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Le gouvernement mexicain veut protéger ses travailleurs agricoles

Il veut être certain de ne pas envoyer ses ressortissants dans des foyers d’éclosion

Marc-André Chenail
Photo Francis Halin Marc-André Chenail, agriculteur en Montérégie, a reçu confirmation, hier, de l’arrivée prochaine des 40 ouvriers qui lui manquait.

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Un diplomate mexicain a confirmé au Journal qu’il met sur « pause » l’envoi de travailleurs saisonniers pour éviter de les envoyer dans les foyers de COVID-19 où deux d’entre eux sont morts.

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« Le gouvernement mexicain est en “pause” dans le processus d’envoi de travailleurs étrangers temporaires au Canada jusqu’à ce qu’il y ait plus de clarté sur la raison pour laquelle deux travailleurs mexicains sont morts à cause de la COVID-19 », a indiqué au Journal l’ambassadeur Alejandro Estivill Castro, consul général du Mexique à Montréal.

Hier, le gouvernement mexicain a voulu clarifier les choses en précisant qu’il ne va pas bloquer l’arrivée de tous les travailleurs saisonniers, mais qu’il demandera aux fermiers de démontrer les mesures mises en place pour assurer leur protection après la mort de deux d’entre eux en Ontario.

« Le programme et l’envoi de travailleurs reprendront vers les centres de travail qui n’ont pas de foyers de COVID-19 et n’ont pas d’observations dans les vérifications existantes. Ces centres ne seront pas affectés », a ajouté le diplomate Alejandro Estivill Castro.

Selon des données compilées par Le Journal, une quarantaine de travailleurs agricoles ont été déclarés positifs ces dernières semaines, dont près de la moitié des cas, soit 19, en Montérégie, 16 en Chaudière-Appalaches, deux sur la Côte-Nord et un dans Lanaudière.

Fermiers rassurés

Hier, cette précision est venue apaiser l’industrie qui retenait son souffle.

« C’est un soulagement pour les nombreux employeurs qui attendent désespérément des travailleurs mexicains. En conséquence, le vol d’arrivée prévu le jeudi 18 juin, en provenance du Mexique, devrait donc avoir lieu normalement », a partagé le directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), Jocelyn St-Denis.

Plus tôt en journée, la PDG de l’Association québécoise de la distribution de fruits et légumes (AQDFL), Sophie Perreault, avait elle aussi craint le pire. 

« Il ne manquait plus que le ciel nous tombe sur la tête », avait-elle imagé.

« Si ça concerne juste sur les fermes où il y a eu des décès, c’est un soulagement. Il nous manque encore 40 Mexicains sur nos 100 », a renchéri Marc-André Chenail, propriétaire des Fermes du Soleil, à Sainte-Clotilde.

De son côté, Guy Pouliot, responsable de la Ferme Onésime Pouliot, producteur de fraises, de framboises et de bleuets, à l’île d’Orléans, a aussi poussé un soupir de soulagement.

« Ça aurait été catastrophique si cela avait été le cas. Je le dis et j’ai la chair de poule », a confié celui qui a payé 140 000 $ pour noliser un avion en avril pour faire venir des travailleurs mexicains. 

« Il me manque environ 80 travailleurs du Mexique. Je vise une équipe de 243 et j’ai 155 travailleurs. Nous avons aussi embauché des Québécois avec les programmes, mais ils ne sont pas dans les champs. Ils sont plus sur les livraisons », a-t-il conclu.

- Avec Jean-Michel Genois-Gagnon