» lui disaient d’attendre quelques jours, le temps que le gouvernement définisse clairement les commerces qui entreraient dans la catégorie des services essentiels. Le Dr Arruda lui aurait laissé quelques jours de plus, mais il a choisi de suivre son instinct.

«Je leur disais : “On ne peut pas se permettre de prendre quelques jours, il y a des vies qui sont en jeu!”», raconte-t-il.   

  • Écoutez l'analyse d'Emmanuelle Latraverse avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:   

 

entrevue Legault
Photo Simon Clark

Crise dans les CHSLD

Sans parler de la gestion de la crise en CHSLD, qui s’est avérée parfois déchirante. 

D’un côté, des DG l’appelaient tard le soir en catastrophe pour l’exhorter à interdire les visiteurs dans leurs établissements pour éviter de faire entrer le virus. De l’autre, sa ministre des Aînés, Marguerite Blais, insistait sur l’importance des proches aidants qui, dans certains cas, viennent nourrir les résidents.

entrevue Legault
Photo Simon Clark

À ceux qui lui reprochent de ne pas avoir fait respecter assez rapidement des règles strictes quant à la gestion des allées et venues des employés entre zones froides et zones chaudes, le premier ministre rétorque que le grave manque de personnel parfois ne laissait pas d’autre choix. 

D'ailleurs, en entrevue à TVA Nouvelles, le premier ministre a affirmé ne pas avoir l'intention de procéder à un remaniement ministériel dans les prochains mois malgré les critiques.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Plus d’un milliard $ pour du matériel de protection           

Le Palais des congrès de Montréal a été transformé à la fin du mois de mai en énorme entrepôt d’équipements de protection médicale contre la COVID-19.
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
Le Palais des congrès de Montréal a été transformé à la fin du mois de mai en énorme entrepôt d’équipements de protection médicale contre la COVID-19.

Le Québec n’a pas manqué de matériel de protection depuis le début de la pandémie, mais le gouvernement a dû allonger «plus d’un milliard $» pour s’en procurer jusqu’ici. «C’est beaucoup d’argent», convient François Legault, qui veut rendre la province rapidement la plus autonome possible en cette matière. «Qu’on fasse nous-mêmes nos masques, nos blouses. Les gants, c’est plus compliqué, mais au moins nos blouses et nos masques.»  

Les tartelettes portugaises pour réduire l’anxiété           

Le directeur national de la santé publique, le D<sup>r</sup> Horacio Arruda.
Photo d'archives, Jean-Francois Desgagnés
Le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

François Legault n’a jamais rappelé à l’ordre le Dr Horacio Arruda, qui s’est mis dans l’embarras à quelques reprises dans les dernières semaines. Le premier ministre estime que le directeur national de la santé publique est un excellent vulgarisateur et a tout ce qu’il faut pour assumer cette fonction durant une crise, malgré ses simagrées sur la courbe de propagation du virus ou ses recettes de tartelettes portugaises. «Ce n’est pas le mien, mais c’est son style, et moi je pense que ce qui était important, c’est qu’il passe son message. Mais il y avait aussi un besoin de dédramatiser, parce qu’il y avait des gens qui étaient très anxieux, très inquiets, donc il ne fallait pas non plus que les gens paniquent, donc je pense qu’il a aidé à ce qu’il y ait moins de gens qui paniquent.» 

Indisposé par Justin Trudeau           

Des militaires saluent des résidents d’un CHSLD lors de leur dernier jour de travail dans cet établissement.
Photo d'archives, Ben Pelosse
Des militaires saluent des résidents d’un CHSLD lors de leur dernier jour de travail dans cet établissement.

Les tergiversations de Justin Trudeau au sujet des soldats déployés dans les CHSLD indisposent le premier ministre du Québec. François Legault signale que l’armée s’est fait attendre dans les premiers jours du déploiement, et que depuis deux ou trois semaines la moitié des troupes ont quitté les résidences pour aînés. Le premier ministre canadien a prolongé la mission des militaires jusqu’au 26 juin et prévoit ensuite les remplacer par des travailleurs de la Croix-Rouge. «Je n’ai pas de problème avec ça, mais il les prend où et quand est-ce qu’ils arrivent? s’inquiète Legault. On est rendu à 270 soldats dans les CHSLD, ça baisse à chaque jour. Il me dit que les soldats vont rester jusqu’au 26 juin, est-ce que c’est juste les 270 ou il va en ramener d’autres?»

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.