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La richesse des plus nantis plus élevée que prévu au Canada

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OTTAWA | La part du patrimoine du 1 % des familles les plus riches est plus élevée que les estimations faites jusqu’ici, a fait savoir le directeur parlementaire du budget (DPB).

Dans un nouveau rapport publié mardi, le DPB indique que l’écart est de 12 points de pourcentage et conséquemment, les 1 % les plus aisés détiennent 25,6 % du patrimoine total au Canada.

Selon une méthodologie précédente, ces familles ultra riches ne possédaient que 13,7 % de la richesse.

En fait, les 0,5 % les plus riches accaparent à eux seuls jusqu’à 20,5 % de la part du patrimoine total. Le nouveau calcul se base notamment sur des données de 2016.

«Le DPB a mis au point une approche de modélisation qui permet d’estimer de manière fiable la queue supérieure de la distribution du patrimoine familial au Canada», a-t-on fait savoir mercredi.

Ainsi, si la valeur nette totale du secteur des ménages au pays s’élève à 11,7 billions $ à la fin de 2019, selon Statistique Canada, la part du 1 % les plus aisés est donc d’environ 3 billions $.

Réagissant à ce rapport du DPB, l’organisme Canadiens pour une fiscalité équitable a souligné que les quelque 100 familles milliardaires au Canada ont plus de richesse que les 40 % de familles canadiennes les plus pauvres.

Il estime que la hausse des inégalités, aggravée par la pandémie, ne peut plus être ignorée.

«Le Canada est l'un des rares grands pays sans impôt sur les successions, les dons ou la fortune. Alors que le gouvernement cherche des moyens de réduire le bilan économique de COVID-19 et de réduire les inégalités qui ont été exacerbées par la crise, il est clair que le 1 % supérieur devrait contribuer beaucoup plus», a soutenu le directeur de l’organisme, Toby Sanger, par communiqué.

«Des millions de familles canadiennes ont dû compter sur leurs économies pour survivre pendant la pandémie, tandis qu'un certain nombre des familles les plus riches ont augmenté leur fortune», a-t-il précisé.

L’organisme souligne s’il y avait des impôts annuels sur la fortune, un impôt sur la fortune annuel progressif de 1 % sur les fortunes de plus de 20 millions $ et de 2 % sur les richesses de plus de 100 millions $ générerait plus de 10 milliards $ par an.