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Réouverture: la rentabilité des restos inquiète

Des restaurateurs se demandent si les clients seront au rendez-vous avec la reprise des activités aujourd’hui

restaurant COVID
Photo Alex Drouin Daniel Charbonneau, propriétaire du restaurant L’Empreinte à Sherbrooke, a choisi d’attendre au 1er juillet pour rouvrir son établissement.

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La réouverture des restaurants à l’extérieur de la région de Montréal se fera avec soulagement aujourd’hui, mais certains propriétaires se demandent s’ils pourront être rentables.

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« Je suis content. On était dû pour rouvrir depuis un moment déjà », lance Marc-André Gosselin, directeur général des restaurants Fromagerie Victoria. 

Les restaurants de M. Gosselin situés à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal font partie de ceux qui peuvent à nouveau rouvrir leurs portes pour recevoir les clients. 

Pour les établissements de Montréal et des villes avoisinantes, il faudra attendre au 22 juin. 

Les 14 succursales de la chaîne pourront accueillir entre 65 et 70 % de leur capacité habituelle. Le restaurateur espère toutefois que la situation pourra revenir à la normale prochainement. 

« On espère qu’on sera à cette capacité pour un ou deux mois seulement. Ça paie les frais fixes, mais c’est sûr que ça joue sur nos profits », affirme M. Gosselin.

De son côté, Peter Sergakis, propriétaire de 40 restaurants et bars à Montréal, est beaucoup moins optimiste. Il s’attend à un achalandage qui oscillera entre 10 et 15 % de ce qu’il est habituellement.

Peter Sergakis.
Propriétaire de 
restaurants et bars
Photo Philippe Orfali
Peter Sergakis. Propriétaire de restaurants et bars

« On se promène dans le Vieux-Montréal et il n’y a personne, lance-t-il. Il va y avoir du monde au début parce que les gens sont curieux, mais après, ça va baisser », ajoute M. Sergakis. 

Horaires réduits

Patrick Girard, copropriétaire du Pub l’Ours noir à Warwick et du Cactus Resto-Bar à Victoriaville, croit lui aussi que la rentabilité sera plus difficile. Il admet que les deux établissements ont eu des enjeux de liquidité dans les derniers mois, qu’ils sont parvenus à surmonter jusqu’à présent. 

Patrick Girard compte restreindre les heures d’ouverture de ses deux restaurants pour concentrer l’achalandage.
Photo courtoisie
Patrick Girard compte restreindre les heures d’ouverture de ses deux restaurants pour concentrer l’achalandage.

« Il faut survivre, et pour cela il faut que l’on se refasse », dit l’homme d’affaires du Centre-du-Québec.

Pour mettre les chances de son côté, il misera sur des heures d’ouverture où la clientèle est plus présente. 

« S’il faut rester fermé les midis pour concentrer l’achalandage à d’autres moments, on va le faire », explique-t-il.

Ses deux restaurants offriront également des menus restreints, question de tenir un inventaire moins grand.

Ouverture retardée

Malgré le feu vert du gouvernement, Daniel Charbonneau, propriétaire du restaurant gastronomique L’Empreinte, à Sherbrooke, préfère attendre au 1er juillet dans l’espoir que les mesures sanitaires s’assouplissent.

 « Aller dans un restaurant, ce n’est pas seulement se nourrir. C’est aussi une expérience. Nous voulons que nos clients aient du plaisir », explique le Sherbrookois.  

Les plats pour emporter ainsi que le service de traiteur permettent à l’établissement de garder la salle à manger fermée pour quelques semaines encore.

Pour respecter les mesures sanitaires demandées par le gouvernement, plusieurs restaurateurs se sont tournés vers le plexiglas. 

C’est le cas pour Marc-André Gosselin, qui a déboursé entre 2000 $ et 5000 $ dans chacune des 14 succursales. 

Il remet toutefois leur efficacité en cause. 

« Avec les visières et les autres équipements de protection, je ne sais pas trop à quoi servent les plexiglas. Ça écœure », dit-il. 

Daniel Charbonneau pense quant à lui que l’investissement n’en vaut tout simplement pas la peine. 

« En plus d’être cher, tout ce plexiglas va aller aux poubelles dans quelques mois », lance-t-il.