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J. K. Rowling: le grand dérapage!

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Il faut qu’on se parle (encore) de J. K. Rowling, car ce qui se passe en ce moment est trop grave pour qu’on tourne la page et qu’on passe à un autre sujet.

Parce qu’elle a osé affirmer une évidence (« Les gens qui ont des règles sont des femmes »), l’auteure de Harry Potter se fait traiter de transphobe.

Mais si ce n’était que ça... Des employés de sa maison d’édition britannique refusent maintenant de travailler sur la publication de son prochain livre parce qu’ils désapprouvent ses propos !

La petite police de la pensée a encore frappé.

CHASSE AUX SORCIÈRES

Je vous ai déjà dit à quel point je trouve démesurée la réaction aux récents commentaires de Rowling. Qui aurait cru qu’un jour, on se ferait crucifier pour avoir affirmé que « les gens qui ont des menstruations » sont « des femmes » ?

Mais simplement pour avoir exprimé ce constat, Rowling se fait lapider. J’ai même lu des militants LGBTQ qui affirment que ses propos sont potentiellement mortels pour les personnes transgenres.

Lundi, des employés de Hachette Royaume-Uni ont affirmé qu’ils refusaient de travailler sur le prochain livre de Rowling. J’ai vraiment cru que leur employeur plierait l’échine et s’écrabouillerait pour ne pas passer pour « transphobe » à son tour. Mais non ! Hachette a publié un communiqué très clair : « La liberté d’expression est la pierre angulaire de l’édition. Nous ne forcerons jamais nos employés à travailler sur un livre dont le contenu les dérange pour des raisons personnelles. Mais nous faisons une distinction entre ça et refuser de travailler sur un livre parce qu’on est en désaccord avec les opinions de l’auteur en dehors de son travail d’écriture. Cela va à l’encontre de notre engagement pour la liberté d’expression. »

Les auteurs ne sont même plus jugés sur ce qu’ils écrivent dans leurs livres : leurs livres sont jugés sur ce que les auteurs gazouillent sur Twitter.

Tiens, tiens, je pense à ça, Hachette, c’est aussi la maison d’édition dont les employés new-yorkais ont refusé de publier les mémoires de Woody Allen...

C’est quoi, cette culture du silence, cette vague de muselage, cette incapacité à dialoguer ou débattre avec des gens qui ne sont pas d’accord avec toi ? On passe tout de suite au : « Ferme ta gueule, je te boycotte, je te fais perdre ta job, je te fais taire. » Comme l’écrivait un internaute : « C’est le totalitarisme de la pensée en action. »

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

COUPABLE !

Sans surprise, dans notre petit milieu québécois de la bien-pensance, on ne se demande même pas si les propos de J. K. Rowling sont à débattre ou pas : elle est qualifiée de transphobe, sans autre forme de procès.

Ce qui a d’ailleurs mené Radio-Canada à s’excuser cette semaine.

Dans un texte sur J. K. Rowling, on pouvait lire cette précision : « Ce texte a été modifié par souci d’exactitude. La version initiale parlait de propos transphobes alors qu’il aurait fallu préciser qu’ils ont été jugés transphobes par plusieurs membres de la communauté LGBTQ et des personnalités publiques. Nos excuses. »

Hé boy. Si Jagmeet Singh traite un député du Bloc québécois de raciste, est-ce que Radio-Canada va écrire que ce député est raciste ?