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Une simple question de représentativité

Ben Marc Diendéré
Photo courtoisie, Bernard Diamant Ben Marc Diendéré, qui est membre de la direction de VIA Rail, déplore le fait que « Quand on est une minorité, on nous demande d’être plus que parfaits ».

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Les entreprises ont beaucoup à perdre en ne nommant pas des membres des différentes communautés ethniques parmi leurs décideurs, estime Ben Marc Diendéré.

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« Je ne peux pas croire qu’aujourd’hui, en 2020, on a encore besoin de convaincre les gens que la représentativité est une question essentielle et que ce n’est pas parce qu’on veut faire du tort à quiconque. C’est parce que ça améliore le produit, le service d’une entreprise. Les clientèles sont diverses, il faut l’assumer », affirme celui qui est chef des affaires publiques et communications chez VIA Rail.

« On ne demande pas la lune »

Il y a trois ans, M. Diendéré et Madeleine Féquière, cadre chez Domtar, ont lancé Excellence Québec, une initiative visant à faire connaître de jeunes membres des minorités visibles pour qu’ils soient appelés à siéger à des conseils d’administration.

« Il faut se rendre compte qu’on ne demande pas la lune, lance Ben Marc Diendéré. C’est une question de représentativité. J’ai un garçon de 18 ans et je veux qu’il nous voie partout. »

L’homme de 48 ans, qui a aussi travaillé chez Sollio et Québecor, en a assez que des dirigeants se cachent derrière de vagues critères de compétence pour exclure des candidats non issus de la majorité pour des nominations importantes.

«Les gens vont finir par comprendre que ce n’est pas parce qu’on en manque [de membres des minorités visibles]. Il faut simplement que les ressources humaines des entreprises soient un peu plus audacieuses», insiste-t-il.

M. Diendéré reconnaît que dans un monde idéal, on n’aurait pas besoin de programmes d’accès à l’égalité pour accroître le nombre de membres des minorités dans des postes d’influence.

«Mais les femmes ont eu le droit de vote parce qu’on a forcé les portes, illustre-t-il. Il y a des gens qui ont pris une chance avec moi une première fois. [...] Quand on est une minorité, on nous demande d’être plus que parfaits.»