/news/politics
Navigation

Conseil de sécurité de l’ONU: le Canada sera-t-il de retour?

SENEGAL-CANADA-DIPLOMACY
Photo AFP Le premier ministre Trudeau a courtisé le président sénégalais Macky Sall en février.

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement Trudeau joue sa réputation internationale dans les prochaines heures à New York, où les membres des Nations Unies voteront pour déterminer si le Canada mérite un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Loin d’être favori, le Canada tire même de l’arrière par rapport aux deux autres candidats, la Norvège et l’Irlande, selon plusieurs observateurs.

• À lire aussi: Les illusions du Canada à l’ONU

Les délégués des 193 États membres de l’ONU ont terminé de voter pour déterminer qui du Canada, de la Norvège ou de l’Irlande siègera au Conseil de sécurité. Le résultat du dépouillement pour le premier tour sera connu entre 15 et 16h.

Quel est le mérite de la candidature canadienne ?

La présence internationale du Canada ne reflète pas les discours de Justin Trudeau, selon Jocelyn Coulon, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM). Pour cet ex-conseiller politique du ministre des Affaires étrangères en 2016-2017, une défaite illustrerait « le peu d’influence que nous exerçons dans le monde ».

« La Norvège et l’Irlande ont fait des choses depuis cinq ans, ils ont un bilan appréciable à présenter, ce qui n’est pas le cas du Canada », estime-t-il.

La contribution canadienne à l’aide au développement international est à son plus bas, et le nombre d’ambassades, de missions diplomatiques et de Casques bleus sur le terrain est loin du lustre d’antan. En 2019, par exemple, les Casques bleus canadiens se sont retirés de la lutte contre l’extrémisme au Mali, au moment même où 400 Casques bleus irlandais étaient en mission de paix au Liban.

Difficile de défendre la paix dans le monde quand on est un des 12 plus grands exportateurs d’armes au monde, ajoute Bianca Mugyenyi, coordonnatrice de l’Institut canadien de politique étrangère. L’Institut a remis une lettre ouverte signée par plus de 2500 personnes et par plus de 30 organisations à tous les ambassadeurs des Nations Unies, les exhortant à voter contre la candidature canadienne.

À quoi sert le Conseil de sécurité ?

C’est un des organes centraux de l’Organisation des Nations Unies, née en 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour faciliter les dialogues internationaux et éviter de nouveaux conflits. Le Conseil est responsable du maintien de la paix et de la sécurité internationale.

Il regroupe 15 États membres, 5 permanents (les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni) et 10 non permanents élus pour 2 ans par l’Assemblée générale regroupant 193 États.

Le Conseil de sécurité vote des résolutions. Il peut s’agir de recommandations ou d’avis (ex. : condamnation des tirs de missiles nord-coréens), de sanctions économiques ou commerciales (ex. : embargo sur les ventes d’armes à l’Afrique du Sud pendant l’apartheid), ou d’actions militaires (ex. : mission de stabilisation du Mali en Afrique de l’Ouest). 

Pourquoi le Canada veut-il siéger ?

Peu après son élection, en 2015, le premier ministre Trudeau a déclaré : « Le Canada est de retour ». Pour lui, le réengagement du pays dans les forums multilatéraux boudés par Stephen Harper est une priorité de la première heure et le Conseil de sécurité de l’ONU est le plus prestigieux et influent de ces forums.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Le Canada n’y a pas siégé depuis 20 ans et sa dernière campagne pour y accéder, en 2010, s’est soldée par un échec cuisant. Dix ans plus tard, les ex-premiers ministres Jean Charest et Joe Clark, tous deux engagés par Ottawa pour défendre la candidature canadienne, estiment que le Canada « doit contribuer à relever les défis les plus difficiles de l’humanité en matière de paix et de sécurité », car « ces enjeux ont des incidences directes pour le Canada ».

« Plus que jamais nous avons besoin de concertation avec d’autres pays, que ce soit pour rapatrier des Canadiens de l’étranger, pour contribuer à la recherche d’un vaccin ou pour maintenir les chaînes d’approvisionnement », illustrent-ils dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir. 

Chiffres clés   

  • 45 Casques bleus canadiens déployés dans le monde (en 2019)        

... contre  

  • 135 Norvégiens    
  • 623 Irlandais    
  • 0,26 % du revenu national brut (RNB) du Canada est consacré à l’aide au développement        

... contre  

  • 0,32 % du RNB de l’Irlande    
  • 1 % du RNB de la Norvège    
  • 96 ambassades canadiennes dans le monde (en 2019)        

... contre  

  • 79 ambassades norvégiennes    
  • 66 ambassades irlandaises