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Au moins, les Expos ne sont pas là

Mack Jones
Photo d'archives Mack Jones et les Expos du parc Jarry en ont donné pour leur argent aux partisans.

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Le baseball majeur n’est pas tuable. En 1919, huit joueurs des White Sox de Chicago acceptèrent des sommes d’argent de parieurs sans scrupule pour perdre intentionnellement la Série mondiale aux mains des Reds de Cincinnati. Au même moment, la grippe espagnole faisait rage dans le monde. 549 000 Américains furent emportés par la maladie.

Le baseball a survécu aussi à deux guerres mondiales, au scandale des produits dopants et à huit conflits de travail. 

Quatre de ces querelles ont mené à l’annulation de matchs. La plus récente survenue en 1994 a saboté ce qui s’avérait être la meilleure saison des Expos. On rêvait d’une Série mondiale entre notre équipe et les Yankees.

Questionné un jour au sujet de cette grève, le président Bill Clinton avait déclaré qu’il ne pouvait concevoir que des gens fortunés n’arrivaient pas à se partager plusieurs centaines des milliards de dollars. 

Les Expos ne s’en sont jamais remis de cette grève. Dix ans plus tard, nos Z’Amours disparaissaient de la scène montréalaise.

Aujourd’hui, après 25 ans de paix syndicale, les joueurs et les propriétaires ont recommencé à se lancer des roches. En pleine pandémie de la COVID-19, ils n’arrivent pas à s’entendre sur les modalités d’un plan de retour au jeu.

C’est le summum de l’indécence.

On sait tous comment se déroulent des négociations entre patrons et employés dans de grosses boîtes. C’est comme une partie de poker. On bluffe de part et d’autre. Ça se termine par une entente de dernière minute ou un arrêt de travail.

Quand le bras de fer se poursuit, personne ne sait quand ça va prendre fin.

Mercredi, le commissaire Rob Manfred a déclaré que les deux parties s’étaient entendues sur les bases d’un accord. Hier, l’Association des joueurs réfutait cette allégation. Elle est revenue avec une contre proposition que le commissaire a promptement décliné.

Qu’ils aillent au diable !

Vous savez quoi ?

La meilleure chose qui pourrait arriver est qu’il n’y ait pas de baseball cette année. Et pourquoi pas l’an prochain aussi ?

Les propriétaires et les joueurs sont déconnectés de la réalité. Ce sont des gens cupides qui ne pensent qu’à leurs portefeuilles et à leur petite personne. Ils n’ont rien à cirer des amateurs. Ils vivent dans un monde parallèle.

En regardant ce gâchis, je me dis une chance que les Expos ne sont pas là. Le baseball nous a assez bafoués comme ça.

Je me fiche que l’on dise que Montréal serait en mesure de faire vivre une équipe en vertu du partage des revenus actuel. 

L’argent éclipse la nature du sport. C’est vrai pour la MLB, c’est vrai pour la LNH, c’est vrai pour la NBA et c’est vrai pour la NFL.

L’expérience client, ça coûte une fortune aux consommateurs.

Le sport passe deuxième

Je m’ennuie de l’époque où on allait au Forum pour assister à un match de hockey et non pour nous retrouver dans une discothèque aux allures de tombola. On n’avait pas besoin de tant d’artifices. 

Le Canadien nous en donnait pour notre argent.

C’était pareil au petit parc Jarry, même si les Expos ne gagnaient pas souvent dans ce temps-là. 

Ça s’est poursuivi dans les premières années du Stade olympique alors que les Expos formaient une équipe dynamique, la meilleure de l’époque à ne pas avoir remporté la Série mondiale.

Et si Bronfman écoutait son père ?

Je ne sais pas où Stephen Bronfman et son équipe de milliardaires en sont en ce moment. 

Je serais curieux d’entendre ce qu’ils pensent de ce qui se passe dans le baseball majeur.

Pour son plus grand bien, il faudrait que le baseball tire une leçon du match qui se joue présentement entre les propriétaires et les joueurs. 

Remarquez bien que de la façon dont ce sport est géré depuis 1972, ça relève davantage d’un rêve.

Mais qui sait si Stephen Bronfman ne finira pas par écouter son père qui lui avait conseillé de ne pas embarquer dans cette aventure.

Bonne chance aux Sabres ! 

Ça doit être une première. Je ne me rappelle pas qu’une équipe de la Ligue nationale de hockey ait tassé 22 employés de son personnel hockey d’un coup de balai, comme l’ont fait les Sabres de Buffalo cette semaine. Vingt-deux, pensez-y !

Je me souviens que les North Stars du Minnesota avaient congédié tous leurs recruteurs après une séance de repêchage. L’ancien gardien du Canadien Lorne Gump Worsley faisait partie du groupe. C’était à la fin des années 1980, début des années 1990. J’étais sur place.

Trop c’est comme pas assez

Certains diront que les propriétaires des Sabres, Terry Pegula et son épouse Kim, ont posé les gestes que Geoff Molson n’ose pas faire. Mais c’est la quatrième fois en moins de sept ans qu’ils changent de directeur général.

À leur arrivée comme proprios en février 2011, Darcy Regier était en poste depuis plus de 14 ans. C’est la seule année où les Sabres ont pris part aux séries sous leur direction. Depuis, les Sabres ont raté les séries neuf saisons consécutives avec le même Regier, Tim Murray et Jason Botterill au poste de DG. 

Le nouveau venu Kevyn Adams est une figure populaire à Buffalo. Il a grandi et joué son hockey mineur dans la région. Il a porté les couleurs des Sabres et remporté la coupe Stanley avec les Hurricanes de Caroline.

Mais sa seule expérience en tant qu’homme de hockey se limite à deux saisons comme entraîneur adjoint avec les Sabres. Depuis plusieurs années, il était vice-président aux affaires corporatives.

Pas exactement la même chose.

Deux repêchages, puis s’en va !

Ryan Jankowski a pour sa part été relevé des fonctions de directeur du recrutement amateur après avoir contribué à deux repêchages seulement. 

Une dizaine de ses employés sont passés à la trappe comme lui, en plus de tout le personnel d’entraîneurs du club-école à Rochester, du recruteur professionnel John Van Boxmeer et du responsable du développement des joueurs Mike Komisarek, deux anciens défenseurs du Canadien.

Finalement, seuls l’entraîneur en chef des Sabres, Ralph Krueger et ses adjoints, ont été épargnés.

Le temps dira où cette purge mènera les Sabres. Pour le moment, souhaitons leur bonne chance !