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Le racisme, un obstacle à éliminer

Rencontre Trudeau-Legault
Photo Chantal Poirier Deux chefs de gouvernement, mais deux manières de concevoir l’exercice du pouvoir.

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J’ai 40 ans et je suis né au Québec de parents haïtiens.

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Mon nom de famille est Fortin. Oui, il y a des Fortin en Haïti ! 

  • Écoutez l'entrevue d'Harold Fortin avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:  

Malgré tout, pour certains, ce n’était pas assez puisque la couleur de ma peau était un « défaut de fabrication ».

Qu’ils soient dits par curiosité, méchanceté ou ignorance, l’accumulation des commentaires de ce type, depuis ma jeunesse, me rappelle chaque jour que je suis différent.

J’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont pu faire les sacrifices pour m’instruire et la vie m’a permis d’occuper des fonctions au sein de plusieurs cabinets ministériels, dont celui du premier ministre du Québec.

Je sais qu’au Québec, lorsque l’on se voit accorder une chance, peu importe qui l’on est et d’où l’on vient, il est possible de réaliser nos ambitions. Mais cette chance, elle n’est pas donnée à tous et le racisme est l’un des obstacles supplémentaires auxquels plusieurs doivent faire face.

Lunette politique

Pour prendre une décision politique, tous ne partagent pas la même perspective quant au rôle que doit jouer le gouvernement.

François Legault gouverne d’abord pour la majorité, quitte à décevoir les gens appartenant à une minorité présente dans la société québécoise.

À l’inverse, Justin Trudeau ancre son action politique dans la protection des minorités, malgré le fait que ses décisions peuvent déplaire à un plus grand nombre de personnes.

Ces philosophies de gouvernance dictent les gestes posés par les gouvernements. Cela nous permet de mieux évaluer leurs objectifs et les raisons qui les motivent.

Une cause qui doit rassembler

Le gouvernement Legault a choisi, vu la pression populaire, de créer un groupe d’action contre le racisme. 

Le comité a une obligation de résultat et doit avoir la latitude de mener à terme les changements nécessaires, sans considérations électorales.

Ce comité, composé uniquement de membres du gouvernement, aurait bénéficié de l’apport des représentants des partis d’opposition.

Empathie

Depuis trop longtemps, je constate que les personnes les moins touchées par un phénomène sont souvent celles qui en décident de l’existence. Il est temps d’être à l’écoute des premiers concernés et de comprendre leur perspective.

J’aurais souhaité que le premier ministre Legault démontre une empathie plus forte envers celles et ceux qui vivent ou ont vécu ces situations.

Les épisodes subis par plusieurs Québécois, incluant les membres des Premières Nations et Inuits, minent le moral, la confiance et l’estime de soi.

Les résultats obtenus par ce comité devront être jugés à la lumière des préoccupations et attentes exprimées par les gens touchés. On saura rapidement si cet exercice visait à changer les choses ou à mettre le couvercle sur la marmite.

Mais soyons positifs pour l’instant et faisons nôtre cette cause, car lorsque chacun d’entre nous a la possibilité de réaliser ses objectifs, c’est tout le Québec qui y gagne.