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Salaires impayés: des artisans du Cirque du Soleil en colère contre ses actionnaires

Ils ont manifesté afin de dénoncer un manque total de respect à leur endroit

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Des artisans du Cirque du Soleil à qui l’on doit 1,5 million de dollars en salaires sont en colère contre les actionnaires de l’entreprise, qui ont vendu l’âme de l’entreprise, selon eux.

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« C’est grâce à ses artisans que le Cirque existe. Pas à ceux qui sont assis dans une salle de conseil d’administration. Je suis choquée. C’est un manque de respect », a dénoncé hier Susan Gaudreau, metteuse en scène depuis 15 ans.

« On oublie ça les vacances. On oublie ça sortir de Montréal. Dans un mois, quand il n’y aura plus d’aide gouvernementale, on va devoir prendre des décisions sérieuses avec notre maison », a soupiré son mari, Romesh Vadivel, à côté d’elle, à propos du trou de 25 000 $ dans le budget familial.

Hier, quelque 130 artisans du Regroupement des Artisans des Arts du cirque du Cirque du Soleil (RAAC) ont levé un chapiteau bleu et jaune dans le Vieux-Port pour dire aux actionnaires, banquiers et gouvernements que la restructuration financière ne doit pas les laisser de côté.

« C’est un méchant choc, a déploré le concepteur de costumes James Lavoie. Ils me doivent près de 20 000 $. J’en aurais bien besoin en ce moment. »

Indécent

Présent à la manifestation, le cofondateur du Cirque du Soleil, Gilles Ste-Croix, n’a pas caché lui non plus sa colère de voir ces artisans ainsi oubliés. 

Gilles Ste-Croix, cofondateur du Cirque du Soleil.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Gilles Ste-Croix, cofondateur du Cirque du Soleil.

« La décence, c’est de payer ces gens-là d’abord », a-t-il laissé tomber. 

Sans nommer les propriétaires du Cirque du Soleil, le fonds américain TPG, le fonds chinois Fosun et la Caisse de dépôt et placement du Québec, M. Ste-Croix a pointé du doigt l’endettement, qui a forcé le Cirque à tourner les coins ronds.

« Quand tu as une dette de 900 millions de dollars, ça demande du cash flow pour la régler. Ça fait partie de l’erreur. Ils ont voulu faire beaucoup de spectacles et ont dilué la créativité », a-t-il résumé.

Quand on lui demande ce qu’il pense de l’appui financier du gouvernement Legault de 277 millions de dollars, Gilles Ste-Croix est catégorique. 

« Quand ils vont quêter de l’argent au gouvernement, je trouve ça très indécent », a-t-il dit. 

  • Écoutez la chronique économique avec Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal et du Journal de Québec, à QUB Radio:  

Hier, le Cirque du Soleil a décliné notre demande d’entrevue avec son PDG, Daniel Lamarre. Sa porte-parole Caroline Couillard a indiqué que le Cirque avait été très touché par ce geste symbolique.

« Nous tenons aussi à confirmer que dans le cadre de notre processus de recapitalisation, l’équipe de gestion a demandé aux parties intéressées de préciser dans leurs propositions leurs engagements à l’égard des employés et des pigistes du Cirque du Soleil », a-t-elle souligné.

De son côté, le porte-parole du Regroupement des Artisans des Arts du cirque du Cirque du Soleil (RAAC), Gabriel Dubé-Dupuis, à qui l’on doit 70 000 $, a dit échanger chaque semaine avec la direction, sans succès.

« Nous n’avons pas eu non plus de réponse quant à une rencontre avec le ministre Fitzgibbon », a-t-il conclu.