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Des consignes à suivre en escalade

Les activités sont très difficiles à gérer sur les sites extérieurs d’escalade

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le grand patron de Délire Escalade, Vincent Légaré, a bien hâte d’accueillir de nouveau ses membres à partir de lundi prochain.

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La Fédération québécoise de la montagne et d’escalade (FQME) sonne l’alarme. La reprise des activités extérieures a amené des problèmes sur les sites privés où les adeptes du sport sont de plus en plus nombreux à se réunir.

Si la FQME est heureuse de voir ses membres grimper sur des parois rocheuses généralement situées sur des terrains privés en attendant la réouverture des centres intérieurs le 22 juin, elle déplore que certains ne respectent pas les règles. 

Consommation d’alcool, musique trop forte, feux à ciel ouvert, partys, cette situation a d’ailleurs mis en danger l’accès au site de Val-Bélair, près de Québec, et un autre dans les Laurentides, dans les dernières semaines.

« Les gens sont habitués de grimper avec de la musique et il y a un aspect très social après l’escalade dans les centres qui vendent de la bière. Or, les grimpeurs essaient de reproduire ça sur des sites extérieurs et ça a de gros impacts négatifs pour les propriétaires de ces sites. On n’est pas censé boire de la bière en grimpant, ni d’avoir de la musique trop forte et de faire des feux », avertit le directeur technique à la fédération, Éric Lachance, en entrevue téléphonique avec Le Journal.

Il faut savoir que la FQME possède des ententes avec les propriétaires de terrains partout au Québec qui offrent des rochers alléchants pour les grimpeurs. Certains sont également parfois situés sur des territoires de la Sépaq ou sur des zecs. Une trentaine d’endroits sont répertoriés sur le site internet de la fédération.

« On leur offre une assurance responsabilité civile et on met tout en place pour que les grimpeurs présents soient respectueux et qu’ils soient membres de la FQME », explique M. Lachance. La FQME compte environ 5000 membres, mais le directeur technique évalue à près de 90 000 le nombre de grimpeurs totaux dans toutes les disciplines d’escalade.

Message aux néophytes 

Éric Lachance lance aussi un message à ceux et celles qui seraient tentés d’essayer l’escalade de bloc sur de petites parois rocheuses pour la première fois. Une balade au parc du mont Wright de Stoneham, la semaine dernière, nous a d’ailleurs permis de constater que l’endroit était très prisé par les amateurs. 

« Les gens qui grimpent à l’intérieur et qui veulent grimper dehors sans avoir suivi de formations ne savent pas dans quoi ils s’engagent et ils doivent rester à la maison, prévient-il.

« Le bloc [est une discipline] très populaire. Les gens aiment ça et c’est relativement accessible, mais c’est plus dangereux à l’extérieur, ce ne sont pas les mêmes matelas, ni avec la même épaisseur. Ils ne sont pas aussi bien installés qu’à l’intérieur. Ce sont de petits détails qui font que les gens auront plus de risques de se blesser. »

Baisse minime

Malgré l’ouverture prochaine des centres intérieurs, il ne faut pas s’attendre à ce que l’achalandage sur les sites extérieurs diminue radicalement, estime M. Lachance.

« Je ne pense pas qu’on aura le feu vert pour repartir comme avant et pour avoir 500 personnes dans le gym. Puis, ceux qui ont acheté de l’équipement à 5-600 $, ils voudront s’en servir tout l’été [dehors]. À court terme, je ne pense pas que les sites vont se vider. » 

Reprise attendue à l’intérieur  

Les centres intérieurs sont impatients de pouvoir accueillir de nouveau leur clientèle. 

« J’avais fixé une date probable et on était déjà enligné pour le 22, alors nous sommes dans les préparatifs », avance le directeur général chez Délire Escalade, Vincent Légaré, qui opère trois succursales dans la région de Québec.

Au début de la pandémie, l’homme d’affaires avait mis à pied 90 % de son personnel qui se chiffrait à près de 90 employés au cœur de la saison hivernale en incluant la manufacture qui construit des murs d’escalade artificiels. Il a conservé une toute petite équipe pour générer des ventes en ligne. 

Pertes énormes

Si une bonne partie de ses employés ont été réembauchés depuis grâce aux programmes du gouvernement fédéral, les pertes de l’entreprise se calculent en milliers de dollars. Un gouffre financier pour les années à venir.

« Je considère que c’est astronomique [...] Dans un scénario optimiste, je m’attends à ce que ça prenne deux ans pour rattraper les pertes des trois derniers mois », juge-t-il.

Délire Escalade ouvrira ses trois centres à 30 % de leur capacité respective à la suite du feu vert de la santé publique. Le nombre de visiteurs sera indiqué en temps réel sur le site internet de l’entreprise pour permettre aux gens de savoir s’ils peuvent se présenter ou non dans l’une des succursales. Les usagers devront aussi suivre les consignes d’hygiène. 

« Si on réussit à bien répartir notre achalandage sur l’ensemble des heures d’ouverture, on devrait être capable d’accueillir l’ensemble de nos membres. Cela dit, la capacité actuelle ne nous permet pas d’obtenir une rentabilité. Ça va nous donner de l’air, mais ça ne peut pas durer. »

L’avantage extérieur

À Montréal, dans le quartier Rosemont, Nomade Bloc est rouvert depuis dimanche dernier en raison de ses installations extérieures. Le nombre d’usagers est contrôlé pour respecter la distanciation de 2 m et ceux-ci doivent obligatoirement réserver une plage horaire de 2 h avant leur visite. 

« Normalement, on ouvre de façon saisonnière pendant cinq mois et il y a déjà un mois de passé, donc on peut dire qu’il y a 20 % de nos revenus déjà partis. On espère que l’achalandage sera intéressant », soulignait le copropriétaire Babacar Daoust.