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Un partenaire potentiel de Guy Laliberté accusé de fraude et de blanchiment

Franco Dragone est accusé dans une affaire de fraude et de blanchiment d’argent

Franco Dragone est un metteur en scène renommé qui a participé à la création de bon nombre de spectacles du Cirque du Soleil.
Photo AFP Franco Dragone est un metteur en scène renommé qui a participé à la création de bon nombre de spectacles du Cirque du Soleil.

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Un metteur en scène vedette du Cirque du Soleil, qui appuie Guy Laliberté dans sa tentative de racheter l’entreprise au bord de la faillite, a été accusé de fraude fiscale et de blanchiment d’argent.

Le metteur en scène Franco Dragone, à l’origine de plusieurs des spectacles à succès du Cirque depuis des décennies, aurait participé à un stratagème complexe impliquant des paradis fiscaux lui permettant de payer très peu d’impôt sur les revenus de ses spectacles.

Franco Dragone a manifesté dans les dernières semaines son appui à Guy Laliberté pour la relance du Cirque. Guy Laliberté dit d’ailleurs avoir été influencé par cet appui.  

L’hebdomadaire belge Le Vif a révélé hier que Dragone était une des six personnes que le parquet de Mons, en Belgique, avait décidé d’accuser dans ce dossier. Un juge d’instruction belge enquête sur cette affaire depuis 2012.

La fraude fiscale totaliserait 30 millions $.

Selon les révélations du Vif et du journaliste indépendant David Leloup, « une imposante villa, des appartements à la mer [et] des terrains constructibles » appartenant à Franco Dragone en Belgique ont déjà été saisis par les autorités en 2015, sur la foi des soupçons contre le metteur en scène.

Société-écran

Une société offshore aux îles Vierges britanniques, Canterlo Limited, serait centrale dans la fraude alléguée. Elle serait elle-même reliée à un gestionnaire de fortune à la Barbade, Austin Sealy, et à un compte de banque à la FirstCaribbean International Bank.

« L’enquête a permis d’établir que Canterlo est une société constituée dans un “paradis fiscal” par Dragone Francesco, sur les conseils de Ernst & Young [Luxembourg], dans le cadre d’un montage fiscal complexe visant à réduire — voire à défiscaliser — la pression fiscale sur les revenus mondiaux de ses spectacles », allègue un réquisitoire du ministère public belge cité par Le Vif.

La Banque ING Belgique est accusée de son côté d’avoir fermé les yeux sur des mouvements de fonds injustifiables dans le compte de Dragone en Belgique.

Tentative de corruption

L’enquête d’un juge belge aurait aussi permis de mettre à jour une tentative de corruption de Franco Dragone contre un organisme public belge, la Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW), selon Le Vif.

Dragone aurait offert des avantages à un administrateur de la SRIW, afin d’obtenir un prêt de deux millions d’euros.

Le nom du metteur en scène était déjà ressorti en 2016 au moment du scandale des Panama Papers. Franco Dragone avait alors nié avoir quoi que ce soit à se reprocher. 

Extrait du réquisitoire  

(Cité par Le Vif)

« L’enquête démontre que la société [Canterlo Limited] n’a aucun ancrage aux Îles Vierges britanniques et qu’elle est dirigée depuis toujours depuis la Belgique par Francesco Dragone »

« En tant que société dirigée depuis la Belgique, Canterlo était assujettie d’office à l’impôt des sociétés en Belgique »   

Laliberté prend ses distances 

Le fondateur du Cirque du Soleil qui souhaite relancer le Cirque en difficulté a semblé prendre ses distances avec Franco Dragone, jeudi.

Guy Laliberté avait confié il y a quelques semaines, à l’émission Tout le monde en parle, que l’appui que lui avait manifesté Franco Dragone avait joué un rôle dans sa décision de tenter de racheter le Cirque.

« Le nombre de supports que j’ai eus de la communauté Cirque, Franco Dragone, Robert Lepage m’ont appelé : Guy, si tu relances, on va être là, avec toi, pour aider cette nouvelle génération, il faut être là », confiait-il à l’animateur Guy A. Lepage. 

Dans une entrevue le 5 juin à l’émission radiophonique de Stéphan Bureau, Franco Dragone indiquait de son côté que Guy Laliberté l’avait appelé pour qu’il vienne le soutenir dans « tout ce qui a toujours fait l’essentiel du Cirque, c’est-à-dire la création au centre de l’organisation ». Il évoquait même dans l’entrevue la possibilité pour lui de revenir vivre au Québec.

Le 8 juin, Dragone confiait au Las Vegas Review-Journal qu’il s’était joint à l’effort de Guy Laliberté de racheter le Cirque du Soleil.

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Or, jeudi, la porte-parole de Guy Laliberté, Anne Dongois, a nié que Franco Dragone soit un partenaire potentiel pour le fondateur du Cirque dans la relance de l’entreprise.

« Franco Dragone ne fait pas partie du consortium de Guy Laliberté pour le rachat du Cirque [...]. Guy a bel et bien reçu son appui, comme celui de Robert Lepage et de plusieurs autres artisans, qui ont contribué au grand succès du Cirque. [...] Guy ne compte pas sur Franco pour relancer le Cirque – Guy compte sur lui-même. Bref, les accusations faites envers Franco n’ont aucun lien avec Guy », a réagi Anne Dongois.

Cette dernière n’a voulu faire aucun commentaire concernant les accusations portées contre Dragone en Belgique.