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Les centres d’escalade, prêts à ouvrir

Les propriétaires sont excités d’ouvrir leurs portes à nouveau après 3 mois de pause en raison de la COVID-19

Coronavirus - Covid-19
Photo Roxane Trudel Geneviève de la Plante, copropriétaire du centre d’escalade Allez Up, devant un des murs de grimpe de son complexe.

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Quand les centres d’escalade ouvriront, il sera presque aussi fréquent de s’assainir les mains que de se les poudrer avant de grimper sur les parois colorées, bien que l’accent sera davantage mis sur la distanciation sociale avant tout. 

« Attraper le virus par contact de surface, c’est vraiment moins probable que par les aérosols, donc on va vraiment implanter la distanciation, tout en rappelant aux gens de ne pas se toucher le visage et de se laver les mains fréquemment, indique Antoine Séguin, directeur général chez Allez Up. En escalade, ça fait déjà partie du sport d’appliquer la sécurité, les clients sont habitués. »

Mercredi dernier, le gouvernement du Québec a annoncé la réouverture de tous les gyms pour lundi prochain : une annonce qui a été accueillie avec beaucoup de fébrilité par la communauté des grimpeurs. 

« On est super excités pour la réouverture, on l’attendait depuis vraiment longtemps même si on savait qu’on serait parmi les derniers. On a hâte de retrouver tout le monde. L’escalade, c’est vraiment une grande communauté », a expliqué Geneviève de la Plante, copropriétaire du centre Allez Up, en souriant à pleines dents. 

Craie liquide 

En plus des mesures de base, du marquage au sol pour diriger les déplacements et de l’abondance de produits désinfectants à portée de main, certains centres prévoient aussi de recommander l’usage de la craie liquide, un produit constitué d’alcool et de craie, qui permet d’adhérer à la paroi tout en désinfectant légèrement.  

Le produit qui ressemble à une crème à mains très épaisse pourra remplacer en partie la poudre de magnésie que les grimpeurs traînent avec eux lorsqu’ils escaladent les voies, le long des murs de près de 15 mètres de haut. 

« Ça ne remplace pas un désinfectant, mais ça agit tout comme », explique Antoine Séguin. 

Chez Bloc Shop, un centre d’escalade de bloc – c’est-à-dire où les gens grimpent sans harnais sur des murs qui ne dépassent pas cinq mètres – il sera de la responsabilité du client d’apporter sa propre magnésie, puisque les bacs de craie gratuite seront retirés.

S’il n’est « pas réaliste » d’instaurer un lavage de mains entre chaque montée, puisque les essais se succèdent à un rythme beaucoup plus rapide sur les parcours de bloc, les grimpeurs seront encouragés à se désinfecter les mains très régulièrement, indique Cloé Legault, copropriétaire des centres Bloc Shop, à Montréal. 

Sécuriser sans dénaturer

Il sera aussi recommandé aux grimpeurs de se vêtir d’un couvre-visage, bien que ce ne sera pas une mesure obligatoire. Au centre Allez-Up, la manipulation de corde se fera avec le port de gants. 

« On essaie de ne pas trop dénaturer l’expérience. Je pense qu’on va y arriver. L’escalade va être aussi bonne, c’est juste qu’il y aura moins de monde, ce qui n’est pas une si mauvaise chose. Tout le monde doit s’adapter en ce moment », ajoute Geneviève de la Plante. 

 Puisque la contagion est moins probable à l’extérieur, le centre s’est équipé d’un mur supplémentaire extérieur de 50 pieds.

« On a créé un centre d’escalade extérieur, avec les silos et le mur de bloc habituel, ça nous fait beaucoup de surfaces. On va pouvoir ajouter à notre capacité », énumère M. Séguin. 

Cohésion 

Pour s’entendre sur les grandes lignes à appliquer, les différents centres d’escalade ont collaboré entre eux pour discuter de leurs enjeux similaires (achalandage, grandeur des locaux, genre d’escalade, etc.), de façon à cibler davantage les besoins de leur clientèle partagée. 

« On voulait s’assurer qu’il y ait une cohésion entre nos façons de faire, pour que les clients puissent passer d’un centre à l’autre sans confusion, de façon à offrir un système un peu normalisé, explique Cloé Legault. Ça va être bénéfique pour les clients. »

Grâce à leur système d’abonnement, plusieurs gyms d’escalade sont aussi munis d’un outil de traçage, pour contrôler les contacts entre les gens, si un cas de COVID-19 venait à se déclarer dans un centre. 

Malgré tout, beaucoup de centres d’escalade ont profité du confinement pour se refaire une beauté et poser de nouveaux parcours, au bonheur des grimpeurs. 

« Tout est propre, et ce sont de nouveaux problèmes de bloc sur les murs. On en a aussi profité pour faire deux nouvelles murales à l’intérieur, sur l’estrade et sur la mezzanine », conclut Sébastien Aubé, copropriétaire du Café Bloc.