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Russie: démission groupée dans la rédaction d’un grand quotidien

Russie: démission groupée dans la rédaction d’un grand quotidien
AFP

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Moscou | Les cinq rédacteurs en chef adjoints du principal quotidien économique russe Vedomosti ont présenté leurs démissions lundi, après des mois de bras de fer avec le nouveau rédacteur en chef accusé de censure, sur fond de rachat du journal. 

Ces cinq journalistes, dont l’un est présent depuis les débuts du journal en 1999 et les autres depuis une quinzaine d’années, «quittent le journal pour protester contre la nomination d’Andreï Chmarov en tant que rédacteur en chef de la publication», indique le journal dans un article publié en ligne.

Le journal a été racheté fin mai par le directeur d’une agence de presse méconnue nommée FederalPress, Ivan Iériomine. 

Mais dès le mois de mars et l’annonce par l’ancien propriétaire de son intention de vendre le média, un nouveau rédacteur en chef a été nommé, Andreï Chmarov.

Depuis, les journalistes ont dénoncé la multiplication des cas de censure, qu’il s’agisse d’un sujet sur le maintien au pouvoir du président Poutine, d’un autre sur la baisse de sa popularité selon un sondage du centre Levada ou encore d’articles ayant trait au géant pétrolier Rosneft. 

La rédaction affirme que la vente du journal est en réalité une prise de contrôle par ce groupe et son tout-puissant patron Igor Setchine, très proche du président russe.

En mai, une enquête réalisée par Vedomosti, Meduza, Forbes Russie et The Bell a révélé que Rosneft «contrôlait» de facto ce quotidien économique et avait pu choisir ses nouveaux patrons, car sa banque, RRDB (Russian Regional Development Bank), avait la main sur la dette du propriétaire de l’époque, M. Koudriavtsev. 

«Ces derniers mois, une dizaine de journalistes sur plus de 90, dont trois chefs de départements, ont quitté Vedomosti» en raison de leur «réticence à travailler» avec M. Chmarov, a indiqué le journal.

Depuis 20 ans et l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, toutes les chaînes de télévision nationales privées ainsi que nombre de radios et de journaux sont passés aux mains de propriétaires proches du Kremlin ou ont disparu.

Cofondé et codétenu en 1999 par le Financial Times, le Wall Street Journal et par la société Independent Media de l’entrepreneur néérlandais Derk Sauer, Vedomosti a accompagné le règne de Vladimir Poutine. 

Vedomosti a depuis changé plusieurs fois de mains, à mesure que la possibilité pour des étrangers de posséder des médias russes a été progressivement restreinte.

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