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Inexplicable et irresponsable

GEN-COVID-19
Photo d'archives, Agence QMI Valérie Plante, mairesse de Montréal

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À l’aube d’une deuxième vague de la COVID-19, qu’attendent nos autorités politiques pour rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés, dont les commerces et transports en commun ?

Leur refus est inexplicable, inexcusable et irres-ponsable. Plusieurs études scientifiques confirment pourtant l’efficacité du masque pour ralentir la propagation du virus.

Le problème est qu’une minorité seulement des gens le porte. Selon des observations du 24 heures, moins du tiers à peine des Montréalais le font. Or, de plus en plus de villes l’imposent, mais pas ici.

Toronto l’imposera dans les transports. Ottawa l’a déjà fait. En éditorial, même le Globe and Mail appuyait hier l’imposition du masque.

On a rendu la ceinture de sécurité obligatoire parce qu’elle sauve des vies. Nos gouvernants ne se sont pas contentés de la « recommander fortement ». Face à la COVID-19, le même principe de protection vaut pour le masque.

Silence radio

Pourquoi attendre béatement la seconde vague ? Pour « voir » si les urgences vont déborder 24/7 ? Pour compter les foyers d’éclosion ? Il est où, le devoir de tout faire pour mieux prévenir ?

Pour se justifier, les autorités disent ne pas vouloir défavoriser les gens incapables de s’acheter un masque. Qu’elles leur en distribuent ! Se retrouver sur respirateur ou dans un cercueil, c’est pas mal plus traumatisant que de se faire offrir un masque qu’on sera obligé de porter.

Dans la lutte contre la COVID-19, le Québec a déjà suffisamment cumulé les ratés. Nul besoin d’ajouter le refus d’imposer le masque alors qu’il pourrait contribuer dès maintenant à réduire la force de la deuxième vague.

D’autant plus que dans la grande région métropolitaine – l’épicentre du virus au Canada –, hormis entre autres pour Outremont, Mont-Royal ou Westmount, dans le reste de la ville, beaucoup plus densément peuplée, la « distanciation » est un mythe.

Même les commerces de quartier sont souvent petits. Que dire des bus et du métro – des incubateurs à contagion tant que le masque n’y sera pas imposé. Un gazouillis du Dr Alain Vadeboncœur, urgentologue, l’illustre brutalement :

« Une jeune femme de 24 ans monte dans le métro ce soir, masquée. En laisse passer une autre, dans la cinquantaine, en gardant sa distance. L’autre s’approche à 1 cm de la jeune femme et éternue bruyamment dans sa face, Madame, t’es chanceuse que j’étais pas là. La jeune femme, c’est ma fille. »

Aucune raison

Si l’« éternueuse », peut-être contagieuse, avait été obligée de porter le masque, personne n’aurait risqué d’être infecté par elle. Parler, souffler, tousser ou éternuer sont tous des vecteurs potentiels d’infection du virus.

Un autre élément possible de la chaîne de contagion de la COVID-19 milite en faveur du masque obligatoire. En plus du nez et de la bouche, les yeux pourraient aussi parfois servir de porte d’entrée d’infection.

D’où les visières portées, en plus du masque, par le personnel médical et de nombreux employés de commerce.

Exemple : vous portez le masque dans un lieu public fermé. Une personne contagieuse – qui le sait ou ne le sait pas – s’approche de vous. Elle ne porte pas le masque. Elle vous parle plus longtemps ou fort, tousse ou pire, éternue. Malgré votre masque, le virus pourrait vous infecter par les yeux. Si l’autre personne portait le masque, le risque serait grandement réduit.

Bref, l’ajout de l’imposition du masque aux consignes connues pourrait éviter une pléthore de situations risquées. Il n’existe AUCUNE raison valable de laisser les gens « libres » d’en décider. La COVID-19 étant sournoise et très contagieuse, c’est une question évidente de santé publique.

Ce faisant, on pourrait enfin retrouver un semblant de vie minimalement sécuritaire, pour les citoyens et l’économie.